«Arise : A Simple Story»: beau, mais frustrant

Piccolo Studio, développeur situé à Barcelone, en Catalogne, nous offre, à la base, un jeu de plateformes en trois dimensions.
Photo: Piccolo Studio Piccolo Studio, développeur situé à Barcelone, en Catalogne, nous offre, à la base, un jeu de plateformes en trois dimensions.

À peine démarré, Arise : A Simple Story nous présente une scène lugubre : c’est la nuit, un corps repose sur un bûcher cérémonial entouré de… Vikings ? Ces hommes portent la barbe, des fourrures et, comme couvre-chef, des têtes d’ours. L’un d’entre eux approche une torche du bûcher. On comprendra que le corps qui s’y consume est le nôtre.

Réveil au centre d’un paysage glacial. On s’avance vers une lueur. Et on se retrouve à rejouer les chapitres de notre vie. Au fil d’une série de tableaux, on fera la rencontre de notre âme sœur, on grandira avec elle, on s’en séparera, on la retrouvera. On s’arrêtera là pour ne pas « divulgâcher » la suite, mais on ne cachera pas qu’on y a versé quelques larmes.

Piccolo Studio, développeur situé à Barcelone, en Catalogne, nous offre, à la base, un jeu de plateformes en trois dimensions. Les jeux en 3D nous ont habitués depuis plusieurs années à nous laisser contrôler la caméra avec l’un des bâtons directionnels de notre manette. Dans Arise, cependant, la même interface nous sert à contrôler le temps : poussez le bâton vers la droite et l’environnement avance vers le futur, vers la gauche, et le temps recule.

Si cette manœuvre est prétexte à des casse-tête intéressants — dans un niveau, par exemple, on fait monter et descendre la marée pour avoir accès à des zones normalement inaccessibles —, elle se révèle aussi gênante lorsqu’on tente de faire sauter notre vieux Viking d’une plateforme à l’autre et que la perspective que nous offre la caméra autoguidée nous fait particulièrement défaut.

On aurait préféré avoir le plein contrôle de notre caméra, quitte à reléguer cette mécanique temporelle aux gâchettes de notre manette. C’est dommage, parce qu’on ne peut que ressentir une certaine dissonance ludonarrative lorsque la musique, les images et l’histoire d’un jeu nous mettent en état de grâce amoureux et qu’une caméra mal placée nous fait sauter dans le vide, entraînant notre mort dans cette drôle de vie après la mort.

Pour ce jeu magnifiquement illustré, avec une trame sonore interactive qui nous donne envie de valser, on ne peut que tracer le parallèle avec Journey, cette fois avec un arc narratif beaucoup plus développé. Si l’on accepte de passer outre ses défauts frustrants, on y découvrira une belle petite histoire qui est, ma foi, charmante.

 

Arise : A Simple Story

Développé par Piccolo Studio, édité par Techland Publishing. Offert pour PC Windows, Xbox One et PlayStation 4. Compter un peu plus de trois heures.