Le Québec en marche

Sur le mont Royal la semaine dernière à Montréal
Photo: Hélène Clément Sur le mont Royal la semaine dernière à Montréal

La marche est l’activité la plus simple et la plus naturelle qui soit. Presque tout le monde peut s’y adonner et elle ne nécessite aucun équipement sophistiqué. Médicament de l’esprit, carburant de la pensée, alliée de la santé, exercice écologique, credo pour se préparer à parcourir le monde… Toutes les raisons sont bonnes pour marcher. Vous faites déjà les 100 pas par jour ? Visez les 10 000 ou… Compostelle. Allez. Ultreïa !

Pourquoi 10 000 pas plutôt que 7500 ou 8000 ? En fait, ce chiffre n’a pas été choisi au hasard ; c’est une moyenne par jour établie au Japon au début des années 1960 par les concepteurs du podomètre manpo-kei, ou « compteur des 10 000 pas ».

Un nombre magique apparu dans une campagne publicitaire qui a connu un grand succès, alors que le pays se préparait à accueillir les Jeux olympiques d’été, en 1964.

Pour en arriver à cette moyenne, lit-on dans le journal en ligne Agence Science-Presse, les créateurs japonais se sont basés sur les théories du Dr Yoshiro Hatano, pour qui, en marchant 10 000 pas par jour (environ huit kilomètres), on brûlerait quelque 500 calories.

Aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé et l’American Heart Association conseillent ces 10 000 pas, nous apprend le média. Sur la base d’études qui en ont évalué la pertinence, les deux organismes soutiennent que cet objectif correspond aux normes de santé publique qui préconisent au moins 30 minutes d’activité modérée, cinq jours par semaine, pour améliorer notre état de santé et rester en forme.

Il existe des centaines de sites Web qui expliquent les pour et les contre des 10 000 pas, une méthode parmi tant d’autres pour amener les gens à être plus actifs. Que l’on adhère ou non à cette théorie d’origine japonaise, avec ou sans podomètre à la cheville, une chose demeure : marcher est un bon exercice, accessible à tous et qui peut se révéler un excellent entraînement pour qui veut maintenir la forme, voire l’améliorer.

Rando plein air, même en hiver !

Si certaines personnes trouvent une motivation dans le fait de consulter un podomètre pour atteindre leur objectif d’activité physique quotidienne, d’autres se contenteront de créer leur parcours en commençant par 15 minutes par jour, soit environ 1,3 kilomètre à quelque 5 km/h.

Mais si marcher seul n’est pas votre tasse de thé, l’organisme montréalais Randonnée plein air propose à l’année une marche, le dimanche, sur le mont Royal.

« C’est une façon de maintenir une bonne forme physique », explique Nicole Beauvais, fondatrice et présidente de l’organisme à but non lucratif. La marche de 12 kilomètres est accompagnée par deux guides. Le chef de file avance à une vitesse de 6 km/h, alors que le guide qui ferme la marche avance à une vitesse de 5 km/h. On a donc le choix de la vitesse.

Le départ se fait à 9 h 30 tous les dimanches, beau temps, mauvais temps, à partir du restaurant Tim Hortons au coin du boulevard Saint-Laurent et de l’avenue du Mont-Royal. Après une pause pour le temps des Fêtes, Rando plein air reprend ses activités le dimanche 6 janvier. Il faudra toutefois attendre en avril pour les marches citadines dans les quartiers de Montréal, ainsi que pour les grandes randonnées du samedi hors de la ville. L’organisme propose aussi des voyages de marche dans le monde.

Québec Compostelle

Nombreux sont ceux qui rêvent de prendre bourdon et pèlerine et de partir sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Pascal Auger a lui-même parcouru ce circuit. Conférencier, journaliste, blogueur et vlogueur, il a fondé Québec Compostelle, une initiative à vocation sociale qui offre un service indépendant et personnalisé de randonnée pédestre.

« J’ai été marqué par Compostelle, une grande randonnée d’une incroyable richesse humaine, culturelle et patrimoniale, explique-t-il. Mais au fil du chemin, j’ai remarqué que beaucoup de gens étaient mal préparés : sac à dos trop lourd, chaussures non adaptées… Je me suis dit qu’en utilisant les connaissances acquises au fil de cette marche et ma passion pour la communication, je pourrais aider à mieux se préparer ceux et celles qui rêvent de parcourir Compostelle. De là est né Québec Compostelle. »

Ce site instructif, sorte d’école de la rando 101, permet, par des conférences, des capsules informatives, des conseils, des entrevues, des week-ends d’initiation, de s’initier à différents thèmes qui touchent la marche, allant de la formation technique (vêtements et équipements) à l’initiation aux chemins de Compostelle et du Québec.

« Car la province a aussi ses chemins de randonnée du même type que Compostelle, précise Pascal Auger. Entre autres le fameux chemin du Québec, d’une longueur de 1200 kilomètres, de l’aéroport de Montréal au phare de Gaspé — une distance comparable à Compostelle, incluant la boucle de Finisterre et Muxia. » On trouve les cartes géographiques avec les étapes suggérées sur le site de Québec Compostelle (quebeccompostelle.com). Aucune inscription n’est requise.

Bien que l’on retrouve épiceries, bistros, restaurants et hôtels dans les villages traversés, le site ne propose aucun endroit où dormir ou se sustenter. À nous d’organiser cette partie selon la distance et l’étape choisies ce jour-là. Ultreïa !