Plein air insulaire

Le forfait touristique de 24 heures offert sur l’île du Pot-du-Phare contribue au financement de la protection de ses refuges aviaires puisque ces îles font partie de la réserve nationale de faune des Îles-de-l’Estuaire.
Photo: Geneviève LeSieur Le forfait touristique de 24 heures offert sur l’île du Pot-du-Phare contribue au financement de la protection de ses refuges aviaires puisque ces îles font partie de la réserve nationale de faune des Îles-de-l’Estuaire.

Certains amoureux du plein air sont plus misanthropes que d’autres quand vient le temps de programmer leurs vacances. Voici quatre îles pour trouver la quiétude en randonnée, à vélo ou en canot. Et en prolongeant l’expérience des nuits durant, en camping ou en chalet.

Île aux Grues

Qui n’a pas encore entendu parler de cette île si attachante, baignant au large de Montmagny ? On la connaît surtout pour la mi-carême qu’on célèbre encore à la mi-mars avec un indéniable sens de la fête. En été, on choisit de l’explorer pour ses forêts anciennes et ses couchers de soleil exceptionnels depuis son littoral. La réserve naturelle Jean-Paul-Riopelle (que ses insulaires nomment encore la Pointe-aux-Pins), située à l’extrémité ouest de l’île, propose trois sentiers pour la courte randonnée (2,5 km) au milieu d’érables centenaires.

Des éclaircies forestières offrent de superbes points de vue sur l’archipel et ses colonies d’oiseaux marins. On y vient pour la beauté de son milieu naturel, et aussi pour cette culture insulaire qui imprègne encore son village d’une centaine d’habitants. Les chemins de gravelle qui serpentent sur l’île sont parfaits pour une échappée à vélo, notamment le sentier du Haut-Marais (7 km) dont les battures constituent une aire d’alimentation pour les fameuses grues et autres hiboux des marais. On y séjourne en auberge ou en chalet ; le choix ne manque pas. Des emplacements de camping ou de prêt-à-camper (tipis, yourtes) sont également offerts dans divers secteurs de l’île. Et, tant qu’on y est, on va faire une excursion à la fromagerie locale pour une inoubliable expérience agrotouristique.

Tarifs : 20 $ la nuit en camping rustique, 30 $ avec services (1 800 463-5643) ; 127 $ la nuit en yourte ou tipi (418 248-9679). isle-aux-grues.com, chaudiereappalaches.com

Île du Pot-du-Phare

Seule île accessible sur l’archipel des îles du Pot-à-l’Eau-de-Vie, cette île est gérée, comme les deux autres (Gros-Pot et Petit-Pot) par la Société Duvetnor, un modèle de conservation de milieux naturels, basée à Rivière-du-Loup. Ici, le séjour est très contingenté, mais il faut le considérer comme un privilège. Le forfait touristique de 24 heures offert sur l’île contribue au financement de la protection de ses refuges aviaires puisque ces îles font partie de la réserve nationale de faune des Îles-de-l’Estuaire. Départ de Rivière-du-Loup pour une traversée vers l’île et son hébergement pour la nuit : le bâtiment historique du phare, construit en 1862 et aménagé en gîte confortable.

On part en rando guidée pour une interprétation du milieu naturel, mais aussi des histoires de contrebande et de naufrages qui soufflent encore sur ce lieu historique. Durant l’excursion en bateau autour de l’archipel, on observe les eiders à duvet, les petits pingouins et les cormorans qui abondent dans l’estuaire. Le duvet des eiders est prélevé et vendu sur le marché européen pour la fabrication des édredons. Une mise en valeur à la fois économique et écologique d’un territoire sous haute surveillance.

Tarif : de 190 $ à 225 $ selon la saison. 1 877 867-1660 ; duvetnor.com, bassaintlaurent.ca

Île aux Lièvres

Photo: Nicole Rath L’île aux Lièvres. En voilà une qui ne manque pas d’air, avec ses 45 km de sentiers qui contenteront tous les randonneurs, d’intermédiaires à experts.

Toujours dans le Bas-Saint-Laurent, en voilà une qui ne manque pas d’air, avec ses 45 km de sentiers qui contenteront tous les randonneurs, d’intermédiaires à experts. Son dénivelé promet de belles marches sportives (il faut parfois se servir de câbles pour grimper !). Une préférence pour l’air salé du littoral ? Une vingtaine de kilomètres de rives désertes permettent, à marée basse, d’observer le phoque sur la pointe est et le béluga sur la pointe ouest. Des plages sont également accessibles, pour qui ne craint pas l’eau froide ! Pour y passer la nuit, on a le choix, selon le niveau de confort recherché et le budget. On peut louer un des six chalets savamment dispersés sur le territoire, ainsi qu’un des six emplacements de camping rustique. Une auberge moderne de neuf chambres propose un forfait tout inclus de 24 heures comprenant un souper gastronomique. Nouveau cette année : un chalet tout confort sur deux étages avec une terrasse pour se sentir seul au monde (deux nuitées minimum).

Pour les purs et durs qui recherchent l’isolement parfait, un site de camping est installé à 12 km de marche qu’on effectue en trois heures de marche, sac sur le dos, avec son équipement et sa nourriture. C’est la Société Duvetnor qui gère également ce territoire protégé, surtout à cause de sa faune ailée (oiseaux forestiers, rapaces diurnes et nocturnes, chauves-souris), en partenariat avec le Servie canadien de la faune et Conservation de la nature Canada. En dehors des congés traditionnels, on est sûr de n’y croiser personne… ou presque.

1 877 867-1660 ; duvetnor.com, bassaintlaurent.ca

« Loue ton île ! »

Photo: Nathalie Schneider Dans le superbe et méconnu territoire du lac des Trente et Un Milles, dans la Vallée-de-la-Gatineau, l’intimité avec la nature fait partie de l’expérience.

Difficile de refuser l’invitation, surtout dans le superbe et méconnu territoire du lac des Trente et Un Milles, dans la Vallée-de-la-Gatineau. Ici l’intimité avec la nature fait partie de l’expérience : plantez votre tente sur une île, et vous y serez seul pour y passer la nuit, même si celle-ci possède plusieurs emplacements. Option prêt-à-camper : la yourte tout équipée sur l’île des Six-Milles possède sa mini-plage, son propre lac et assez de forêt pour randonner en hors-piste. Depuis la petite marina de la municipalité de Bouchette, on y accède en canot ou en kayak (location disponible). Le spectacle sons et lumières est compris dans le forfait : vue sur le lac et ses îlots, eau pure et chant du huard en fond sonore. On ne peut rêver de mieux. La preuve : ce territoire lacustre, composé de terres publiques et de propriétés privées (17 % du territoire) est sur le point de devenir un parc régional prometteur.

Ici, on pense le développement en fonction de l’expérience authentique et de l’environnement. « On veut encourager la pratique d’activités non motorisées dans un esprit vraiment plein air, explique François Larose, directeur général de la Corporation du parc régional du Lac des Trente et Un Milles et amoureux du territoire. Comble d’accessibilité : les tarifs sont très raisonnables et un restaurant (L’Huile d’olive) et une auberge (L’Apprenti) sont aussi présents au bord du lac. Un joyau à découvrir. Absolument.

Tarifs : camping : 20 $ la nuit ; yourte : 100 $ pour six personnes. Camping gratuit pour les résidents locaux. sage31-milles.ca, tourismeoutaouais.com