Le Festival Mural, l’art urbain mur à mur

Edgar Flores, alias Saner, décore les murs depuis plus de 20 ans.
Photo: Festival Mural Edgar Flores, alias Saner, décore les murs depuis plus de 20 ans.

Le festival montréalais Mural, qui rend hommage à l’art urbain d’ici et d’ailleurs, se tiendra du 7 au 17 juin à Montréal. Parmi les 19 invités, 3 sont Mexicains. Entretien avec quelques-uns des artistes qui font honneur à ce mouvement en pleine ébullition.

Il y a trois ans, alors qu’elle collaborait à un projet artistique au Musée mexicain du jouet antique (Museo del Juguete Antiguo Mexicano), Hilda Palafox, alias Poni, a commencé à peindre des murales. « Ils avaient invité des artistes à peindre les murs de manière à améliorer l’allure du quartier où se situe le musée, raconte-t-elle. Ils ont accepté que je puisse en peindre un. Puis, j’ai reçu de plus en plus d’invitations à participer à divers festivals d’art urbain à Mexico. »

Photo: Festival Mural «El tamano del tiempo», de Hilda Palafox, alias Poni

Ce sera la première fois qu’elle prendra part à un festival du genre à l’extérieur de son pays natal, dont l’histoire de l’art est particulièrement riche et une source d’inspiration incontestable pour l’artiste.

« Mon travail est largement influencé par ma culture, notamment quant à la palette de couleurs et aux formes. Je m’inspire aussi grandement des femmes et de la nature pour créer. »

En effet, son style bien à elle est facilement reconnaissable. Ses traits doux tout en rondeurs se démarquent joliment des oeuvres signées Poni. Pendant le Festival Mural, elle collaborera avec Cyrielle Tremblay, et leur oeuvre verra le jour au 3469, avenue du Parc.


 

Luis Enrique, alias Smithe, a toujours dessiné, même s’il n’avait pas forcément envie de devenir artiste. « On a commencé à me payer pour mes dessins sur des affichettes pour annoncer des expositions artistiques ou des prestations de groupes de musique, dit-il. Après, j’ai commencé à imprimer mes illustrations sur des vêtements. »

À l’époque, son atelier de confection se situait au même endroit qu’il partage aujourd’hui avec d’autres amis artistes.

Sa marque de vêtements, Tony Delfino, se vend tellement bien qu’il a dû déplacer son atelier il y a cinq ans pour répondre à la demande. Il possède même une boutique à quelques minutes de son studio, non loin du magnifique Palacio de Bellas Artes (Musée des beaux-arts).

Photo: Festival Mural «SanCosmic Wall», de Luis Enrique, alias Smithe

Puis, ses illustrations ont continué à prendre de l’expansion pour se retrouver sur des canevas de plus en plus grands. Son style unique est immanquable. On se croirait parfois devant une version hautement améliorée d’un livre de référence d’anatomie.

Mais ce sont surtout les dessins animés mexicains qui sont sa source principale de création. « J’essaie de m’inspirer de différents sujets, de différentes personnes. Ce n’est pas toujours 100 % mexicain, explique-t-il. Après, je ne sens pas de pression pour m’inspirer de mes origines, mais tu dois comprendre d’où tu viens. Même si tu voyages beaucoup, tu ne dois jamais oublier ça. » Smithe réalisera sa murale au 4383, rue Clark.


 

Edgar Flores, alias Saner, décore les murs depuis plus de 20 ans. Après une petite pause de deux ans, en 2002, pour suivre son envie de peindre à plus petite échelle, il a rapidement renoué avec les peintures d’immense format.

Mais cette fois-ci, il leur a accordé plus d’attention en misant sur les explorations graphiques plutôt que de s’en tenir à la typographie.

Depuis lors, il pratique son art avec d’autant plus de passion et d’intention. « Je m’inspire énormément de l’art mexicain d’autrefois. Cela me permet d’explorer l’imaginaire collectif du passé, dit-il.

Au fil du temps, certains souvenirs s’oublient ou se cachent au fond de notre mémoire. Bien souvent, ils nous permettent d’en apprendre plus sur nous-mêmes, d’ouvrir une porte vers un monde qui nous lie à plusieurs autres cultures. »

Et cela se perçoit dans ses créations. Il va sans dire, ses interprétations du masque, des têtes de mort, des emblèmes mexicains rappellent constamment ses origines.

« Je m’inspire aussi de la vie, des sociétés, de leurs qualités et leurs défauts, précise-t-il. Mais par-dessus tout, je m’inspire de l’espoir que chacun d’entre nous puisse avoir une meilleure qualité de vie dans tous les sens du terme. »

Ce sera aussi son premier passage à Montréal, une ville justement synonyme d’espoir à ses yeux. « Culturellement, je sais que Montréal se veut une destination parfaite pour toutes les formes de quêtes culturelles, confie-t-il. Ce sera donc immanquablement un séjour formidable. » Saner peindra sa murale au 4429, rue Drolet.