Visa pour l’aventure: trouvez l’agence qui convient à vos envies de voyage

En route vers le sommet du Kilimandjaro
Photo: Nathalie Schneider En route vers le sommet du Kilimandjaro

Vous rêvez de grimper jusqu’au camp de base de l’Everest, de parcourir la Mongolie à cheval ou de pagayer aux îles grecques ? Des agences spécialisées dans le tourisme d’aventure s’occupent de tout grâce à des forfaits incluant le service d’installations touristiques locales, les hébergements, les permis d’accès au territoire, le billet d’avion et même, parfois, l’encadrement d’un guide québécois.

Ça tombe bien : nous sommes entrés dans l’ère du slow travel, une tendance qui consiste à voir moins et voir mieux en voyage. Visiter un pays en marchant, pédalant ou pagayant dans son arrière-pays est donc tout indiqué pour ce touriste nouveau genre. D’ailleurs, une étude réalisée sur le site de Booking.com révèle que plus de 50 % des répondants disent vouloir inclure la randonnée pédestre dans leur itinéraire.

Dans les années 1970 déjà, on lorgnait l’Ouest — Rocheuses canadiennes et grands parcs américains — pour pratiquer nos activités favorites hors de nos frontières. Quelques agences spécialisées, rarissimes, osaient un ou deux voyages annuels pour amener une poignée de randonneurs québécois vers d’autres horizons. Aujourd’hui, une dizaine d’entreprises du genre se disputent un marché petit, certes, mais en progression constante.

Mais, surtout, cette industrie hyperspécialisée déborde désormais de propositions tous azimuts. Si certaines destinations sont toujours attrayantes — Pérou, Népal, Tanzanie, Thaïlande, Maroc —, on voit débouler sur le marché des offres étonnantes, voire franchement originales : kayak au Groenland, trekking en Éthiopie ou sur l’île de Baffin, alpinisme au Kirghizistan ou cyclotourisme léger (bikepacking) en Asie du Sud-Est. « Les voyages de plein air sont soumis à des modes, explique Richard Rémy, président fondateur de Karavaniers. L’ascension du Kilimandjaro est toujours aussi populaire, de même que le Pérou en général. Chez nous, le Groenland en kayak ou à pied est un succès qui se confirme année après année. »

Sans compter les fluctuations de la sécurité mondiale, qui jouent un rôle important dans le choix d’une destination : présentement, l’Europe ou le Japon a bien meilleure presse que les pays du Maghreb, par exemple, où la situation est jugée trop instable. Il arrive cependant que certaines destinations soient victimes de leur succès. En se popularisant, la prestation offerte perd un peu ce qui en faisait son charme : l’impression d’y être seul au monde.

Aussi, quand le pouvoir d’attraction d’une destination « explose » soudainement, les ressources disponibles locales ne peuvent répondre adéquatement aux besoins fulgurants : « Le boom touristique des dernières années en Islande a fait passer le nombre de guides de plein air de 10 à 200 dans certaines agences. La compétence de beaucoup d’entre eux ne pouvait être garantie. Résultat : elles ont dû gérer des plaintes », ajoute Richard Rémy.

Une agence, pour quoi faire ?

Un problème d’autant plus crucial qu’il concerne la sécurité même des voyageurs. Être déçu par l’encadrement professionnel d’un voyage organisé en autobus est regrettable certes. En haute montagne ou en rivière, le résultat peut être dramatique ; le guide de plein air a souvent la vie de ses clients entre les mains.

Faire affaire avec une agence plutôt qu’avec un producteur en tourisme d’aventure local, au Mexique ou en Patagonie, c’est « la garantie de pouvoir disposer d’un meilleur encadrement, renchérit François-Xavier Bleau, président de Terra Ultima.

En plein air, le guide, c’est la plus-value d’un voyage, c’est ce qui garantit les normes de sécurité, la qualité de leadership, d’interprétation du territoire, le bon équipement, etc. »

En 2014, en effet, l’Association des guides de montagne canadiens a commencé à accréditer des guides de montagne québécois aux normes mondiales (supra-élevées) de la randonnée pédestre.

« Seulement une poignée de candidats peuvent accéder annuellement à cette série de formations et d’examens extrêmement exigeante », dit-on chez Terra Ultima, dont tous les guides sont accrédités. Et si l’aventure ne tourne pas comme espéré, l’agence dispose d’une bonne assurance en responsabilité civile, une carte maîtresse pour les professionnels du voyage aventure.

Le prix à payer…

L’arrivée récente des gros joueurs français dans le petit monde du tourisme d’aventure — Terres d’Aventure et Allibert — a permis de mieux satisfaire la clientèle avec un nombre accru de départs confirmés (une centaine par semaine chez Allibert), le « nerf de la guerre » de l’industrie. « Elle a eu aussi pour effet de mettre fin à la guerre des prix que se livraient les agences québécoises entre elles », ajoute François-Xavier Bleau.

Reste que ces voyages ont un prix : plus de 8000 $ pour l’ascension du Kilimandjaro (17 jours) ou 6000 $ pour un mois de trekking au Népal, billet d’avion inclus. Un prix que toutes les bourses ne peuvent pas nécessairement s’offrir et qui explique la raison pour laquelle certains voyageurs négocient le tarif à la baisse avec les producteurs locaux. « Mais attention, prévient Richard Rémy, il y a une dimension éthique à magasiner à outrance le prix d’un voyage. Il faut payer le vrai prix que coûte l’embauche d’un guide local, d’un porteur, d’un cuisinier et du billet d’avion ! » Le président fondateur de Karavaniers affirme payer mieux les entreprises locales que certains clients qui achètent leur voyage sur place !

… et à reverser

La grande tendance de l’heure, c’est le voyage en groupe privé, le voyage scolaire et, surtout, le voyage « pour une cause ». Une croissance fulgurante, si l’on en croit certains voyagistes. Quand le tourisme caritatif est apparu avec des expéditions en montagne, on pensait à une mode passagère. Une dizaine d’années plus tard, il est toujours populaire et joue un rôle actif dans le financement de fondations pour des banques alimentaires ou pour la recherche médicale.

À mesure que ce type de voyage va se populariser sous la portée grandissante du Net, il faudra que les agences s’adaptent à des exigences de plus en plus pointues de la part des consommateurs : activités nouvelles, voies d’accès inusitées, prestations originales. Bref : il leur faudra rivaliser… d’originalité !

Pour bien choisir son agence

S’informer auprès des agences de la formation du guide accompagnateur (le cas échéant), de l’équipe locale, de la compétence des guides locaux, des protocoles de sécurité mis en place, des assurances de l’entreprise et de l’équipement utilisé (tentes, premiers soins, entre autres).

Vérifier que l’agence respecte les règles du tourisme durable et responsable, c’est-à-dire que les bénéfices générés reviennent en grande partie aux communautés d’accueil et que les principes du Sans trace sont exécutés à la lettre.

Poser des questions sur la politique de « Compensation carbone » de l’agence, c’est-à-dire que l’agence reverse 1 % du prix du voyage à l’organisme mondial 1 % for the Planet (en guise de contribution à des associations de protection environnementale). Plus les consommateurs poseront la question, plus les agences seront encouragées à adopter cette mesure. onepercentfortheplanet.org