Au-delà du vêtement

Yves Saint Laurent était un couturier avant toute chose, mais dans sa conception du vêtement, l’accessoire était indispensable — une autre manière, pour lui, de casser les codes. La folie de l’accessoire s’attarde à cet univers complémentaire de la haute couture (escarpins, sacs, chapeaux, bijoux, gants…) tel que le conçut Yves Saint Laurent dès sa première collection, en 1962, jusqu’à son retrait de la mode en 2002. Croquis annotés, photos de studio ou de défilés, portraits sur le vif (où il apparaît cigarette aux lèvres en train d’ajuster ici une broche, là un voile) témoignent de son dévouement pour faire du corps vêtu une chose cohérente, souple, mais aussi théâtrale. Bien que d’une écriture ampoulée un brin agaçante, l’ouvrage documente et synthétise éloquemment l’accessoire comme élément certes matériel, mais aussi pourvu de sens — car derrière les coeurs, les croix, les oiseaux, les motifs africains prisés par Saint Laurent, il y avait ses origines algériennes et autre chose, comme une mystérieuse superstition.

Yves Saint Laurent. La folie de l’accessoire

★★★ 1/2

Patrick Mauriès, Phaidon, Paris, 2017, 432 pages

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