Nouvelle incursion dans l’univers poétique du cirque Ekasringa à Baie-Saint-Paul

Redonnant au cheval sa place primordiale, Ekasringa crée une synergie entre hommes et animaux.
Photo: Catherine Ferland Redonnant au cheval sa place primordiale, Ekasringa crée une synergie entre hommes et animaux.

En matière de spectacles, plusieurs auront éternellement sept ans et adorent se laisser émerveiller. Sous le chapiteau coloré, la petite arène circulaire tapissée de sable exerce un attrait irrépressible… Ils étaient donc ravis de pouvoir découvrir Planète, quel cirque !, le nouvel opus du cirque équestre Ekasringa.

Saviez-vous qu’à ses débuts, au XVIIIe siècle, le cirque moderne reposait en grande partie sur les chevaux et les performances équestres ?

Cette forme de divertissement est arrivée chez nous en 1798, révélant les prouesses des cavaliers et écuyères… puis les chevaux ont été progressivement remplacés par des animaux exotiques comme les lions et les éléphants.

Au XXe siècle, le « nouveau cirque » s’est finalement concentré sur les exploits physiques d’artistes humains.

Redonnant au cheval sa place primordiale, Ekasringa crée une synergie entre hommes et animaux, les numéros de saltimbanques et de « centaures » se répondant de manière harmonieuse. C’est en quelque sorte un retour aux sources mêmes du cirque.

Planète, quel cirque ! raconte une histoire. Articulés autour de la sensibilité écologique et du respect des animaux, ses différents tableaux dénoncent, avec humour et poésie, les dérives de la société de consommation.

Sans être moralisateur, l’art se met ici au service d’une cause importante.

En parfaite cohérence avec cette mission écoresponsable, presque tous les décors et costumes ont été créés à partir de matériaux recyclés.

Clowns, jongleurs et contorsionnistes (dont on souligne l’excellent jeu scénique) transforment les sacs de plastique en créatures fabuleuses.

Photo: Catherine Ferland Clowns, jongleurs et contorsionnistes (dont on souligne l’excellent jeu scénique) transforment les sacs de plastique en créatures fabuleuses.

Jusqu’au cracheur de feu qui, près de sa pile de pneus, n’est pas sans évoquer le grave incendie survenu en Montérégie en 1988…

La place des animaux dans le spectacle contribue aussi à renforcer ce beau message. Sous la houlette des artistes équestres, les chevaux galopent, se cabrent, font la révérence ou déambulent au pas espagnol : ces performances, attendues, sont applaudies avec enthousiasme par les quelque 280 « enfants de tous âges » massés sous le chapiteau.

La toute petite cavalière sur son poney crée évidemment un impact très fort. Les adroites performances du chien, des cochons et du chat (qui suscitent beaucoup de oh ! et de ah !) traduisent la grande complicité qui lie ces animaux à « leurs » humains.

Une heure trente d’émerveillement hors du temps.

Tradition de fête et d’hospitalité

Baie-Saint-Paul est reconnue pour son extraordinaire fourmillement artistique, mais aussi pour son accueil chaleureux. C’est donc dans le confort de l’auberge La courtepointe que nous avons pu nous poser en fin de soirée afin de rêver cirque, chapiteau, acrobates et chevaux la nuit durant.

Niché entre fleuve et falaise à Petite-Rivière-Saint-François, ce gîte (et ses délicieux déjeuners, servis dans la verrière avec vue sur la grève).

Planète, quel cirque ! Jusqu’au 6 août au boisé du quai de Baie-Saint-Paul.