Du surf dans la région de Montréal? Pourquoi pas?

Les jeudis et dimanches soir à l’Oasis Surf de Brossard, la vague est réservée aux plus avancés. Dans la déferlante qui atteint un peu plus de 1,2 mètre, les habitués travaillent «ollies», minitube et 360 degrés.
Photo: Hélène Clément Les jeudis et dimanches soir à l’Oasis Surf de Brossard, la vague est réservée aux plus avancés. Dans la déferlante qui atteint un peu plus de 1,2 mètre, les habitués travaillent «ollies», minitube et 360 degrés.

Bien des gens rêvent de surf, mais peu croient ce sport accessible. Encore moins si l’on vit à des lieues de la mer. Détrompons-nous ! Jeunes, vieux, débutants, experts, tout le monde peut s’y initier, se perfectionner ou simplement en vivre l’esprit. Même en plein coeur de Montréal, où il existe bel et bien une culture du surf. Aloha !

D’abord, un cours en piscine pour apprendre la position sur une planche et tester son équilibre sur une vague de deux pieds, accessible du bord sans avoir à ramer dans le courant. Puis, cap vers le fleuve pour une initiation en milieu naturel. Ici, on rame !

La piscine en premier, parce que c’est un environnement stable et sécurisé, que l’eau y est chaude et que les moniteurs sont très présents. Des conditions qui permettent d’apprendre en toute quiétude les fondamentaux du surf, dont la position des pieds et l’équilibre sur la planche. N’est-ce pas un préalable idéal avant d’affronter le fleuve et l’océan ?

Si cet ordre apparaît logique pour s’initier de façon conviviale au surf, pour Hugo Lavictoire, président-fondateur de KSF, école de kayak, de surf et de SUP sur le fleuve, à Montréal, on peut avoir son baptême en rivière aussi bien qu’en mer ou en piscine : « Il n’y a pas de parcours typique pour apprendre ou se perfectionner en surf ; les trois lieux sont complémentaires et permettent de se pratiquer et de garder la forme. »

Photo: Hélène Clément Cours d’initiation au surf sur le fleuve avec l’école KSF, dans la vague à Guy, face au parc des Rapides, arrondissement de LaSalle.

Et de la forme, il en faut pour surfer. C’est l’ingrédient de base pour progresser. Particulièrement sur le fleuve et sur la mer, où l’on doit affronter vents et courants.

« En piscine, on ne nage ni ne rame pour prendre ou sortir de la déferlante, précise-t-il. Tandis que surfer en mer et en rivière, c’est 90 % de nage. D’où l’avantage d’être un bon nageur et à l’aise dans les courants et les contre-courants. »

Surf et Turf

Lycra sur le dos, casque sur la tête, planche à la main, Katerine se prépare pour sa première tentative de surf en piscine intérieure. Nous sommes à Oasis Surf, dans le quartier Dix30, à Brossard. On y offre une expérience de surf basée sur la technologie surfstream : une planche avec aileron pour plus de manoeuvres, une vague dont la hauteur s’ajuste et un débit d’eau de 340 000 litres.

C’est bien différent du flowriding — une technique utilisée par Maeva Surf, à Laval, un mélange de surf, de planche à neige et de planche à roulettes qui se pratique sur une petite planche sans dérive, dans peu d’eau, sur le dessus d’une vague qui circule à 40 km/h.

La technologie surfstream se rapproche un peu plus du surf de mer ou de rivière que le flowriding, explique Claude Coudry, propriétaire d’Oasis Surf. « On surfe dans plus d’eau, plus lentement, sur une vague d’un peu plus d’un mètre de hauteur qu’on peut augmenter jusqu’à créer un petit rouleau, en fonction de l’expertise du surfeur. »

La session commence par un minicours théorique de 15 minutes, le temps d’expliquer la position de base sur la planche, le comportement de la vague et la façon de bien tomber pour éviter l’inévitable quand on débute et qu’on est tendu : les bleus.

« Il faut ne pas trop réfléchir », constate Katerine qui, après 30 minutes de rodéo sur la planche, a réussi à tenir une fraction de seconde sur la vague. Qui a dit que c’était facile ? « Mes trois conseils pour devenir un bon surfeur, dit Hugo Lavictoire : en faire, en faire et en faire. »

Un restobar avec vue sur la piscine, le Turf, permet d’observer les « surfeurs » tout en dégustant cocktails exotiques et petits plats santé — les surfeurs sont réputés pour bien s’alimenter, inspirés par la gastronomie des meilleures destinations de surf du monde.

Poh-Keh, calamars frits, bol d’acaï, quesadillas, edaname et fleur de sel, poutine de joue de boeuf, salade de papaye, tataki de thon, crevettes bang bang, poulet jerk… Ça sent les vacances à Hawaï, au Mexique, au Brésil ou en Jamaïque. Dépaysement assuré !

Les jeudis et dimanches soir, entre 19 h et 21 h, la vague est réservée aux plus avancés. Et le spectacle est garanti. Dans la déferlante qui atteint un peu plus de 1,2 mètre, les habitués travaillent « ollies », minitube et 360 degrés… Un balai sur l’eau.

Durant les grandes vacances, les enfants qui rêvent de surf pourront dès la semaine prochaine participer à des camps de jour d’une semaine où ils seront initiés à la fois au surf en piscine, à la planche à roulettes et aux bonnes habitudes alimentaires.

Sur le fleuve

« Sur le fleuve, l’expérience est différente », explique Katerine. C’est plus impressionnant et plus exigeant physiquement, car il faut ramer pour accéder à la vague, qui nous prend au passage, et nager pour se sortir du courant. J’ai très vite compris l’importance d’une bonne forme physique. Se lance qui veut, mais à ses risques et périls. »

Toute une panoplie de cours de surf sur le fleuve sont offerts par l’école KSF. On y apprend les bases du surf en rivière, la lecture du courant et tout ce qu’il faut pour devenir autonome dans les deux vagues les plus connues du fleuve : la vague à Guy, au niveau du parc des Rapides, dans l’arrondissement de LaSalle, et celle d’Habitat 67.

Quant aux plus avancés, ils se rassemblent, échangent et pratiquent ensemble dans l’un ou l’autre de ces fabuleux terrains de jeu. C’est ça, la clé du succès.

Peut-être n’aviez-vous aucune idée d’à quel point Montréal est peuplée de surfeurs, mais ça y est, vous avez la piqûre ? Rendez-vous au café September pour apprendre à modeler votre propre planche. Ce café de la rue Notre-Dame ne se contente pas d’offrir un excellent café et un délicieux bol de quinoa, il abrite aussi le studio de marque originaire de San Diego Shapers, qui propose des ateliers de fabrication de surf.