La fête des pères Noël

L’ensemble de figurines nommé N’ai-je rien oublié? a été créé en 2004 par les artistes américains Pat et Glen East.
Photo: Benoît Legault L’ensemble de figurines nommé N’ai-je rien oublié? a été créé en 2004 par les artistes américains Pat et Glen East.

Niché dans les arbres de l’île Sainte-Hélène, le musée Stewart, une institution privée issue de la fortune d’un cigarettier, est un étonnant lieu d’histoire sociale et militaire. Pour les petits et les grands, il ouvre ses portes gratuitement jusqu’au 8 janvier.

Le musée Stewart présente près d’un millier d’artefacts et de documents rares sur l’histoire de la Nouvelle-France et de Montréal. On y présente actuellement trois expostions: la riche collection permanente sur l’histoire de la métropole, une exposition temporaire innovante et, pour les Fêtes, une célébration de l’évolution artistique du père Noël.

L’institution est logée dans un dépôt fortifié de l’armée britannique, dont l’arsenal remonte aux années 1820 en réponse à la menace des Américains. Le musée met en valeur des objets d’une force narrative exceptionnelle, comme l’énorme modèle d’un navire de guerre français du XVIIIe siècle.

Des pères exceptionnels

Trente figurines faites à la main incarnent le bonhomme souriant à la barbe blanche. Ces pères Noël mythiques sont de confection québécoise, européeenne et américaine. La collection présentée a été montée par l’épouse du philanthrope David M. Stewart, qui a fondé le musée en 1955. « Les pères Noël fascinent les visiteurs de tout âge, tant par la qualité de leur fabrication que par leur apparence variée », explique Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction.

Photo: Benoît Legault L’ensemble de figurines nommé N’ai-je rien oublié? a été créé en 2004 par les artistes américains Pat et Glen East.

Les différentes figurines de pères Noël présentent l’évolution, en Europe et en Amérique du Nord, de la représentation artistique d’un des personnages folkloriques les plus célèbres. Parmi celles exposées, plusieurs ont été fabriquées à la main par des artisans américains de renom tels que Beth Cameron, Lynn West et Lynn Haney.

D’autres ont été faites par l’artisane québécoise Carole Landreville. Qu’il soit à bord d’un wagon de train, d’une voiturette de golf ou qu’il pratique le ski ou la raquette, chaque père Noël est unique, tant par les matériaux utilisés que par sa personnalité.

Le père Noël se fait toutefois voler un peu la vedette par un somptueux château de poupées allemand, dans lequel se tient un bal du XVIIIe siècle. Ce serait le seul du genre en Amérique du Nord — il donne l’impression d’avoir été télétransporté depuis la vieille Europe. Le château s’active et s’illumine pendant cinq minutes, et ce, toutes les demi-heures.

Cette quatrième édition des pères Noël au musée Stewart est accompagnée d’une exposition de photos et d’activités pour les enfants et les jeunes. Il y a notamment un atelier de décoration de sapins de Noël, un jeu de découvertes des matériaux servant à la confection des figurines du père Noël et des lectures de contes.

L’exposition sur les pères Noël comprend aussi des scènes d’hiver de Montréal au début du XXe siècle, des jeux du XIXe siècle, ainsi que des anecdotes sur les traditions des Fêtes. Enfin, plusieurs cadeaux sont proposés dans la boutique du musée, dont une variété de livres de Noël, des objets décoratifs, de la papeterie et des produits de toilette.

Un petit musée intimiste

Le Stewart est un petit musée. Impossible de rivaliser avec les budgets de promotion des plus grands. Pourtant, un petit musée aux belles collections procure une visite intimiste forte, personnelle — on se sent interpellé directement par les objets présentés dans un espace restreint.

Dans l’exposition permanente Histoires Mémoires, des cartes de l’époque des premiers explorateurs des Amériques présentent à la fois l’imprécision de ces cartes et la précision de leurs instruments de navigation.

Certains des plus précieux objets du musée ont été rassemblés et mis en scène par l’artiste visuel Jérome Fortin pour former Curiosités, une exposition interactive et ludique (jusqu’au 12 mars 2017). On y voit des gammes de serrures, de chapeaux et de globes terrestres, par exemple, qui montrent que ce que le monde a gagné en technologie, il semble l’avoir perdu en poésie esthétique.

Dans la collection permanente, les vêtements et les armes ne laissent personne indifférent. La pièce de résistance demeure la maquette interactive Montréal, ville fortifiée. Malgré sa taille énorme — elle occupe une pièce entière —, ce sont ses détails qui impressionnent le plus: chaque maison et bâtiment est reproduit dans ses menus détails. L’amour de l’histoire de ses fabricants émeut l’observateur curieux.

L’environnement

L’environnement du musée Stewart est intéressant en soi: le pont Jacques-Cartier au fil de vues imprenables, la balade d’un kilomètre, depuis la station de métro, dans un parc ondulant qui accorde des panoramas inoubliables du fleuve Saint-Laurent et du centre-ville. Puis la Biosphère, à la fois musée de l’Environnement et îcone architecturale de Montréal reconnue mondialement.

Le musée Stewart (☎ 514 861-6701) sera ouvert les 26 et 27 décembre et les 2 et 3 janvier (fermé le 25 décembre et le 1er janvier).