Montréal sous les tropiques

Dans le hall d’entrée de la grande serre, un coin a été aménagé en décor tropical.
Photo: Claude Lafond Espace pour la vie Dans le hall d’entrée de la grande serre, un coin a été aménagé en décor tropical.

À partir de samedi et jusqu’au 8 janvier, le Jardin botanique de Montréal présente Sous les palmiers et les bananiers, une exposition originale qui devrait apporter lumière et chaleur dans le coeur des visiteurs. Grande serre et serre alimentaire invitent petits et grands à un voyage sous les tropiques, à la découverte des plantes et des fruits tropicaux des Caraïbes, de l’Afrique, de l’Inde, de l’Indonésie… Place à Noël loin des frimas de l’hiver !

Si les poinsettias roses, blancs, rouges et orangés restent au rendez-vous de la grande serre en ce temps des Fêtes, ce ne sont ni les sapins baumiers, ni les flocons de neige qui en tiennent la vedette cette année. On a plutôt opté pour orner d’enluminures les troncs des palmiers et des pins de Norfolk et troquer les boules de Noël pour des cryptanthus. « C’est une autre façon de mettre en valeur nos plantes tropicales et d’offrir aux visiteurs une escapade dans le Sud, fait valoir Émilie Tanguay-Pelchat, conceptrice artistique à Espace pour la vie. On veut que les gens prennent une pause, quittent la neige et le tourbillon des Fêtes et viennent se détendre au chaud dans l’ambiance tropicale de la grande serre. »

Ce voyage sous les tropiques débute à l’angle de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX, où deux grands palmiers illuminés accueillent les visiteurs. Puis se poursuit dans le hall d’entrée où un coin a été aménagé pour qui veut se faire photographier dans un décor tropical : mer et ciel bleu en toile de fond, chaises Adirondack, panier avec lunettes de soleil et gougounes, palmes et tubas, feuilles de bananier, parasols et flamants roses en guise de décoration.

Sur le parcours, on retrouve 12 parasols dont le design rappelle de petites ombrelles à cocktail et 56 flamants roses peints à l’aquarelle. « Pour mettre en valeur les végétaux, nous voulions des icônes fortes qui rappellent les tropiques », explique la conceptrice.

Cherchez les singes

La guérite franchie, on pénètre dans la forêt tropicale. Sur la droite : deux singes en écorce de bouleau jaune et de pin gris d’Abitibi — un gorille et un chimpanzé avec son petit, observent les gens. Dans la grande serre, 20 capucins se partagent le territoire. Ouvrez grand les yeux ! « Ce sont 75 élèves de 5e et 6e année de l’école Saint-Sauveur de Val-d’Or, en Abitibi, sous la supervision de leur professeur, l’artiste Pierrette Lambert, qui ont créé avec du bois et des matières recyclées les singes végétaux de l’exposition », explique Émilie Tanguay-Pelchat.

Un collectif de jeunes qui ont mené de main de maître, en deux mois seulement, chaque étape du projet, du façonnage des formes avec sacs de plastique recyclés, barquettes, styromousse et autres matières non périssables, au collage des écorces de bouleau jaune et de pin.

Une dose d’exotisme

Lors de notre passage lundi, la grande serre avait des airs exotiques d’atelier du père Noël. Tandis que certains horticulteurs s’affairaient à bichonner les 250 poinsettias et les 2500 plantes tropicales et subtropicales, d’autres embellissaient les plates-bandes. Les serres du Jardin botanique regroupent environ 12 000 taxons différents, dont environ le quart est présenté dans les serres d’exposition.

Un monumental ananas, piqué de cryptanthus et surmonté d’une Alcantarea Imperialis géante — une espèce de broméliacée, occupe la place d’honneur au centre de la grande serre. Un bac de 100 pieds cubes de sable blanc, dédié aux enfants, voisine le gros fruit. Et à la miniplage de sable, la grotte aux poissons exotiques — peints par les élèves du service de garde de l’école Sainte-Odile — où pendillent une soixantaine d’espèces exotiques.

C’est autour d’une structure aux allures de bar tropical de bord de mer, décorée de tiges et d’épluchures de maïs séché, la plante graminée locale qui ressemble le plus au bambou, que se tiendra l’animation « Fruits du bout du monde » en compagnie d’un animateur scientifique. Une carte permet de situer les régions tropicales de la planète. Une fois comprise la méthode de mûrissement des bananes et des ananas, assimilée la pollinisation des palmiers dattiers et terminée la dégustation de fruits exotiques, on se dirige vers la serre des plantes tropicales alimentaires. Quatre-vingt espèces y poussent. Jacquiers, caramboliers, papayers, bananiers n’auront plus de secrets en fin de visite.

Et peut-être trouverez-vous ensuite la réponse à la question de l’animateur scientifique : « Quelles sont les conséquences de la consommation des fruits exotiques sur le développement durable ? » Plus précisément, le prix écologique et humain à payer pour que nous, Occidentaux, mangions des bananes et des ananas toute l’année. Le coût de l’exotisme, quoi.

1 commentaire
  • Claude Trudel - Abonné 16 décembre 2016 15 h 38

    Appréciation


    Bonjour Madame Clément,

    Je suis enchanté par votre article. Le contenu de votre exposé est attrayant, votre itinéraire de visite est suggestif et votre style d’écriture est dynamique. J’ai aimé aussi votre relevé de la contribution des élèves à cette exposition. J’ai bien hâte de partager votre enthousiasme dès cette fin de semaine !

    Merci et félicitations pour cette présentation admirable !