La foire aux créations

Une œuvre de Line Gagnon: verre fusionné et thermoformage
Photo: Line Gagnon Une œuvre de Line Gagnon: verre fusionné et thermoformage

Les costumes d’Halloween à peine rangés, les confiseries tout juste digérées, les Québécois se préparent déjà aux fêtes de fin d’année, soucieux de trouver les cadeaux les plus originaux pour leurs proches. Une occasion en or pour les artisans du Salon des métiers d’art de Boucherville, qui comptent bien leur faciliter la tâche en présentant leurs plus récentes créations.

Pour cette 34e édition, qui se déroule ce week-end, la municipalité accueille une nouvelle fois entre les murs du centre multifonctionnel Francine-Gadbois plus d’une cinquantaine d’artisans.

Bijoux, sculptures, cartes artistiques, vitraux, poteries, tricots, décorations en bois, fourrures : il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.

« Les gens souhaitent faire de beaux cadeaux tout en encourageant les artistes locaux, mais il ne veulent pas faire exploser leur budget. Alors, on conseille à nos artisans de proposer des oeuvres qui coûtent entre 25 et 30 $. Il faut rejoindre tous les publics », soutient la présidente de l’Association des métiers d’art de Boucherville, Renée Lavoie.

Chaque année, curieux et amateurs d’art se rendent sur la Rive-Sud pour trouver l’inspiration parmi les créations proposées par les artisans de Boucherville et d’ailleurs. « La majorité des exposants viennent de la région, mais il y en a aussi de la Gaspésie, de l’Abitibi, des Cantons-de-l’Est et de la Montérégie. Ça contribue à la richesse de notre salon », estime l’organisatrice.

Convivialité et qualité

Créatrice de bijoux et de plateaux de verre fleuris, Céline Lozeau expose son travail à ce salon pour une quinzième fois cette année.

Elle a d’ailleurs fait le tour des différentes foires de la Rive-Sud et de Montréal, tantôt comme exposante, tantôt comme consommatrice. Celui de Boucherville reste son préféré : sa petit taille lui confère une atmosphère conviviale.

« C’est chaleureux et on a le temps de passer voir tous les artisans. Au salon de Montréal, comme exposante, c’était trop exigeant pour moi de tenir toute seule un kiosque pendant plusieurs jours », confie-t-elle.

Bien que plus petit en proportion, le salon de Boucherville n’en perd pas en qualité. C’est même le défi que se donne la présidente : « Maintenir la qualité élevée des objets, accessoires et décorations proposés. »

Et cela passe inévitablement par une sélection des meilleurs artisans, précise Renée Lavoie.

Originalité et diversité

Chaque année, le comité de sélection reçoit plus d’une centaine de nouveaux dossiers d’artisans désireux d’obtenir un stand. « La demande est de plus en plus grande, à tel point que, cette année, on a dû ajouter cinq nouveaux kiosques à l’extérieur de la salle, dans une immenses verrière », explique-t-elle.

Afin d’assurer une certaine diversité parmi les exposants, et pour laisser à tout un chacun la chance de se faire connaître du grand public, le comité impose certaines règles aux participants.

Ceux-ci peuvent exposer pendant deux ans d’affilée, mais doivent se retirer pendant les deux années suivantes pour laisser la place à d’autres. Aux yeux de Renée Lavoie, cela permet de proposer toujours plus de nouveauté et d’originalité aux clients.

« On évite le déjà-vu. Par exemple, parmi les nouveaux dossiers, la moitié sont des bijoux, alors on doit sélectionner les meilleurs, confie-t-elle. Ç’a beau être des bijoux différents, s’il y en a trop, les gens ne vont même plus s’arrêter pour les regarder. »

Concurrencer Internet

Alors que les Québécois font de plus en plus leurs achats de Noël sur Internet, Céline Lozeau reste optimiste quant à l’avenir des expositions.

« Ça m’attriste de voir que les gens achètent beaucoup en ligne, mais le nombre de visiteurs au salon se maintient d’année en année. Ça prouve qu’il y a toujours une clientèle qui aime prévoir ses achats, qui veut acheter localement et n’hésite pas à se déplacer. »

Renée Lavoie partage cette opinion et ne voit pas Internet comme une menace.

Si la plupart des artisans ont leur site, ils continuent de se déplacer d’un salon à l’autre, notamment pour échanger directement avec les clients et expliquer leur démarche artistique.

« Quand on parle aux artisans et qu’on comprend tout le cheminement de la conception, c’est comme si la pièce qu’on achète avait une âme, et c’est autre chose que d’acheter devant son écran sur Internet », confirme Céline Lozeau.

Salon des métiers d’art de Boucherville

Au centre multifonctionnel Francine-Gadbois, 1075, rue Lionel-Daunais. Vendredi de 19h à 21h30, samedi de 10h à 18h et dimanche de 10h à 17h. Entrée gratuite.