Montréal, ville ludique

Le jeu Pandémie, dont on voit ici la variante Le remède, récompense la coopération entre joueurs. C’est l’un des plus populaires sur le marché.
Photo: Annie Noël Le jeu Pandémie, dont on voit ici la variante Le remède, récompense la coopération entre joueurs. C’est l’un des plus populaires sur le marché.
Point de ralliement des joueurs de tous horizons depuis quatre ans, le festival Montréal joue a l’ambition d’en asseoir plus de 3000 au Centre Pierre-Charbonneau ce week-end. À l’occasion du premier événement Jeux de société de Montréal, les organisateurs espèrent réunir un maximum de passionnés et d’amateurs de ce passe-temps en pleine renaissance.


« Cest un concept importé de France où beaucoup de grandes villes soutiennent des festivals dédiés aux jeux de table », explique Thierry Robert, coresponsable de Jeux de société de Montréal.

Un congé fort chargé

Si le festival Montréal joue est déjà bien entamé depuis le 20 février, les organisateurs ont mis le paquet pour la relâche scolaire qui débute aujourd’hui, pour plaire aux plus jeunes en congé pour une semaine.

Entre autres, le Musée McCord fait place aux jeux rétros, aux jeux vidéo et de société. Les néophytes sont invités à redécouvrir les passe-temps de leurs aïeuls pour constater que, oui, il fut un temps où il suffisait de faire traverser la rue à une grenouille virtuelle pour s’amuser.

À la Tohu, on fera bouger les enfants alors que des jeux d’habileté et de dextérité les y attendent.

Au Centre des sciences, on les fera plutôt cogiter puisque l’École de technologie supérieure présente des activités mêlant imagination et construction.

La Place des Arts s’habille aux couleurs d’Alice au pays des merveilles alors que jeux géants et minijeux sont à l’honneur. L’Université Concordia cède le plancher à l’expérimentation et aux plus récentes technologies utilisées dans le monde ludique.

Et son importateur, c’est Joël Gagnon, copropriétaire du Randolph Pub Ludique, repaire des adeptes de jeux depuis 2012 et partenaire de l’événement. « Tout ça est né d’une frustration de ma part puisque c’est une activité facile à faire, confie-t-il. Il suffit d’un lieu public et de quelques tables. Ce qui est difficile, c’est la recherche d’un endroit convenable parce que ça doit être grand et pas cher. Mais ça fait longtemps qu’on aurait dû organiser quelque chose comme ça ici. »

200 tables

De tels rendez-vous existent déjà au Québec, à Chertsey notamment, mais ils sont plus nichés. À Montréal, les organisateurs souhaitent attirer 1000 visiteurs par jour pendant trois jours, de tout âge, venus seuls, entre amis ou en famille et dispersés aux quelque 200 tables où seront à l’essai certains des meilleurs jeux modernes sur le marché.

Une trentaine de bénévoles ainsi que quelques employés du pub Randolph expliqueront les jeux aux participants.

Mais quel est l’intérêt d’un tel regroupement si les parties se font souvent entre deux à six joueurs ? « C’est un environnement hyperstimulant pour jouer, tranche M. Gagnon. Pourquoi les gens vont-ils à des festivals de films ? Pour rencontrer des passionnés, voir des exclusivités, faire des rencontres et profiter d’une ambiance particulière. Comme le jeu est foncièrement social, c’est d’autant plus pertinent, même essentiel pour la communauté. Quand on revient dans son salon, on s’ennuie de l’ambiance d’un tel rassemblement. »

Des jeux triés sur le volet

Que le joueur soit rassuré, la sélection a fait l’objet d’un souci particulier. « Exit Monopoly, Scrabble et Risk, bonjour les jeux modernes », assure Thierry Robert.

Qu’est-ce qui caractérise les bons jeux modernes ? « D’abord venus d’Europe il y a plusieurs années, ils se démarquent des classiques américains parce qu’ils sont plus courts. Beaucoup se jouent en une heure environ, ils sont plus intenses, font plus de place à la stratégie et moins à la chance. »

Moindres sont les risques que votre soirée soit gâchée par un seul mauvais lancer de dé qui vous ferait perdre votre bataille pour le contrôle de l’Asie, disons.

Parmi ceux que pourront essayer les visiteurs, Thierry Robert souligne Gaïa, jeu québécois qui rappelle les classiques Carcassonne et Les aventuriers du rail, mais aussi New York  1901, The Game, Takenoko et 7 Wonders. Seront aussi présentés les produits couronnés des Trois lys, les prix québécois récompensant les meilleurs jeux de société originaux, familiaux, écrits en français et distribués professionnellement. Certains auteurs seront d’ailleurs sur les lieux pour présenter leurs créations et d’autres téméraires exhiberont leurs prototypes en manque de testeurs.

On assure qu’entre 400 et 500 jeux de la collection du Randolph seront jouables. Les visiteurs sont aussi encouragés à apporter leurs propres jeux. montrealjoue.ca.

Jeux de société de Montréal, du 26 au 28 février. Entrée gratuite, nourriture et boissons vendues sur place. Consultez la page Facebook de l’événement pour plus de détails.

Le Devoir s’intéressera désormais à l’actualité dans le domaine des jeux de société. Surveillez vos prochaines éditions du vendredi et du samedi pour y retrouver des reportages sur le sujet et des critiques des dernières parutions.



À voir en vidéo