Le «mont calme» bis

Il suffit de passer une heure à Ski Montcalm pour comprendre que cette station est taillée sur mesure pour les jeunes débutants.
Photo: Gary Lawence Il suffit de passer une heure à Ski Montcalm pour comprendre que cette station est taillée sur mesure pour les jeunes débutants.
Notre journaliste a repris la route cet hiver avec sa tribu pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.
 

L’an dernier, j’ai découvert la station Ski Montcalm avec fiston — qui avait alors 10 ans mais qui skiait déjà comme un grand — et nous avions alors trouvé la journée un peu… barbante. Il en est résulté un compte rendu où je donnais l’heure juste, certes, mais qui ne fut pas sans déplaire à certains habitués de la place : le « mont calme », dixit fiston, c’est chouette pour les néophytes, mais bof dès qu’on cherche un peu de défi, avais-je écrit en substance.

Ma lecture des lieux a notamment agacé une amie dont la fille suit des leçons de ski dans cette microstation de Lanaudière. « Il me semble que tu as été un peu dur avec eux et qu’ils méritent mieux ; cet hiver, inscris donc ta fille à des cours avec la mienne, je m’occupe de les emmener sur place. »

Marché conclu. Pendant cinq semaines, tandis que fiston et moi arpentions d’autres pans du Québec skiable, elle a donc suivi ses leçons de ski au « mont calme ». Samedi dernier, non seulement a-t-elle terminé son cours avec succès, mais encore avait-elle peaufiné sa technique.

Mieux : elle avait acquis la confiance en elle et gagné en autonomie malgré ses sept ans ; désormais, elle monte toute seule dans le télésiège et dévale les pentes en solo. Même sa mère s’est surprise à la laisser aller seule de la sorte.

« C’est parce qu’ici, ta femme et ta fille se sentent toutes deux en confiance », de renchérir à juste titre mon amie. De fait, il suffit de passer une heure à Ski Montcalm pour comprendre que cette station est taillée sur mesure pour les jeunes débutants.

À la base des remontées, les préposés guident ainsi les jeunes skieurs et les aident à grimper dans le télésiège, au besoin, alors que dans la plupart des 24 pentes, souvent larges, rectilignes et à 90 % de niveau débutant (officieusement), les risques de collision sont minimes. Ainsi, même si un jeune benêt arrive en trombe en planche à neige, il a le temps d’apercevoir les petiots et de les contourner.

Du reste, si deux des trois versants convergent vers le joli chalet convivial, bien fenêtré et récemment rénové, les pistes du troisième versant aboutissent dans un cul-de-sac : pas le choix de regagner le sommet, où arrivent toutes les remontées.

À la base de celles-ci, il n’y a par ailleurs jamais d’attente, même à l’heure de pointe du début des leçons de ski, et même si elles sont lentes et qu’aucune n’est débrayable — sans doute est-ce pour aller avec le rythme alangui de la station. En outre, bien que certaines remontées ne semblent pas de la première jeunesse, on sent qu’elles sont fort bien entretenues.

« Depuis que je skie ici, je n’en ai jamais vu une tomber en panne, de m’assurer mon amie : la station appartient à la même famille depuis près de 50 ans et elle en prend bien soin. »

Ce n’est pas tout : les pistes sont également bien damées, voire manucurées durant la semaine, quand le nombre de skieurs est à son plus bas. Ainsi, malgré les draches du début de février, presque plus rien n’y paraissait, le week-end dernier, alors que le domaine skiable accusait presque partout un fond dur avec surface granuleuse.

Grâce à l’excellent système d’enneigement artificiel, la totalité du domaine de Ski Montcalm est même opérationnelle depuis plusieurs semaines — une rareté au Québec cet hiver. Résultat : pas d’interminables files ou d’embouteillages humains dans les pistes : ici, on skie lentement mais sûrement, et… paisiblement.

C’est d’ailleurs peut-être pour ça que samedi dernier, fifille en a redemandé à chaque descente, jusqu’à plus soif et jusqu’à la fermeture de la station : pas moyen de lui faire prendre une pause. Pourtant, pas plus tard qu’en décembre, alors que nous tâchions de nous faufiler à travers les embouteillages humains des stations à moitié ouvertes et surfréquentées des Laurentides, deux heures de glisse lui suffisaient avant qu’elle ne se lasse, même par temps doux.

Pour ma part, au terme d’une journée à dévaler les pentes en sa compagnie, je persiste et signe : Montcalm, on s’en lasse rapidement quand on n’est pas un novice de la glisse et qu’on a beaucoup de kilomètres skiés dans les gambettes. Mais pour apprendre à skier, et surtout apprendre à aimer skier, c’est totalement à la hauteur.

En vrac

Fiche technique. Trois versants, 150 mètres de dénivelé (un peu plus que Ski Saint-Bruno), 24 pistes (8 débutants, 10 intermédiaires, 6 « experts »), 5 remontées, 2 parcs à neige, 2 aires d’apprentissage, 1 école avec 80 moniteurs, 1 garderie. skimontcalm.com

S’y rendre. Ski Montcalm est situé à Rawdon (Lanaudière), à une heure de route de Montréal via l’autoroute 40, l’autoroute 25 (pont à péage) et la route 125.

Sans ski. Sur place, 6 pistes de glissades sur chambre à air sont aménagées depuisquelques années. Billet combiné avec la station de ski disponible. À Rawdon, le spa La Source bains nordiques propose des rabais sur présentation d’un billet de Ski Montcalm. À envisager aussi : équitation hivernale (sur réservation) au domaine Sam-Calm ; traîneau à chiens et ski jöring au Centre de formation et d’entraînement Kinadapt.

Autres renseignements : lanaudiere.ca, maneige.com