Mont-Comi, «la» station du Bas-du-Fleuve

Il n’y a pas que cette avalanche de flocons qui titille les skieurs au Mont-Comi : la montagne y est aussi pour beaucoup.
Photo: Station Mont-Comi Il n’y a pas que cette avalanche de flocons qui titille les skieurs au Mont-Comi : la montagne y est aussi pour beaucoup.
Notre journaliste a repris la route cet hiver avec sa tribu pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.​
 

Nous sommes en décembre de l’an 1 de l’ère Justin. Toute la Nouvelle-France skiable est occupée par du gazon jauni et des herbes folles séchées. Toute ? Non ! Une poignée de stations de ski résistent encore et toujours à l’envahisseur thermique, à commencer par le parc du Mont-Comi, à Saint-Donat-de-Rimouski.

« Dans le temps des Fêtes, les gens venaient de Sherbrooke et de Saint-Sauveur pour skier chez nous parce qu’ils savaient que l’enneigement était exceptionnel, raconte Denis Roussel, directeur et copropriétaire de la station. Récemment, nous avons même dépanné les gens du mont Castor, à Matane, qui ont tenu leurs compétitions chez nous faute de neige chez eux ! »

Relativement méconnu d’une majorité d’adeptes québécois de la glisse, le parc du Mont-Comi jouit cependant d’une solide notoriété chez les skieurs du Bas-du-Fleuve, du Nouveau-Brunswick et du Maine. Ces derniers prennent même d’assaut jusqu’au parc hôtelier de Rimouski lors des longs congés et des vacances. « Chaque année, on reçoit toujours au moins 10 pieds de neige grâce au microclimat qui prévaut ici : ça attire bien du monde », poursuit le directeur.

Le week-end dernier, n’en déplaise à El Niño et au Blob, cette charmante station du Bas-Saint-Laurent disposait déjà d’un honorable tapis de près de trois mètres de neige accumulée sur ses 30 pistes.

Mais il n’y a pas que cette avalanche de flocons qui titille les skieurs au Mont-Comi : la montagne y est aussi pour beaucoup. D’abord, depuis le plus haut sommet skiable du Bas-Saint-Laurent (575 mètres), les panoramas sont enlevants, qu’on tente d’apercevoir les Chic-Chocs au loin, que l’on compte la dizaine de clochers d’église autour ou qu’on lorgne le Saint-Laurent, là-bas vers le nord.

Ensuite, le tracé de plusieurs pistes mérite largement le coup de carre. Il en va ainsi des superbes sous-bois dessinés de main de maître par feu Réal Boulanger, fondateur de Sutton et maître-sculpteur de pistes. Dans les années 1970, le maire de Rimouski avait retenu ses services pour que la station du Mont-Comi, inaugurée en 1973, ne devienne pas un carrefour d’autoroutes skiables et de boulevards du givre rectilignes et insipides.

Juste assez inclinés pour laisser jouer la gravité, juste assez larges pour accueillir de belles bordées, ces sous-bois féeriques sont un tantinet resserrés afin d’éviter que le vent n’évacue les flocons à mesure qu’ils tombent. Les fervents du télémark, adeptes notoires de terrains gentiment accidentés, adorent venir y faire valser leurs spatules, quand ils ne s’enfoncent pas dans la Death Valley, un sous-bois officieux.

D’autres préfèrent, tous types de glisse confondus, se jeter du haut du Mur, une piste qui porte bien son nom avec ses 35 degrés d’inclinaison et qui est desservie par un tire-fesses débrayable — ça vous tient les cuisses au chaud par temps froid.

Malgré toutes ces caractéristiques alléchantes pour les skieurs chevronnés, le parc du Mont-Comi n’en demeure pas moins une station accessible et essentiellement familiale, avec près de 60 % de pistes de niveau débutant ou intermédiaire. Réparti sur trois versants, le domaine skiable de 306 mètres de dénivelé dispose aussi de deux parcs à neige, dont un avec demi-lune.

La station compte d’autant plus de familles et de débutants que, pendant tout l’hiver, ses quatre pistes-écoles et l’accès à l’arbalète qui les dessert sont gratuits pour tous, les week-ends et durant la semaine de relâche. « Chaque année, la file devant cette remontée est toujours plus longue : de nos jours, les gens sentent davantage le besoin de sortir et de bouger en famille, et les hivers sont de moins en moins rudes », note Denis Roussel.

Mais ce qui fait aussi qu’on revient skier dans cette irréductible station, c’est que l’ambiance y est enjouée, bon enfant et sans chichi, avec un soupçon d’esprit communautaire et familial qui plane en permanence. Bref, comme bien des petites stations régionales, le parc du Mont-Comi n’a même pas à résister encore et toujours à l’envahisseur du ski de masse : c’est dans sa nature même de ne pas s’y prêter. Et à moins que le ciel ne lui tombe sur la tête, il en sera toujours ainsi.

En vrac

S’y rendre. De l’autoroute 20, prendre la sortie 629 (Sainte-Luce) ; tourner à droite sur la rue Saint-Alphonse, puis continuer sur la route QC-298 Sud et suivre les indications pour le parc du Mont-Comi.

Fiche technique. 30 pistes (dont 6 sous-bois) réparties comme suit : 27 % faciles, 31 % intermédiaires, 27 % difficiles et 15 % extrêmes. Remontées : 4, dont 2 télésièges fixes, 1 téléski et une arbalète (T-bar). Deux parcs à neige, un chalet et une garderie (dès 18 mois) complètent le tout.

Sans skis. La station compte une dizaine de kilomètres de sentiers de ski de fond et 20 kilomètres de sentiers de raquette. S’il pleut, Rimouski est à une trentaine de kilomètres avec ses cinémas, deux patinoires intérieures et bien des restaurants.

Autres renseignements: bassaintlaurent.ca
1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Abonné 30 janvier 2016 12 h 40

    Félicitation à la famille Roussel,

    qui a repris en main le Parc du Mont-Comi il y a de cela environ 20 ans, qui semblait se diriger vers une fermeture, et qui ont permis à cette station de demeurer et reprendre vie. Notons que la famille Roussel fut impliquer dans ce centre depuis sa mise en place début des années '70, et qui, sans doute de par sa hauteur, lui permet aujourd'hui d'être dans les plus fonctionnelle dans la région, sa hauteur étant en lien direct avec la quantité de neige disponible. Le Mont-Comi demeure le premier endroit à "blanchir" à tout les automne. De plus, étant un endroit avec une forêt contenant beaucoup d'érables, ses couleurs à l'automne sont des plus belles à voir, et que l'on peux même admirer à partir des télésièges, la station ouvrant à quelques reprises à toute les automne pour aller admirer le tout de très haut...

    Longue vie à cette station !