Skier dans le domaine du loup

Le parc du Mont-Tremblant permet aux férus de sports d’hiver de mixer ski de fond et ski alpin.
Photo: Photos Mathieu Dupuis Le parc du Mont-Tremblant permet aux férus de sports d’hiver de mixer ski de fond et ski alpin.

C’est le territoire du loup. La célèbre bête en est d’ailleurs l’emblème. C’est aussi le plus vieux parc du Québec, et jusqu’à tout récemment, c’était aussi le plus grand.

Au coeur de janvier, le parc du Mont-Tremblant devient aussi le rendez-vous des skieurs de fond qui n’ont pas froid aux yeux et qui se lancent à l’assaut de sa centaine de kilomètres de pistes tracées.

J’ai souvenir d’avoir dévalé l’une des plus belles, la piste du Lac-Poisson, sur deux planches, à la suite de mon vaillant conjoint, qui tirait lui-même en traîneau notre presque nouveau-né, que j’allaitais dans les refuges.

« Il faut former la relève de plein air », dit Lucie Boulianne, responsable des communications de Parcs Québec.

Privilégier la famille

Cette année, la SEPAQ a décidé de prendre un virage famille en accordant la gratuité aux enfants pour ce qui concerne l’accès aux parcs nationaux, aux sentiers de ski de fond, aux activités et la location d’équipement.

J’aurai apporté ma contribution. Plus tôt cette année, l’ancien nouveau-né, qui a aujourd’hui 10 ans, avait désormais l’énergie suffisante pour ouvrir les pistes enneigées du camp Mercier, dans la réserve faunique des Laurentides. L’endroit est connu pour ses chutes de neige abondantes et précoces, et les mordus de ski de fond vont souvent s’y dérouiller les muscles en début de saison.

Pour ceux qui souhaitent mixer ski de fond et ski alpin, le parc du Mont-Tremblant a l’avantage d’abriter le site du centre de ski alpin du Mont-Tremblant.

Peu de gens savent que le parc du Mont-Tremblant a d’abord été créé par un médecin qui s’appelait Camille Laviolette, et qui rêvait d’y installer un sanatorium.

« À l’époque, la tuberculose était très répandue, explique Éric Loiseau, naturaliste au parc. Après un séjour en France, le Dr Laviolette a cru pouvoir aider les gens en créant un sanatorium en région montagneuse. » Le Dr Laviolette a d’abord demandé que soit protégé le secteur de la montagne, de 60 kilomètres carrés, pour y ériger ses installations.

Puis, même si le sanatorium n’a finalement jamais été construit, le secteur protégé a atteint 3000 kilomètres carrés, avant de revenir à sa dimension actuelle, de 1500 kilomètres carrés, soit trois fois la superficie de l’île de Montréal.

La réserve forestière du parc du Mont-Tremblant a été créée en 1895. L’espace a été ouvert au public autour de 1950, et des coupes forestières, dans cette érablière à bouleaux jaunes, s’y sont déroulées jusqu’à la création du parc, en 1981.

« C’est la forêt de feuillus la plus au nord du Québec », poursuit Éric Loiseau.

C’est aux Algonquiens que l’on devrait par ailleurs le nom du parc et de sa montagne.

Ceux-ci avaient en effet baptisé l’endroit Manitonga Soutana, en français « montagne des esprits ou du diable », écrivait à ce sujet le géologue Logan, en 1859. « Ils prétendent qu’il en sort des bruits sourds et comme des grondements, et que quelquefois, ceux qui se trouvent à la gravir la sentent osciller sous leurs pieds », poursuivait-il.

Est-ce à ce manitou que la rivière La Diable, qui traverse le secteur, doit son nom ?

Pour les pragmatiques, les manifestations relevées par les Amérindiens pourraient être liées à de légers tremblements de terre qui secouent la région occasionnellement.

Les loups quant à eux, se rient bien de ces esprits malfaisants, et n’ont pas attendu la création du parc pour occuper les lieux.

On croit en effet qu’il y aurait de huit à dix meutes de loups dans le parc, et des études viennent d’être entreprises pour les recenser et les documenter. Contrairement au coyote, qui s’est mieux adapté à la présence d’êtres humains, et qui peut vivre plus au sud, le loup demeure très sauvage et se tient loin des populations humaines. Chaque meute compterait de cinq à dix loups, poursuit Éric Loiseau.

En été, le parc offre d’ailleurs des sessions d’animation sur différentes espèces qui peuplent le parc, du loup à l’ours noir, en passant par la belette et le castor.

Et pour saisir l’esprit des lieux, rien de tel que l’hébergement en EXP, ces petits chalets bâtis pour accueillir des couples et entièrement fenestrés, qui donnent vraiment l’impression de dormir dans le bois avec tout le confort du chauffage électrique, de la cuisinette, et de la douche avec eau chaude.

L’endroit rêvé pour célébrer la Saint-Valentin.