Saint-Sauveur, la pionnière

Mont-Saint-Sauveur est fort courue pour ses promotions, comme celle du lundi soir à 19 $, par exemple.
Photo: Gary Lawrence Mont-Saint-Sauveur est fort courue pour ses promotions, comme celle du lundi soir à 19 $, par exemple.

Notre journaliste a repris la route cet hiver avec sa tribu pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.


En décembre dernier, tandis que le Québec skiable ressemblait à une immense pelouse bosselée et jaunie, le mont Saint-Sauveur était tramé de blanc. Fidèle à sa réputation d’être la première station à ouvrir lors de chaque nouvelle saison québécoise de ski, elle l’était effectivement depuis… le 19 octobre, grâce à son « système d’enneigement le plus perfectionné d’Amérique du Nord ».

Depuis mercredi dernier, la célébrissime station laurentienne est aussi opérationnelle à 100 %, ce qui n’est toujours pas le cas de plusieurs centres du Québec. On peut dès lors profiter de la totalité des lieux, de jour comme de nuit, dans ce qui forme le « plus vaste domaine de ski de soirée au monde ». Mais il est aussi loisible à quiconque d’initier ici ses jeunes padawans skieurs, comme le font 8000 aspirants chaque année, et comme l’ont fait Alexandre Bilodeau, Mikaël Kingsbury et autres Stéphane Rochon.

Ce n’est cependant pas parce que ces trois champions de ski acrobatique sont passés par cette station qu’elle ne s’adresse qu’aux pros, tant s’en faut. En fait, on trouve de tout à Saint-Sauveur : des experts — ou pas — qui aiment l’esbroufe et d’autres qui gardent le profil bas ; des ados qui planchent sur leur surf, et d’autres qui surfent sur la vague freestyle ; des papis griffés qui gravitent autour du joli brasero ou au rustico-chic resto T-BAR 70, et des mamies poudrées qui peaufinent leur bronzage en terrasse ; mais aussi des skieurs lambda, en couple, en groupe ou en famille.

Berceau du ski alpin

Sur les 2,6 km2 de superficie du domaine et les 142 acres skiables, 45 % des 38 pistes sont d’ailleurs accessibles à tout un chacun puisqu’elles sont de niveau facile ou intermédiaire. Le tout sur un dénivelé modeste de 213 mètres — soit la moitié de l’altitude du massif montagneux de 416 mètres : on le voit, Saint-Sauveur s’étire davantage en largeur qu’en hauteur.

Créée en 1934 dans ce qui forme le berceau de l’industrie du ski alpin au Québec, la station Mont-Saint-Sauveur a vu naître la première remontée mécanique d’Amérique du Nord la même année. Aujourd’hui, les huit remontées du domaine peuvent drainer plus de 15 000 skieurs à l’heure — ce qui ne suffit pas toujours à éviter la congestion au bas des pentes, surtout quand on s’agglutine au pied de la remontée Atomic Express, la plus fréquentée.

La Flèche d’Argent, en bas de la Dévaleuse, et la Côte 71, au bout de la longue et lente piste La Plagne (1,5 km) sont généralement moins bouchonnées, tout comme certaines remontées du mont Avila, la station soeur aujourd’hui annexée.

Dès qu’ils maîtrisent bien leurs planches, les ados et préados migrent d’ailleurs de ce côté du domaine pour prendre d’assaut le « plus grand et le plus célèbre parc à neige au Québec », le Rockstar MSS Snoprk et ses modules aussi palpitants qu’ingénieux (accès payant en sus). Sinon, ils aiment aussi tester la résistance de leurs rotules dans les champs de bosses, dont celui, imposant, de la Côte 70 Ouest, ou ceux qui donnent du relief aux quatre sous-bois de la station.

Des promotions alléchantes

Du reste, Mont-Saint-Sauveur est fort courue pour ses promotions (le lundi soir à 19 $, les samedis insomniaques, etc.) et événements thématiques, comme le Shakedown, une exaltante compétition de planche à neige qui se déroule en général début avril.

Enfin, pour prendre congé de la foule, une virée au Dragon (une tyrolienne double) et surtout au Viking (une chouette montagne russe alpine, sorte de bobsleigh sur 1,5 km de rails) s’avère aussi trépidante que bénéfique (accès payant en sus), avec ou sans bottes de ski, hiver comme été. Fiston adore et en redemande à chaque visite, tout simplement.

Reste à savoir si, en raison de notre hiver médiocre, Saint-Sauveur sera sauvée des eaux aussi longtemps que par le passé, cette année : affichera-t-elle encore une fois la plus longue saison de ski au Québec ? Pour le savoir, rendez-vous fin avril-début mai…

En vrac

S’y rendre. Autoroute 15, sortie 58. Tourner à gauche sur le pont, puis à droite sur le chemin Avila, et à gauche sur l’avenue Saint-Denis, après le mont Avila. On évite ainsi les fréquents bouchons au village de Saint-Sauveur tout proche. mssi.ca

Fiche technique. 38 pistes : 8 faciles, soit 21 % ; 9 intermédiaires, soit 24 % ; 16 difficiles, soit 42 % ; 5 très difficiles, soit 13 %. Huit remontées, dont un tapis roulant. Deux chalets avec restos et bars (celui d’Avila est immense et moins achalandé). Billets disponibles en blocs de quatre heures, notamment.

Sans skis. La station est située à quelques minutes à pied du village de Saint-Sauveur, truffé de restos, bars, boutiques, hôtels, auberges et spas. À essayer aussi, Glissades des Pays d’en Haut : glissade sur tube, rafting et bobsleigh des neiges, etc. ; ski de fond et vélo des neiges au parc linéaire Le P’tit train du Nord.

Autres renseignementslaurentides.com