Voir le monde à la verticale

Horizon Roc, rue Dickson, dans l’est de Montréal, propose de l’escalade pour tous. Les enfants sont les bienvenus à partir de huit ans.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Horizon Roc, rue Dickson, dans l’est de Montréal, propose de l’escalade pour tous. Les enfants sont les bienvenus à partir de huit ans.
Il y a de ces activités grisantes par leur petit côté hasardeux et dont on se prive car elles semblent ne s’adresser qu’aux pros. Comme l’escalade, par exemple. Pourtant, n’est-ce pas le but des murs intérieurs de grimpe de démocratiser ce sport ? Virée au centre Horizon Roc pour une initiation à l’escalade et un parcours aérien un chouïa vertigineux.​
 

On s’entend, ce n’est pas la Devil’Tower, la tour du Diable qui domine les méandres de la Belle Fourche River dans le Wyoming, ni les arches de Getu He en Chine, les Meteores en Grèce ou le lac Lucerne en Suisse.Ni, d’ailleurs, l’Everest et ses passages ardus sur des échelles métalliques au-dessus de crevasses, comme dans le film Tragédie à l’Everest. Juste d’y penser donne la chair de poule.

L’escalade se pratique ici autrement qu’à ciel ouvert. En milieu urbain, loin des falaises. On ne craint ni le froid, ni les tempêtes, ni le manque d’air ! Mais on joue le sport avec beaucoup de sérieux, sur des murs qui requièrent des efforts intenses. Et accessibles à tous, dès le berceau.

En franchissant la porte du centre d’escalade Horizon Roc, rue Dickson, dans l’est de Montréal, l’adrénaline s’active. Et le monde vient de passer à la verticale. Partout, des murs, des structures et des blocs constellés de prises de toutes les couleurs. Des murs qui atteignent une hauteur de 12 mètres, verticaux ou inclinés, délirants, à cordes et aux reliefs pour risque-tout : dalles, dièdres, dévers, toits, arches, rétablissements…

Des espaces blocs pour découvrir l’escalade sans corde ni baudrier. Ici, les toits, là, la tour, le surplomb, puis le mur mixte pour moulinette et premier de cordée. Plus de 300 voies qui couvrent les besoins de n’importe quel type de grimpeur, du débutant au matassin.

« Il n’est pas nécessaire d’être expert pour grimper, précise María Izquierdo, copropriétaire d’Horizon Roc. Quiconque peut monter sur un escabeau peut faire de l’escalade. »

À la fois un sport physique et intellectuel, l’escalade titille les neurones du cerveau. Mission première : décoder le mur pour atteindre le sommet de façon raisonnée. Et pas de presse !

On y vient pour apprendre à grimper, contempler le monde d’en haut, apprivoiser le vertige, s’entraîner pour des sorties éventuelles grandeur nature…

« Pour les enfants, c’est un sport exceptionnel, affirme María Izquierdo. D’abord, ils pratiquent une activité qui leur est prescrite de nos jours : celle de grimper. Puis, ils apprennent à observer et à solutionner un problème dans l’immédiat. Ils sont sensibilisés à la sécurité qu’ils appliquent ailleurs et éprouvent un grand sentiment d’accomplissement une fois au sommet. »

L’escalade se pratique avec ou sans encadrement, à la condition d’être détenteur d’une accréditation, soit de moulinette ou de premier de cordée, que l’on obtient à la suite d’un test technique. Pour être premier de cordée, il faut être détenteur d’une accréditation moulinette. Sinon, le centre offre différents cours allant de l’initiation au perfectionnement.

L’escalade de compétition est aussi au programme des activités d’Horizon Roc. Elle s’adresse à des jeunes qui aspirent à participer à des rencontres de niveau régional, provincial, national ou international. Des compétitions « difficulté », « bloc » et « vitesse » du circuit « Coupe Québec d’escalade junior » régi par la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade.

Ce sport en pleine maturité souhaite joindre les rangs du programme des Olympiques de 2020. « La décision sera annoncée cet été à Rio de Janeiro, au Brésil, précise María Izquierdo, également présidente de la toute nouvelle organisation Climbing Escalade Canada, l’organisme national de sport régissant l’escalade de compétition au pays, et secrétaire générale du conseil panaméricain de la Fédération internationale d’escalade sportive (IFSC).

« La fédération n’a que sept ans d’existence et en moins de quatre années, l’escalade est passée d’une reconnaissance de la IFSC par le Comité international olympique, à l’identification comme sport olympique. Il n’est donc pas encore au programme mais fait partie de la liste des huit sports finalistes, dont un sera officiellement inclus au programme de 2020. »

Acro Parc

 

Outre l’escalade encordée et le Bloc, les amateurs de sensations fortes peuvent parcourir le circuit Acro Parc.

L’épreuve consiste à traverser, en frôlant le plafond à 12 mètres dans les airs, huit ateliers allant du mur d’escalade au pont de singe, aux tonneaux et échelles, à la traverse sur billots brimbalants et câble tendu, tel un funambule. Et, pour finir, une tyrolienne de 25 mètres.

Aucune aptitude physique particulière ni connaissance technique n’est requise pour triompher de l’Acro Parc.

Mais, mieux vaut s’abstenir si l’on souffre du vertige, même si l’activité est minutieusement encadrée par un guide qui tient à l’oeil le participant à la jambe flageolante. Quant aux enfants, ils sont les bienvenus à la condition d’être âgés d’au moins huit ans.

Nous enfilons harnais et casque, puis un moniteur s’assure que nous maîtrisons le maniement du mousqueton qui servira à s’assurer doublement au moment de franchir la partie mur d’escalade aux grosses prises, sans difficulté mais impressionnante par sa hauteur.

Il ne reste qu’à cesser de batailler contre la peur d’avoir peur du vide. Et c’est parti ! À la différence d’une via ferrata, où il n’y a pas d’échappatoire, ici, on peut renoncer en cours de route.

Mais c’est fou comme on est fier une fois le mur franchi ou le fameux parcours Acro Parc terminé. On a l’impression que le monde nous appartient. Une bonne raison pour s’y mettre !



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