Vallée Bleue: la station novice

L’essentiel du domaine skiable de cette station de Val-David, dans les Laurentides, est de niveau débutant, les quelques pistes pour experts n’ayant d’expert que le nom.
Photo: Gary Lawence L’essentiel du domaine skiable de cette station de Val-David, dans les Laurentides, est de niveau débutant, les quelques pistes pour experts n’ayant d’expert que le nom.
Notre journaliste reprend la route cet hiver avec sa tribu pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.
 

Sont-ce les doux yeux arméniens de fiston qui ont déstabilisé la jeune préposée à la boutique de location ? Ou celle-ci rentrait-elle d’une nuit de libations en ce premier dimanche de janvier ?

Quoi qu’il en soit, l’étourdie a oublié d’ajuster l’une des fixations de fiston, qui s’est bien vite rendu compte de la maladresse et est retourné la voir, sans lui en tenir rigueur : rien là de plus normal que d’embaucher une débutante, dans une station qui l’est tout autant.

Car, n’en déplaise au slogan « Le ski de famille à son meilleur » qu’arbore la station Vallée Bleue, c’est d’abord et avant tout aux néophytes que s’adresse ce centre de ski taillé sur mesure pour eux. Dès que la famille grandit, elle risque cependant d’avoir envie d’aller voir ailleurs si elle y skie, car on a rapidement fait le tour de ce jardin de 19pistes surtout vertes et bleues, qui pèchent par manque de défis mais qui ravissent les plus petits.

Plein nord

De fait, l’essentiel du domaine skiable de cette station de Val-David, dans les Laurentides, est de niveau débutant, les quelques pistes pour experts n’ayant d’expert que le nom. Ajoutez à cela un dénivelé d’à peine 115 mètres et vous obtenez une multitude de descentes éclairs sur une majorité de pistes rectilignes : à plusieurs reprises, fiston et moi avons pu les dévaler et remonter au sommet en moins de cinq minutes via le télésiège triple. Même pas le temps d’entamer une discussion sur le sens de la vie entre deux coups de carres.

Cela dit, et c’est là le principal avantage de cette discrète station : il n’y a ici pas d’attente, ou si peu, même au plus fort de l’achalandage du retour du lunch et du début des cours de ski, à 13 h. Les deux télésièges sont par ailleurs aménagés dans de ravissants couloirs naturels abrités par des sapins et des conifères altiers, coupant toute bise qui menacerait de geler les menottes des jeunes skieurs frileux.

Mais il faut aussi souligner sa tarification très modique — y compris à la cafétéria — et sa grande flexibilité : on peut y skier et louer de l’équipement à l’heure et profiter d’un accès gratuit (pour une première visite) dans 14 autres stations du Québec, en se procurant à prix d’ami une passe de saison.

Vallée Bleue est également orientée plein nord, ce qui lui assure de bonnes accumulations de neige et une saison qui s’étire jusqu’au printemps, même s’il peut y faire plus frisquet que chez sa voisine côté sud, la station Belle Neige. Contrairement aux pistes de cette dernière, celles de Vallée Bleue sont plutôt étroites, ce qui leur évite d’être balayées de leur couvert neigeux par les vents, tout en leur conférant une intimité et un charme certains, a fortiori parce qu’elles sont bordées d’augustes conifères qui s’empanachent de neige dès que tombent des flocons frais.

C’est d’ailleurs la féerique joliesse des lieux qui a incité les fondateurs de Vallée Bleue, le promoteur immobilier Frank Juodkojis et l’entrepreneur John Lingat, à implanter cette station de ski en 1963. Aujourd’hui, une nouvelle génération de Lingat a repris le flambeau et maintient l’esprit et l’ambiance familiaux : qu’on sillonne les pistes ou qu’on prenne place dans le mignon chalet vintage, on a l’impression de côtoyer une grande communauté tissée serrée.

Parlant de tissus, mieux vaut cependant laisser à la maison son manteau blanc et son foulard en cachemire crème, à Vallée Bleue : il arrive qu’il pleuve de l’huile — et pas qu’un peu — sous les poulies trop lubrifiées des remontées mécaniques. Mais quoi de plus normal que d’embaucher des techniciens à l’entretien qui agissent en débutants, dans un centre qui s’adresse à des skieurs qui le sont tout autant ?

En vrac

S’y rendre. De Montréal (une heure de route) : sortie 76 de l’autoroute 15, puis route 117 jusqu’au chemin Vallée Bleue, 5 kilomètres plus loin, peu après Belle-Neige.

Fiche technique. Dénivelé : 115 mètres. Pistes : 19 (5vertes, 8bleues, 6 noires : 13 ouvertes au 3 janvier). Remontées : 3 (1tapis roulant, 1 télésiège triple et un autre quadruple, tous deux non débrayables). Un parc à neige. Un chalet à la base.

Sans skis. À faire si les conditions se gâtent ou que la météo est mauvaise : ski de fond sur le P’tit Train du Nord ; ski de fond, raquette et glissade au parc régional de Val-David/Val-Morin ; visite du Village du père Noël ; cinéma à Sainte-Adèle ; restaurants à Saint-Sauveur ou Sainte-Agathe-des-Monts, dans un proche rayon.

Autres renseignements : laurentides.com, maneige.com.