L’histoire passe à table

Le Boucan des Fêtes de la Nouvelle-France est un grand barbecue à l’ancienne qui lance les festivités.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le Boucan des Fêtes de la Nouvelle-France est un grand barbecue à l’ancienne qui lance les festivités.

Depuis près de 20 ans, les Fêtes de la Nouvelle-France permettent aux visiteurs de se plonger dans l’ambiance des XVIIe et XVIIIe siècles. L’écrin incomparable que procure le Vieux-Québec joue évidemment beaucoup dans l’expérience d’immersion historique. Cette année, l’organisation a voulu développer particulièrement le volet gastronomique en ajoutant plusieurs activités gourmandes à sa programmation. Le goût des Québécois pour la bonne chère remonte en effet à l’époque de la Nouvelle-France ! Tour d’horizon de la table de nos ancêtres.

Avec la fondation de Québec en 1608 débutait une formidable aventure. Fruit de la rencontre des cultures amérindienne et européenne, une nouvelle cuisine est née. Les nations présentes sur le territoire depuis quelque 6000 ans faisaient depuis longtemps leurs délices du poisson d’eau douce et d’eau salée, du petit et du grand gibier ainsi que des nombreuses ressources végétales.

Ce n’est pas d’hier qu’on se régale de maïs, de framboises et de bleuets dans la vallée du Saint-Laurent.

Pour leur part, les Français arrivaient avec un bagage culinaire qui, loin d’être homogène, était au contraire coloré de nombreuses influences : les cultures celte, grecque, romaine, germanique, franque et même viking — oui, la Normandie est le « pays des hommes du Nord » ! — ont laissé leur marque dans les diverses régions d’où proviennent nos ancêtres. Ce métissage gastronomique se reflétera donc dans les chaudrons de la colonie.

L’époque de la Nouvelle-France était celle de toutes les explorations : par l’entremise des navires qui sillonnaient le globe, des aliments d’un peu partout ont fait leur entrée dans le répertoire culinaire occidental. Qu’on pense aux agrumes, à l’ananas, au café, au thé, au chocolat, à tous les aromates comme la vanille…

La rencontre des produits, des terroirs et des savoir-faire a même permis « d’inventer » de nouvelles denrées. Mentionnons simplement le rhum ! Produit dans les Caraïbes à partir de la canne à sucre, une plante importée d’Océanie, et créé grâce à la distillation, une invention arabe perfectionnée en Europe, cet alcool est un pur produit de la « première mondialisation » du XVIIe siècle… Il s’agit donc d’une période véritablement fascinante du point de vue de l’alimentation.

S’inspirer de l’histoire

C’est cette exceptionnelle diversité gastronomique que les Fêtes de la Nouvelle-France ont voulu refléter à travers plusieurs propositions audacieuses rappelant de manière vivante des aliments et techniques culinaires du Régime français.

Dès mardi soir, le public présent à la Place de Paris a eu droit au Boucan qui faisait honneur aux plus anciens modes de cuisson connus, la grillade et le fumage à feu ouvert. De jeunes personnalités de la restauration de Québec, le chef Raphaël Vézina (Laurie Raphaël), Maxime Lavoie (BBQ Québec), le chef Martin Gagné (La Traite) et le mixologue Patrice Plante (L’Atelier) en ont assuré l’animation.

Un cocktail de shrub de fruits, de brandy et de neige a même été élaboré afin d’évoquer l’Ordre de Bon Temps, ce « club social » créé par Samuel de Champlain afin de divertir ses hommes lors du premier hivernement au Canada.

La Nouvelle-France était constituée de 90 % de gens du peuple mais comptait aussi son aristocratie (de vieille souche ou récemment anoblie).

Le Bal du gouverneur a évoqué cette classe aisée. Dentelles, jabots et panaches de plumes recréaient l’ambiance brillante de la « meilleure société » de la colonie.

Une nouveauté, en accord avec la thématique nautique adoptée par les Fêtes de la Nouvelle-France cette année : les « 5 à 7 des Bouchées de la mer », à bord de la goélette Grosse-Île, donneront l’occasion de goûter aux meilleurs produits du Saint-Laurent en quatre services évoquant quatre époques de notre histoire. L’activité est offerte deux soirs seulement, sur réservation, les vendredi et samedi à compter de 17h.

Jouxtant l’Auberge SAQ, le Marché des saveurs, cette aire alléchante où sont regroupés les kiosques des producteurs alimentaires, propose aux gourmands des croustillants d’agneau, du porc fumé-grillé, du bison, du sanglier, du boudin aux chanterelles, du poulet, du maïs, des fromages, du cidre, du vin, des jus… et même, petite entorse à la réalité historique, de la crème glacée.

Le prix des dégustations varie de 1,25 $ à 5 $. Le Marché est ouvert vendredi et samedi de 11 h à 23 h et dimanche de 11 h à 18 h.

D’autres événements épicuriens

Le Dîner en blanc de Québec. Lieu gardé secret jusqu’à la fin ! Le 13 août.

Le Festibière de Québec.
À l’Espace 400e, Vieux-Port. Du 13 au 16 août.

Bordeaux Fête le vin à Québec. À l’Espace 400e, Vieux-Port. Du 27 au 30 août.

Les Fêtes de la Nouvelle-France

Du 5 au 9 août à Québec