Le pistage d’animaux prend du poil de la bête

Des pattes d’animaux constituent du matériel présenté lors de la formation théorique avant l’excursion en forêt.
Photo: Violette Bertrand Des pattes d’animaux constituent du matériel présenté lors de la formation théorique avant l’excursion en forêt.

Ces empreintes de pas laissées dans la neige à côté du cours d’eau, est-ce la trace d’un vison ou d’une loutre ? Et qui a donné ce coup de dents sur l’écorce de cet arbre ? Bien des questions auxquelles on finit par avoir une meilleure idée de réponses lorsqu’on participe à l’activité Pisteur d’animaux d’un jour.

L’excursion, qui fait partie depuis quelques années de la programmation du Coeur de sciences de l’UQAM, amène les participants à découvrir la vallée Ruiter des monts Sutton, en région appalachienne.

Là-bas, la journée commence par une formation théorique (à l’intérieur) sur le pistage d’animaux, qui permet d’apprendre les caractéristiques et les signes à observer pour réussir à distinguer le passage de différentes bêtes en milieu naturel.

« Ça donne une bonne base pour le travail de terrain qui suit », confirme Violette, une étudiante qui a pris part à la sortie du 25 janvier dernier. Car l’après-midi, c’est en forêt que ça se passe, et c’est pendant une randonnée de trois heures en raquettes que les participants de différents horizons mettent en pratique les nouvelles connaissances acquises en matinée.

La fiducie foncière de la vallée Ruiter est l’endroit tout désigné pour forger ses talents de pisteur d’animaux. Regroupant la plus importante superficie de terres privées protégées au Québec, c’est la plus grande forêt sauvage au sud de la province, un territoire exempt de toute fragmentation et dégradation d’habitat, ce qui assure la protection des différentes espèces.

La réserve écologique se distingue ainsi par la diversité de sa faune, la présence d’un cougar y ayant été exceptionnellement détectée. Il se pourrait que l’animal n’ait été que de passage, la région formant un corridor écologique pour le déplacement des mammifères avec les aires protégées de la Réserve naturelle des Montagnes-Vertes et le Corridor appalachien.

Presque impossible, alors, de croiser ce fameux cougar ! Ce sont surtout les traces de lynx roux, de coyote, d’ours noir, de renard, de castor, de porc-épic, de raton laveur, de martre, de loutre, de pékan, d’hermine, de vison, de cerf de Virginie ou encore d’orignal, entre autres, que l’on peut pister. Ce travail d’observation, semblable à celui d’un détective, consiste à être sensible au territoire sur lequel on s’est documenté et à savoir reconnaître les signes d’alimentation, de repos et d’abri des animaux.

Protection des habitats

« Les gens sont émerveillés quand ils réalisent que tel ou tel animal est passé peu de temps avant eux dans la forêt », raconte Isabelle Grégoire, éducatrice en environnement et pisteuse pour le programme Faune sans frontières. Avec sa collègue Louise Gratton, biologiste et consultante en écologie et conservation, elle tente pendant la formation de « faire prendre conscience de l’importance de la protection des habitats sauvages et des besoins de la faune ».

« Je vois chez les gens la curiosité et l’envie de poursuivre. Chaque sortie en nature est différente, même pour moi qui fais cela depuis 14 ans. Il y a donc des personnes qui participent à l’activité plusieurs années de suite », ajoute Isabelle Grégoire.

La pisteuse constate qu’il y a un certain engouement pour ce genre d’activité, aussi pertinente pour les familles que pour les scientifiques et les aménagistes du territoire.

Justement, les sorties organisées par le Coeur des sciences de l’UQAM (incluant le transport de Montréal jusqu’à la vallée Ruiter) ont rapidement rallié de nombreux participants. L’activité du 15 février prochain affichait complet deux semaines avant la date… Il faudra donc se reprendre l’an prochain.