Étirer le plaisir sur deux roues

Disponibles au Québec depuis le tournant des années 2000, c’est surtout depuis la dernière saison froide que les fat bikes ont vu le nombre de leurs adeptes se multiplier.
Photo: iStock Disponibles au Québec depuis le tournant des années 2000, c’est surtout depuis la dernière saison froide que les fat bikes ont vu le nombre de leurs adeptes se multiplier.

Avec leurs roues disproportionnées, les fat bikes, ces fameux vélos d’hiver, sont d’abord un brin intimidants. Quelques coups de pédalier et une première balade dans les sentiers enneigés suffisent pourtant à apprivoiser cette bête métallique imposante.

Disponibles au Québec depuis le tournant des années 2000, c’est surtout depuis la dernière saison froide que les fat bikes ont vu le nombre de leurs adeptes se multiplier. L’accès à l’équipement s’est simplifié, les prix ont légèrement diminué et le réseau de pistes adaptées est en pleine expansion.

« Le seul prérequis, c’est de savoir pédaler », lance en riant Jérôme Alix, de la boutique L’Âme du sport. Mécanicien spécialisé pour les vélos, il a lui-même eu un coup de coeur pour ce mastodonte lorsqu’il est arrivé sur le marché québécois. « L’essayer, c’est l’adopter !Les gens sont souvent nerveux au début, mais l’avantage de ces roues, c’est une plus grande adhérence au sol. Ça fait en sorte que le cycliste n’a presque pas besoin de se soucier de la piste. »

Juste cette année, une dizaine d’événements réuniront les adeptes de ce sport aux quatre coins du Québec. À l’heure actuelle, une quinzaine de sites permettent à ces vélos d’arpenter leurs pistes dès la première neige. De Rigaud à Alma en passant par Coaticook et Oka, plusieurs centaines de kilomètres sont maintenant réservés aux cyclistes hivernaux (ou partagés avec eux).

C’est le cas, entre autres, de Ski de fond Mont-Tremblant, qui ouvre aux fat bikes, pour une première fois cette année, une quarantaine de kilomètres de pistes généralement destinées aux amateurs de ski de fond et de raquette. « Les participants devront partager la piste », explique le directeur du site, Daniel Charbonneau, en soulignant que ceux sur deux roues devront pratiquer un « cédez-le-passage ». À environ une heure et demie de route de Montréal, le centre offre également la location et des sorties guidées pour les néophytes qui veulent un peu d’encadrement avant de se lancer en solo sur la route.

Et en ville?

S’il est vrai qu’ils restent plutôt rares en ville, on croise tout de même de plus en plus de fat bikes dans les rues des grands centres urbains, tout comme les cyclistes qui pédalent 365 jours par année. Bon nombre d’entre eux préfèrent toutefois adapter leur monture estivale en optant pour des pneus d’hiver — avec ou sans clous — ou, tout simplement, se rabattre sur une vieille bécane.

Pour Jérôme Alix, dès la première chute du mercure, son fat bike recommence à rouler. « C’est un vélo qui pourrait être utilisé à l’année, mais c’est certain que, dans la boue ou dans la neige, c’est très particulier. » Et bien qu’ils soient un peu plus lourds que les vélos de montagne, ils permettent aux férus du vélo d’étirer le plaisir et de pratiquer leur sport à l’année.