Le meilleur de la mode, Marnie Fogg

S’ils n’établissent plus aujourd’hui les diktats d’une mode de toute façon trop impatiente et métissée pour durer, les grands couturiers du XXe siècle ont néanmoins imaginé (et imaginent encore) ce qui devient notre mémoire vestimentaire.

Inspirés par le laisser-aller ou l’austérité ambiants, penseurs acharnés du vêtement et de sa relation avec le corps dans son espace et son époque, des noms comme Chanel et Balenciaga ont sublimé leur esprit contestataire, farfelu ou minimaliste dans des créations iconiques ayant résisté à la moulinette du temps — ce qui n’est pas rien. En décortiquant 80 créations de couturiers célébrissimes ou moins connus,
Le meilleur de la mode remet dans leur contexte des coups d’éclat — ou de classicisme, c’est selon — en prenant soin de faire le pedigree de leurs idéateurs.

Le trench-coat de Burberry (1914), la robe sac de Givenchy (1957), le caftan de Pucci (1969) et d’autres font chacun l’objet d’une courte description, elle-même insérée dans une section thématique. Était-ce du luxe, de la subversion, de l’érotisme, de l’utilitaire ? Et quel accueil fut réservé à ces apparats dans la société d’alors ? Bien que le format du livre soit trop petit pour bien mettre en valeur son contenu et que l’analyse se limite parfois à une description laconique, il y a ici suffisamment de matière pour relire ledit XXe siècle avec un élégant éclectisme.

Le meilleur de la mode

Marnie Fogg, Hurtubise, Montréal, 2014, 224 pages



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