Un chouette Valinouët

Perché à 800 mètres d’altitude, dans un splendide cadre nimbé d’un microclimat, le Valinouët reçoit la bagatelle de six mètres de neige annuellement — neuf en 2008 ! —, contre trois mètres en moyenne ailleurs dans la blanche province.
Photo: Gary Lawrence Perché à 800 mètres d’altitude, dans un splendide cadre nimbé d’un microclimat, le Valinouët reçoit la bagatelle de six mètres de neige annuellement — neuf en 2008 ! —, contre trois mètres en moyenne ailleurs dans la blanche province.
Cet hiver, notre journaliste prend la route avec sa tribu (papa, maman, fiston de 10 ans et fillette de 6 ans) pour découvrir des stations de ski où il fait bon dévaler les pentes en famille. Voici le deuxième texte d’une série qui nous fera glisser jusqu’au printemps.​
 

– Alors, fiston, sens-tu la différence ?

– Ben… Euh…

– Sautille un peu, plante tes bâtons sur la piste, fais crisser la neige sous tes skis !

– Crisser ? Pourquoi t’es fâché, p’pa : il fait si beau !

– Je parle du bruit que tu crées quand tu glisses sur cette neige entièrement naturelle ; ne vois-tu pas la différence avec la crème glacée que nous servent trop souvent les canons à neige ?

Convenons-en : ce n’est pas parce qu’une station de ski fabrique ou non ses flocons qu’elle est plus ou moins familiale. Mais puisqu’un jour ou l’autre un skieur se doit de tâter tout type de tapis neigeux pour parfaire son éducation, la neige du Valinouët vaut déjà le coup de carres, rien que pour cette raison. Et il y a bien plus.

Perché à 800 mètres d’altitude, dans un splendide cadre nimbé d’un microclimat, le Valinouët reçoit la bagatelle de six mètres de neige annuellement —neuf mètres en 2008 !—, contre trois mètres en moyenne ailleurs dans la blanche province. « Chaque mois d’avril, la station ferme parce qu’elle manque de skieurs, pas parce qu’il n’y a plus de neige ; si on le voulait, on pourrait dévaler les pentes jusqu’en juin ! », explique Dany Tremblay, l’un des instructeurs de la station.

Doté de 30 pistes (dont une récemment aménagée pour souligner le 30e anniversaire de la station) réparties sur deux montagnes limitrophes, le Valinouët s’adosse aux fantasmagoriques monts Valins, réputés pour leurs fantômes et leurs momies, ces étranges cocons neigeux dans lesquels s’enferment les arbres rabougris l’hiver venu.

Mais sur les flancs de la station, ce sont de ravissantes et denses forêts qui encadrent les 350 mètres de denivelé. En tout, les pistes se déclinent en sept faciles, huit difficiles (lire : intermédiaires), quatre très difficiles et onze extrêmes — du moins suivant les standards québécois.

« La famille est notre axe principal et nous sommes considérés comme une station intermédiaire, moins difficile que le mont Édouard, explique pour sa part le relationniste Stéphane Leblond, en parlant de « l’autre » grand centre de ski du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

À la base de la montagne, le secteur pour néophytes forme une sorte de ministation à part, coupée du reste du centre et où il y a peu de risques de voir arriver en trombe un fou furieux de la glisse. Dès qu’ils se sentent plus à l’aise, les novices n’ont qu’à emprunter le quadruple télésiège voisin qui mène au sommet du versant principal en survolant le long parc à neige.

Certains des plus beaux secteurs du centre s’étendent entre les arbres, dans cinq sous-bois qui forment autant de régals visuels que skiables, avec un tel pactole de neige. Et si tous arborent deux diamants, la piste La Fontaine, avec ses encorbellements coiffant des à-pics pentus, est bien plus ardue que Le Ruisseau, plus accessible et ludique, avec ses jolis lacets bosselés qui s’insinuent dans les bois doucement inclinés.

Village alpin

Du reste, même lorsque le ciel est gonflé à bloc d’azur et que le mercure flirte avec zéro degré, on ne se bouscule généralement pas aux remontées mécaniques, et les files d’attente sont rares, ce qui minimise le risque de crises d’impatience des rejetons skieurs.

Au pied des pentes, le développement immobilier Village alpin porte bien son nom, avec ses petits airs de hameau, vu depuis les hauteurs du domaine skiable. L’accès à la patinoire y est gratuit et certains des 500 condos et chalets sont à louer pour séjourner en mode « ski aux pieds » (ski in/ski out).

Non loin du chalet des skieurs, un autre secteur adjacent dispose de trois glissades sur chambres à air (accès payant) avec un « fil neige » pour remonter, tandis que des sentiers de raquette (dont un qui redescend au chalet sur quatre kilomètres) s’entament depuis la sortie du télésiège, au sommet du versant principal.

Enfin, la station compte une garderie (pour les trois à sept ans) et propose des activités familiales (comme des compétitions amicales) le samedi. En revanche, le dimanche est le seul jour de la semaine où les enfants sont admis à l’Éternel Spa, voisin de la station. Une chouette façon de clore une virée en ski en initiant sa smala aux bienfaits des bains nordiques, bains de neige compris — naturelle, la neige.

En vrac

Hébergement et restauration Dans un proche rayon de la station, l’Auberge Carcajou mérite le détour rien que pour ses délicieux plats aux accents du terroir amérindien. 305, chemin Lévesque, Saint-David-de-Falardeau, 418 673-1991.

À faire dans les environs Ski et raquette dans la vallée des fantômes, au parc national des Monts-Valins. Bains nordiques et soins divers à l’Éternel Spa. Équitation hivernale au centre La Martingale, à Saint-Honoré (418 673-3956, 418 673-4410).

Autres renseignements Le Valinouët, 200, route du Valinouët, Saint-David-de-Falardeau, 418 673-6455, 1 866 260-8254.