Liberty, Marie-Thérèse Rieber

Feuilleter Liberty, c’est se promener dans le grand magasin londonien éponyme fondé en 1875 et devenu une enseigne anglaise établie. À l’époque fasciné par l’exotisme de l’Orient, Arthur Liberty souhaite en faire commerce — ce qui marchera si bien qu’il en fera son inspiration, déterminé à anticiper les tendances et à réformer le style. Anticonformiste, associé à ses heures à l’aesthetic movement, Liberty comptera autant sur le savoir-faire local que sur les importations, chacun répondant à un esthétisme raffiné visant à séduire l’élite, puis la classe moyenne. Dans le magasin Tudor construit en 1924, où chaque pièce recrée la culture orientale, le Tout-Londres viendra acheter tissus, vêtements, mobilier et joaillerie issus de collaborations choisies. Même les catalogues et les publicités feront appel à des artistes dont Liberty, puis ses successeurs, ont su s’entourer dès le début. Ce dialogue, commercial, il faut le dire, entre les arts a fait la signature Liberty, que ce volume coloré exprime avec une exubérance équivalente. Les pages reprennent les imprimés floraux, des pochettes en trois dimensions révèlent des sélections d’archives et des textes récrivent l’histoire du lieu — dans un cadre strictement anglais. Rien de mieux qu’un livre-expo pour rendre l’étendue d’une vision créative… servie par un redoutable marketing.

Liberty

Marie-Thérèse Rieber, éditions de La Martinière, Paris, 2014, 96 pages