Omnivore met la table pour un partage culinaire

Le festival Omnivore est l’occasion de voir des chefs en plein travail. Ici, Charles-Antoine Crête, qui est en transition au restaurant Majestique en attendant de se lancer dans son nouveau projet avec sa comparse, Cheryl Johnson.
Photo: © Stanislas Liban Le festival Omnivore est l’occasion de voir des chefs en plein travail. Ici, Charles-Antoine Crête, qui est en transition au restaurant Majestique en attendant de se lancer dans son nouveau projet avec sa comparse, Cheryl Johnson.

Le festival français de la jeune cuisine revient pour une troisième année à la Société des arts technologiques (SAT). Démonstrations culinaires, maudits soupers et soirée Omnivorious sont au programme.

Défricher, toujours défricher. Chercher ce qui se fait de mieux et autrement. L’équipe du festival Omnivore poursuit sa quête d’une cuisine qui sort de l’ordinaire et s’arrête de nouveau à Montréal jusqu’à lundi soir, pour un moment de partage culinaire avec les anciens et les nouveaux de cette famille qui ne cesse de grandir.

 

« Pour la troisième fois, on continue avec des gens du réseau Omnivore, explique au téléphone, depuis la France, le fondateur et directeur Luc Dubanchet. Mais on voulait aussi ouvrir le spectre et faire venir des gens qui ne sont pas forcément sous le radar mais qui ont cette énergie que l’on recherche. »

  

Les « maudits soupers »

 

Le public du festival retrouvera donc des têtes bien connues, dont Gita Seaton du Nouveau Palais, Marc Cohen de Lawrence, Patrice Demers de Patrice Pâtissier et Martin Juneau du Pastaga, qui se plieront à la formule habituelle de l’événement décliné en plusieurs volets, comprenant des démonstrations culinaires sous le dôme de la Satosphère de la SAT samedi et dimanche, la soirée Omnivorious, samedi soir, également à la SAT, et les maudits soupers dans différents établissements de la ville jusqu’à lundi soir.

 

Luc Dubanchet est venu en repérage au printemps dernier et a fait plusieurs bonnes découvertes. Parmi elles, Manitoba, dont le chef Christopher Parasiuk et la copropriétaire Élisabeth Cardin feront une démonstration, dimanche, sur le thème de la cueillette. Une fois encore, le directeur a pu constater le dynamisme, parfois difficile à suivre, de la scène culinaire locale.

  

Une sorte de stabilisateur

 

« À Montréal, on sent une excitation. Il y a un renouvellement permanent et les choses changent rapidement. Un restaurant peut ouvrir et fermer en un rien de temps. Dans cet environnement, Omnivore est une sorte de stabilisateur. On découvre des gens, on les suit et on croit en leur travail. Nous sommes là pour montrer leur travail et faire une sorte de suivi, même s’ils changent de resto ou de projet », explique-t-il.

 

Ainsi, le festival sera l’occasion de revoir à l’oeuvre des chefs « entre deux projets » comme Aaron Languille, anciennement chez Orange Rouge, ou encore l’ex-Toqué Charles-Antoine Crête.

 

« Je voulais parler d’un voyage de pêche, mais finalement, on va plutôt raconter nos expériences avec le personnel et montrer l’importance de la gestion humaine, car il y a une façon de s’entourer d’une bonne équipe », explique le chef, qui est en transition au restaurant Majestique en attendant de se lancer dans son nouveau projet avec sa comparse, Cheryl Johnson.

 

L’équipe de Majestique organise également un maudit souper avec le très attendu Québécois en exil à New York Hugue Dufour (Mr Wells). « Même si les gens ne peuvent pas venir au souper, ils doivent venir après parce que c’est chez nous que ça va se passer », assure Charles Antoine, qui annonce déjà une soirée épique de retrouvailles avec son ami de longue date.

 

Du côté des nouveautés, le festival fait maintenant place à quelques artisans. « On ne peut pas organiser un festival de cuisine sans mettre en avant les personnes qui fournissent les produits. C’est un cercle vertueux », explique Luc Dubanchet, qui a été séduit par la boulangerie Hoff Kelsten de Jeff Finkelstein.

 

Ce dernier fera une présentation sous un angle biographique. « On ne se rend pas toujours compte du travail qu’il y a pour arriver au résultat fini que représente un restaurant ou une boulangerie », dit le boulanger qui, après avoir oeuvré avec les plus grands chefs d’Europe, a lancé modestement sa « boulangerie » chez lui avec le four de sa mère.

 

Et comme chaque année, Omnivore amène quelques petits protégés venus d’ailleurs. Le public aura la chance de découvrir et de goûter, lors de maudits soupers, la cuisine des New-Yorkais Katy Peetz et Angelo Romano (Hollygrove), puis celles d’Ivan Shishkin de Moscou (Café Delicatessen), du Français Florent Ladeyn (Auberge du Vert Mont), de Giorgio Ravelli de Londres (Upstairs at the Ten Bells) et de Justin Cournoyer de Toronto (Actinolite).

Festival Omnivore

Du 22 au 25 août.
Pour les maudits soupers : omnivore.com. Pour les démonstrations culinaires, l’Omnivorious Party et le maudit souper au Foodlab : Société des arts technologiques.