Le Grand Tour 20 ans plus tard

Environ 6000 cyclistes participent au Grand Tour chaque année.
Photo: Didier Bertrand Environ 6000 cyclistes participent au Grand Tour chaque année.

Depuis 20 ans, sur fond de route et de ciel - parfois de mer aussi -, des milliers de cyclistes accumulent, au rythme de leur pédalier, les kilomètres qui forment le Grand Tour. Offert par l’organisme Vélo Québec, le célèbre événement cyclotouristique fêtera son vingtième départ cette année. Et si l’engouement n’a pas diminué avec le temps, au contraire, c’est plutôt la manière de faire du vélo au Québec qui s’est complètement métamorphosée. « Les premières années, des gens arrivaient avec des vélos de montagne, lance en riant la directrice générale de la section Événements et voyages de Vélo Québec, Joëlle Sévigny. C’était un peu comme si les gens avaient décidé de faire le Grand Tour la veille et qu’ils avaient acheté un vélo chez Canadian Tire pour l’occasion!» Vingt ans plus tard, avec la démocratisation de l’équipement cycliste, rares sont ceux qui oseraient affronter les kilomètres proposés par Vélo Québec sur le « bicycle » de leur enfance !

Présente dès les premiers balbutiements du projet, celle qui le roulera pour une cinquième année consécutive dans quelques semaines raconte qu’elle en a vu de toutes les couleurs depuis les deux dernières décennies. « Toutes nos premières fois ont été un peu rocambolesques. » Les premières nuits de camping n’ont pas été de tout repos puisque bon nombre de participants n’étaient alors pas adéquatement équipés. Et si au commencement la douche froide était de mise, aujourd’hui les installations offertes permettent aux vacanciers d’avoir accès à de l’eau chaude tous les jours. « Le Grand Tour est un peu comme un “Club Med”sur deux roues, dit Joëlle Sévigny en rigolant. Les participants n’ont qu’à pédaler ! »

 

L’emballement pour le Grand Tour n’a cependant rien d’exceptionnel. En 20 ans, c’est toute une culture du cyclisme qui s’est développée au Québec, et du béguin, on est passé à une véritable histoire d’amour. « 1994 est une année folle dans l’histoire du cyclisme québécois, explique Joëlle Sévigny. Cette année-là, ce sont près de 45 000 personnes qui étaient inscrites au Tour de l’île [de Montréal]. » Profitant de la vague de popularité, Vélo Québec lance la même année son premier Grand Tour. Unique en son genre, il propose alors un aller-retour entre Montréal et Québec qui attire un millier de personnes. « À l’époque, nous étions les seuls à proposer un voyage à vélo de longue haleine. Depuis, il y a eu une “forfaitisation” de l’offre vélo et il en existe à la grandeur du territoire. » Ce sont aujourd’hui près de 78 000 cyclistes - aguerris ou non - qui enfourchent leur vélo afin de découvrir les régions québécoises. Sur ce lot, 6000 participent au Grand Tour.

 

Ce dernier reprendra d’ailleurs la route le 3 août prochain. Et pour sa vingtième édition, l’équipe organisatrice a décidé de se faire plaisir en transposant le trajet de l’édition 2013 dans la région du Saguenay -Lac-Saint-Jean. « Pour nous, il était important de ramener l’événement au Québec puisqu’il s’agit d’un produit local », explique Joëlle Sévigny en rappelant que le Grand Tour a déjà eu lieu aux États-Unis et en Ontario. Ainsi, les 700 kilomètres du tour régulier offert cette année s’échelonneront aux abords du lac Saint-Jean, du fjord et du fleuve, pour une expérience « toute bleue ».