DAFA - Une formation de qualité pour des animateurs qualifiés

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Le diplôme d’aptitude aux fonctions d’animateur a permis jusqu’à ce jour de former quelque 12 000 jeunes animateurs sur les 20 000 que compte le Québec chaque année.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le diplôme d’aptitude aux fonctions d’animateur a permis jusqu’à ce jour de former quelque 12 000 jeunes animateurs sur les 20 000 que compte le Québec chaque année.

Ce texte fait partie du cahier spécial Loisirs - Formation

Le diplôme d’aptitude aux fonctions d’animateur (DAFA) permet maintenant d’offrir, à ceux qui veulent travailler en animation de loisirs auprès des jeunes de 5 à 17 ans, une formation standardisée, et ce, sur tout le territoire québécois. Un franc succès, comme en témoigne la popularité de cette formation.

«La rapidité avec laquelle les organismes de loisirs ont adopté, sur une base volontaire, le DAFA nous indique que cette formation répond à un réel besoin», souligne Michel Beauregard, président du Conseil québécois du loisir (CQL).


«Lancé en 2010, le DAFA a permis jusqu’à ce jour de former 12 000 jeunes animateurs sur les 20 000 que compte le Québec chaque année », explique Sonia Vaillancourt, directrice du développement au CQL.


Ce chiffre est d’autant plus impressionnant que le taux de rétention pour ce travail est plutôt bas. « La moitié des animateurs ne reviennent pas l’année suivante, poursuit-elle. Ce sont surtout des jeunes qui font ce travail et c’est souvent un travail d’été. Nous sommes donc en compétition avec tous les petits boulots d’été, dont ceux de l’alimentation rapide, qu’on propose à cette clientèle. »


L’idée d’une formation standardisée en animation a germé au milieu des années 2000. Elle s’est concrétisée à la suite des résultats d’une enquête menée par l’Observatoire québécois du loisir (OQL), qui a pignon sur rue à l’Université du Québec à Trois-Rivières. « Cette étude nous a d’abord révélé que la formation en animation variait grandement d’un organisme de loisir à un autre et que parfois, même, il y en avait peu ou pas du tout, raconte André Thibault, directeur de l’OQL et professeur émérite à l’UQTR. Ensuite, lorsqu’il y avait une formation, cette dernière n’avait pas évolué, contrairement à ce qui s’est produit dans les services de garde en milieu scolaire. Les formations existantes ne répondaient plus aux attentes des parents et ne tenaient pas compte des réalités modernes. Je pense notamment à la sécurité alimentaire, avec le nombre d’allergies chez les jeunes. »


Malgré que cette étude ait uniquement porté sur les camps de jour, elle a fait l’unanimité dans le milieu québécois du loisir. « Les grandes organisations nationales de loisir qui sont membres du CQL, précise Michel Beauregard, en étaient arrivées à des conclusions semblables. »


Il fut donc décidé d’accoucher d’une formation standardisée et sa mise en place fut confiée au CQL. « Nous avons travaillé en concertation avec nos membres, poursuit-il, et on a mis en commun nos connaissances. »

 

Un diplôme national


Ainsi est né le DAFA. Cette formation s’adresse à toute personne âgée de 16 ans ou plus et possédant un diplôme d’études secondaires. Dans certains cas, on peut déroger à cette seconde exigence. La formation comprend une partie théorique de 33 heures et une partie pratique de 35 heures, sous la forme d’un stage supervisé au sein d’une équipe d’animation. On y aborde le monde du loisir, les caractéristiques propres aux enfants et aux adolescents, les techniques d’animation ainsi que les sujets de l’heure, comme l’intégrité, l’éthique et la sécurité.


La formation est donnée de façon décentralisée dans tout le Québec ; ce sont les organismes de loisir ayant adhéré au DAFA qui sont responsables de donner la formation. « Le CQL a en premier formé des maîtres dans chaque organisation nationale, explique Sonia Vaillancourt. Ces derniers ont ensuite formé les formateurs qui donnent la formation du DAFA aux jeunes. Un jeune qui veut suivre cette formation n’a qu’à s’adresser à l’un des organismes de loisir de sa région qui offre le DAFA pour pouvoir s’inscrire. »


Le coût de la formation varie selon l’organisme, certains l’offrant même gratuitement. Quiconque veut se renseigner ou trouver un organisme qui offre le DAFA n’a qu’à consulter le site Internet (www.formation-animation.qc.ca) mis en place à cette fin par le CQL. « Ce site Internet a grandement contribué au déploiement du DAFA », se réjouit Mme Vaillancourt.


Les avantages


L’avantage premier du DAFA est évidemment de mieux outiller les jeunes animateurs pour faire face aux responsabilités et aux exigences de cet emploi. Les parents, ainsi que les jeunes qui participent à ces activités de loisir, y trouvent aussi leur compte. « Le DAFA est une assurance de la qualité de l’animation auprès des jeunes, souligne Mme Vaillancourt. Et comme la formation est standardisée, cela assure que la qualité de l’animation est la même, peu importe où vous habitez au Québec. »


Le DAFA est aussi un plus pour les employeurs. « L’employeur qui embauche un jeune possédant un DAFA sait qu’il est déjà formé. Il n’a donc plus à s’occuper de la formation de base, tout au plus doit-il le mettre au courant de certains aspects spécifiques à ses activités, s’il y en a, dit M. Beauregard. C’est donc moins ardu et moins coûteux pour l’employeur. »


Et le jeune animateur en profite aussi. « Le DAFA, poursuit M. Beauregard, est la reconnaissance de la valeur du travail d’animateur. C’est une reconnaissance importante pour un jeune. Et, comme il doit y consacrer 68 heures de son temps, c’est aussi un engagement face à lui-même. De plus, cela permet d’ouvrir l’horizon vers une carrière possible en animation et en loisir. »


La seconde étape dans le déploiement du DAFA vient de commencer. « L’Observatoire, annonce André Thibault, est en train de faire une évaluation du DAFA. Nous voulons étudier les résultats sur le terrain et nous assurer que le processus du DAFA ainsi que le contenu sont appropriés. Nous pourrons ainsi rajuster le tir ensuite, s’il le faut. »


 

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