Faut-il se taire dans une file?

Au Québec, le déconfinement a déjà débuté, avec la réouverture des commerces des différentes régions de la province. Ceux de la grande région de Montréal doivent suivre la semaine prochaine. Cela signifie qu’en plus des épiceries, des pharmacies et des succursales de la SAQ, les files devraient se multiplier devant les commerces, qui devront reprendre leurs activités en tenant compte d’une nouvelle réalité.

Dans ce contexte de reprise des activités commerciales, est-ce que les clients devront apprendre à se taire dans une file, afin de limiter les risques de propagation du virus de la COVID-19? Après tout, le coronavirus peut se propager par les gouttelettes projetées lorsqu’on parle. Or, un échange de paroles produit quelque 50 petites gouttelettes par seconde, qui sont susceptibles de voyager sur de grandes distances, et donc de transmettre l'infection par inhalation directe.

Malgré cela, garder le silence dans une file ne serait pas essentiel, même si cela peut être utile dans le contexte actuel. «À moins qu’on postillonne beaucoup, ça ne me semble pas utile. Mais toute mesure qui peut limiter la propagation du virus est la bienvenue. Donc, si on peut s’abstenir de parler, pourquoi pas?» répond Pierre Talbot, spécialiste des coronavirus et directeur du Laboratoire de neuro-immunovirologie de l’Institut Armand-Frappier.

Le risque de transmission n’est d’ailleurs pas nul, selon l’Institut national de la santé publique (INSPQ). «La COVID-19 se propage le plus souvent par des gouttelettes expulsées lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle. Ces gouttelettes sont projetées sur une distance maximale de deux mètres et retombent rapidement. Il y a donc un risque que le virus se propage dans une file lorsqu’une personne infectée parle», explique le centre d’expertise, par courriel.

«Toutefois, le risque diminue considérablement si cette personne respecte les consignes de santé publique, à savoir si elle porte un couvre-visage et si elle maintient une distance d’au moins deux mètres avec les autres», ajoute l’INSPQ, en précisant que ces consignes s’appliquent si la personne infectée est asymptomatique. «Toute personne présentant des symptômes compatibles avec ceux de la COVID-19 doit s’isoler chez elle.»

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