La quotidienne électorale: portrait-robot de l’électeur québécois

Alors que le jour du vote approche, qu’est-ce qui influence le choix des électeurs? Karl Rettino-Parazelli en discute avec Jean-François Daoust, un politologue spécialiste du comportement électoral.

Voici un aperçu des échanges en trois questions :

Est-ce qu’on sait si, à ce stade-ci, la majorité des Québécois a fait son choix ?

En temps normal, quelques jours avant le scrutin, une majorité de Québécois a fait son choix de vote. Ils savent déjà pour qui ils vont voter. Il y a en certains qui savaient déjà avant l’élection pour qui ils allaient voter. On pense notamment à ceux qui ont une identification partisane forte. Mais il y a également environ un 15 %, si on se fie aux données de l’Étude électorale canadienne, qui décide quelques jours avant l’élection et il y a même une petite proportion, environ 10 %, qui décide la journée même de l’élection.

Est-ce que les candidats locaux font une différence ?

Globalement, je dirais que les candidatures locales jouent peu. Elles jouent à la marge. Il y a deux types de candidatures locales qui peuvent avoir un impact assez important. Le premier type, ce serait une candidature vedette qui serait connue nationalement et qui attire la sympathie du public. [...] Le deuxième type de candidature [...], ce sont les personnes qui sont ancrées dans leur milieu, qui proviennent par exemple du communautaire, d’organismes qui mobilisent, un ancien maire par exemple.

Est-ce que la présence de quatre partis qui ont une chance réelle de l’emporter dans plusieurs circonscriptions diminue la proportion du vote stratégique ?

Oui, parce que la question se pose moins. Pourquoi je voterais stratégiquement si mon parti a une chance ? [...] Le fait que maintenant, chaque vote est associé à quelques dollars par année pour chaque parti politique, ça augmente les bénéfices de voter sincèrement. Auparavant, notre vote pouvait être perdu si on n’aidait pas un candidat à l’emporter, mais maintenant, en votant stratégiquement, je vote contre mon parti et je finance un parti adverse.