La quotidienne électorale: les médias jouent-ils leur rôle?

En campagne électorale, qui dicte les sujets du jour? Les partis politiques ou les médias? Et quel est l’impact de l’instantanéité ou des médias sociaux sur la couverture médiatique? Karl Rettino-Parazelli en discute avec Dominic Vallières, ancien conseiller du Parti québécois, et Véronique Chagnon, directrice adjointe de l'information au Devoir.

Voici un extrait des échanges en trois questions:

Beaucoup de gens nous demandent pourquoi on ne couvre pas davantage les petits partis, ou pourquoi on accorde telle place à un parti ou à un autre. Comment fait-on ces choix dans une salle de rédaction?

V.C. Pour les petits partis [...], comme on veut consacrer nos énergies à décortiquer les promesses et les enjeux, ce qui déjà est quelque chose en soit, c’est sûr que les principaux joueurs vont attirer plus d’attention médiatique. [...] Notre rôle est d’aider le citoyen à être éclairé et à lui donner les outils nécessaires pour faire son choix.

Quand un parti politique utilise les médias sociaux, le but ultime est-il de contourner les médias traditionnels?

D.V. Je ne pense pas qu’il y ait une personne qui soit assez forte en terme de personnalité médiatique pour contourner les médias traditionnels au Québec. Évidemment, les médias sociaux sont des médias dont les partis sont en quelque sorte propriétaires. Ce sont eux qui décident ce qui est diffusé. [...] Il n’y a donc pas de personnalité politique qui soit assez forte pour contourner les médias traditionnels, et si c’était le cas, au prix que ça coûte pour être dans les autobus de campagne, les médias traditionnels se diraient «ça ne vaut pas la peine, on n’y va pas». Et pourtant, les autobus sont encore pleins.

Comment les partis politiques s’y prennent-ils pour faire en sorte que leur message soit relayé par les médias?

D.V. Pour y arriver, il faut être dans l’air du temps. Dans la première semaine ou les dix premiers jours [de campagne], les partis politiques ont la possibilité de contrôler l’agenda politique, parce qu’on va être beaucoup plus sur les annonces de contenu et moins sur les sideshows qui vont venir agrémenter ou polluer la vie des chefs de parti. [...] Mais assez rapidement, il y a un virage qui s’opère: la nouvelle va être une gaffe ou une controverse impliquant un candidat ou une candidate. C’est à ce moment-là que le message échappe beaucoup aux partis politiques et se retrouve entre les mains des journalistes de la caravane.