La quotidienne électorale: retour sur la fin de semaine

L’immigration qui met Legault dans l’embarras, une rare visite péquiste à Ottawa et l’utilité du débat des chefs en anglais. Karl Rettino-Parazelli en discute avec nos chroniqueurs Michel David et Aurélie Lanctôt.

Voici un extrait des échanges en trois questions :

Que doit-on comprendre du fait que M. Legault a eu du mal à s’expliquer au sujet de l’immigration, un de ses sujets de prédilection ?

M.D. C’est évident que quelqu’un n’a pas fait son travail dans cette équipe-là, parce que lorsque c’est ton thème de campagne principal, celui où tu tapes, tu expliques à ton chef les tenants et aboutissants de l’affaire. Cela dit, M. Legault aurait pu prendre sur lui de s’informer. [...] Quand M. Legault a lancé [sa position] dans le paysage politique il y a deux ou trois ans, il était loin derrière le Parti québécois dans les sondages. Il cherchait désespérément une façon de se signaler. Il a lancé ça comme ça, sans trop se demander si ça avait de l’allure ou non. [...] M. Legault n’a pas fait ses devoirs, c’est aussi bête que ça.

Qu’est-ce que ça envoie comme message ?
A.L. Je pense que ça donne une impression d’amateurisme qui est assez inquiétante. S’il a trébuché sur une question qui est aussi centrale à son discours de la dernière semaine [...], on se rend compte qu’il y a vide de connaissances des enjeux et ça peut laisser entendre que, parfois, ce sera le cas pour d’autres enjeux également.

Concernant le débat en anglais présenté ce soir, croyez-vous qu’il s’agit d’un exercice nécessaire de nos jours ?
A.L. On a beaucoup entendu dans les derniers jours l’argument voulant que l’existence d’un débat en anglais soit un recul objectif pour le fait français. Je ne pense pas. Je pense qu’il y a là quelque chose d’intéressant, c’est-à-dire que les partis politiques assument le fait que le débat politique a un prolongement en anglais. Est-ce que c’est un exercice nécessaire? Je ne sais pas, mais je pense que ça peut être positif pour enrichir le débat.