La quotidienne électorale: retour sur une fin de semaine mouvementée

Christian Dubé de retour à la CAQ, le PQ qui tente de séduire les travailleurs, la campagne électorale qui prend de la vitesse: nos chroniqueurs Michel David et Aurélie Lanctôt font le point sur une fin de semaine mouvementée.

Voici un extrait des échanges en trois questions :

Qu’est-ce que la candidature de Christian Dubé va changer pour la Coalition avenir Québec et pour l’allure de la campagne électorale ?

M.D. Dans un premier temps, ça enlève une grosse épine dans le pied de [François] Legault. Le départ de Stéphane Le Bouyonnec avait laissé une très mauvaise impression. [...] M. Dubé, c’est une belle prise pour M. Legault. C’est quelqu’un qui n’est pas très connu du grand public, mais qui a une très bonne réputation dans le milieu économique et dans le milieu politique. [...] Je pense que ça va permettre à M. Legault de passer par-dessus l’épisode Le Bouyonnec et que ça renforce son équipe économique, indéniablement.

A.L. Je peux tout à fait croire que l’engagement de M. Dubé est sincère [...]. En même temps, de voir qu’il revient face à la perspective d’être ministre, parce que les vents sont favorables à la CAQ [...], je pense que c’est un peu difficile pour le citoyen de ne pas ressentir du cynisme par rapport à ça.

Au lendemain de la fête du Travail, peut-on dire que le Parti québécois (PQ), qui a longtemps été associé aux syndicats, est encore le parti des travailleurs ?

A.L. Ça m’énerve de présupposer que le PQ est nécessairement le parti des travailleurs et des syndicats. N’oublions pas que depuis l’adoption du Code du travail en 1964, il y a 42 lois spéciales qui ont été passées pour interrompre des conflits de travail. Des gouvernements péquistes comme libéraux en ont adopté. [...] Donc de croire que le PQ est le grand défenseur des travailleurs, je pense qu’il faut faire attention.

M.D. Il y a eu de grosses chicanes entre [Lucien] Bouchard et les centrales syndicales [...], [Bernard] Landry dirigeait surtout un gouvernement favorable à l’entreprise parce que le PQ voulait se donner une image plus économique et [Pauline] Marois, alors qu’elle était dans l’opposition, avait fait obstacle à un projet de loi de son propre parti qui voulait moderniser la loi « anti-scab ». Alors jusqu’à aujourd’hui, le bilan concret du Parti québécois au pouvoir est questionnable au chapitre du préjugé favorable aux travailleurs.

On disait en début de campagne électorale que les choses s’accéléreraient à partir de la fête du Travail. À quoi peut-on s’attendre maintenant que l’attention des électeurs est davantage au rendez-vous ?

M.D. Il reste une grosse inconnue qui va peut-être nous éclater en pleine figure cette semaine, soit l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). [...] Si jeudi ou vendredi, le gouvernement fédéral signe une entente qui sacrifie de manière trop importante la gestion de l’offre, ou que [Donald] Trump dit « c’est fini, je ne veux plus rien savoir du Canada », ça va avoir une influence dans un sens ou dans l’autre. Pour le reste, on eu droit aux figures imposées, c’est-à-dire que les engagements d’un peu tout le monde ont été présentés. Maintenant, les cadres financiers seront présentés, ce qui va nous mener aux débats. Et lors des débats, la performance de l’un et de l’autre peut enclencher une nouvelle dynamique.