(31 octobre 2012)

Rétablir la solidarité

La solidarité, le troisième pilier de notre gouvernement, représente une grande force pour la nation québécoise.

La prospérité et l’épanouissement des nations, comme des personnes, reposent avant tout sur le savoir et sur l’éducation. La solidarité appelle à offrir à chacun l’égalité des chances et donc l’accès à l’éducation. Le printemps dernier, la hausse brutale des droits de scolarité à l’université a provoqué une grave crise sociale. Au moment où il fallait entendre la génération qui dessinera notre avenir, on a creusé un fossé entre les jeunes et leurs aînés.

Dès notre élection, nous avons choisi la voie d’une sortie de crise dans le respect de nos engagements : l’annulation de la hausse prévue et l’abrogation des dispositions qui restreignaient indûment la liberté d’expression.

Aujourd’hui, il faut renouer le dialogue entre les générations. Il faut convenir ensemble, dans le respect de nos attentes et de nos contraintes, de l'avenir de nos institutions d'enseignement supérieur et de leur rôle essentiel dans le développement d'une société québécoise instruite et innovante.

Au cours des prochaines semaines, le gouvernement conviera les partenaires à cette réflexion qui culminera lors d’un sommet sur l’enseignement supérieur. Au terme de cette rencontre, nous aurons posé les jalons d'une véritable société du savoir pour tous.

Le réseau des CPE

L’éducation et la lutte contre le décrochage scolaire, cela commence dès la petite enfance. C’est la raison pour laquelle les services de garde québécois ont une vocation éducative. Ils permettent aux enfants de s’adapter plus facilement à l’école, à l’apprentissage et aux relations sociales. Ils permettent également d’intervenir très tôt auprès des enfants susceptibles de décrocher plus tard. Les services de garde ont également permis à des milliers de femmes de retourner sur le marché du travail.

Le réseau des CPE constitue un investissement très rentable pour la société québécoise. Il est inadmissible que des familles qui en ont besoin n’aient pas de place pour leur enfant.

Mon gouvernement annoncera donc très bientôt le déblocage de milliers de places qui commenceront à être disponibles dans les prochains mois.

Dès le début de l’an prochain, nous lancerons un appel de projets pour combler les places qui permettront enfin de compléter le réseau. De sorte que d’ici quatre ans, ce sera : un enfant, une place.

Au-delà du maquillage statistique orchestré par le précédent gouvernement, il faut convenir que nos efforts pour réduire le décrochage scolaire n’ont pas porté tous les fruits escomptés. Un des problèmes que nous avons, c’est que les familles des milieux défavorisés ne profitent pas suffisamment des services de garde et que les enfants arrivent à l’école en situation de rattrapage.

En plus de poursuivre ses efforts pour accueillir davantage de ces enfants dans les CPE, le gouvernement ira de l’avant avec la maternelle à quatre ans dans les milieux défavorisés en multipliant les projets.

Le gouvernement fait sien l’objectif lancé par le Conseil supérieur de l’éducation pour que d’ici cinq ans, 90 % des enfants de 4 ans fréquentent des services d’éducation soutenus par l’État.

L’éducation de nos enfants repose en bonne parie sur les épaules des enseignantes et des enseignants. Je veux ici leur rendre hommage et leur dire à quel point leur apport à notre société est précieux et apprécié. Dans les écoles primaires, vous pourrez compter sur plusieurs centaines de professionnels de plus pour vous aider.

Le gouvernement continuera de valoriser la formation professionnelle et poursuivra les efforts d’alphabétisation. La lutte contre le décrochage scolaire est donc lancée avec force. Mais l’action du gouvernement ne suffira pas : l’éducation de nos jeunes nous concerne tous et exige un effort de l’ensemble de la société.

À ce stade, vous me permettrez de lier l’éducation et la santé en vous parlant un peu de sports et de loisirs. L’habitude de l’activité physique se développe dès le plus jeune âge. Il est temps de moderniser la politique nationale du sport et du loisir et d’en faire une des pierres d’assise de notre système d’éducation, du CPE à l’université, et de l’étendre jusque dans les CHSLD.

Pourquoi ne pas nous donner l’objectif que d’ici 10 ans, la population québécoise devienne une des nations les plus en forme du monde. Voilà un défi à notre mesure.

En santé, la prévention demeure de loin le meilleur investissement coût / bénéfice aussi bien pour l’État que pour les personnes. C’est dans cet esprit que j’annonce le dépôt, au printemps prochain, d’un livre vert sur une politique nationale de la prévention en santé.

Accès rapide à la première ligne

Dans l’immédiat, la priorité du gouvernement consiste à faciliter l’accès rapide à la première ligne. Dans ce domaine, il n’y a pas de solution magique.

Ainsi, le gouvernement agira sur plusieurs fronts :

Ajout de 50 groupes de médecine familiale d’ici deux ans;
170 médecins de famille de plus d’ici un an;
Ajout de professionnels et d’infirmières dans les groupes de médecine familiale pour élargir l’accès aux soins;
Rôle accru des pharmaciens;
Déploiement des dossiers médicaux électroniques dès l’automne.

L’objectif du gouvernement, c’est que d’ici deux ans 750 000 Québécois de plus aient accès à un médecin de famille.

Parallèlement, nous devons mieux nous occuper de nos aînés et des adultes en perte d’autonomie. Ces personnes désirent demeurer chez elles, près de leurs proches, plutôt que de se retrouver dans un établissement de santé. C’est pourquoi le gouvernement lancera une politique nationale de soins et de services à domicile.

Cette réforme majeure débutera cet automne avec un groupe de travail sur la création d’une assurance autonomie. D’ici là, nous mettrons l’accent sur les soins à domicile pour nos aînés et les autres adultes en perte d’autonomie.

Une telle politique répondra au désir des gens, dégagera des lits pour désengorger l’urgence, soulagera les proches aidants et nous permettra comme société de contrôler les coûts liés à la santé.

Je veux que vous sachiez une chose : en plus de correspondre au souhait des gens, les soins à domicile coûtent quatre fois moins cher à l’État que les soins à l’hôpital. Il est plus que temps d’aller de l’avant.

Soutenir les plus vulnérables

La solidarité passe aussi par l'appui que nous offrons aux jeunes les plus vulnérables de notre société. Notre gouvernement mettra tout en œuvre pour offrir aux jeunes en détresse le soutien dont ils ont besoin pour retrouver l'espoir et participer pleinement à notre société.

En matière de condition féminine, le nouveau gouvernement a décidé de s’attaquer aux violences faites aux femmes. Un plan d’action gouvernemental pour contrer la violence conjugale sera rendu public d’ici quelques semaines. Nous allons nous attaquer très résolument à ce fléau.

Nous avons une responsabilité de solidarité envers les moins fortunés d'entre nous. Avoir un logement décent à un coût raisonnable constitue un besoin fondamental. C'est pour cette raison que nous allons accélérer la réalisation de logements sociaux afin de les rendre disponibles le plus rapidement possible. À terme, nous visons 3000 logements sociaux, abordables ou coopératifs, de plus par année.

En amont, il faut aussi s’occuper des personnes qui vivent le drame de l’itinérance, un phénomène qui présente plusieurs visages et qui ne se limite plus seulement aux milieux urbains. Ces hommes, ces femmes et parfois ces enfants souffrent de conditions de vie qui peuvent être misérables et c’est le devoir du gouvernement de les aider. Nous le ferons en déployant une politique gouvernementale en matière d’itinérance.

Nous lancerons également, d’ici le printemps prochain, le deuxième Plan d'action en santé mentale, ainsi que le plan d’action pour la lutte contre le cancer.

Enfin, mon gouvernement a bel et bien l’intention de mettre en œuvre les recommandations du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité avec une politique des soins palliatifs et ensuite en déposant un projet de loi dans la prochaine année.

Nous pourrons le faire en nous inspirant de la députée de Joliette qui, avec ses collègues de la commission, a réalisé sur cette question un travail absolument remarquable, marqué du sceau d’une grande sensibilité humaine.

La solidarité doit demeurer une valeur importante de notre société et elle doit avoir une signification pour chacun de nous. Je pense en particulier à ceux d’entre vous qui travaillez fort, qui élevez vos enfants et qui payez vos impôts.

L’action du gouvernement en matière de solidarité visera donc aussi à rétablir l’équilibre en faveur des familles. C’est la raison pour laquelle en modifiant la taxe santé, nous soulagerons trois millions de Québécois – dont beaucoup d’aînés – en transférant un fardeau fiscal de 400 millions de dollars des moins riches vers les plus fortunés.

L’effort que notre gouvernement compte faire pour aider les familles ne s’arrête pas là. La décision de geler les tarifs de garde jusqu’à ce que le réseau soit complété épargnera une nouvelle hausse aux jeunes familles. De même, l’annulation de la hausse des droits de scolarité donnera de l’oxygène à des milliers d’autres. Les familles de la classe moyenne pourront mieux respirer financièrement, d’une façon ou d’une autre. Nous serons votre gouvernement, celui des familles québécoises.

Une justice plus accessible

Au cours des dernières années, plusieurs de nos concitoyens se sont inquiétés de notre système de justice. Nous ferons en sorte que la justice soit davantage au cœur des préoccupations gouvernementales. Il faudra d’abord et avant tout s’assurer que notre système soit beaucoup plus accessible. En ce moment, pour avoir accès aux tribunaux, il faut soit être très riche ou très pauvre de façon à bénéficier de l’aide juridique.

Le gouvernement procédera donc à une hausse des seuils pour que la classe moyenne aussi puisse y avoir accès. Nous le ferons progressivement, dans la mesure de nos moyens. Notre système de justice devra aussi être moins lourd, plus rapide et faire appel à des nouvelles façons de faire, comme la médiation en matière familiale.

Nous devons aussi nous rapprocher des gens, par exemple avec des centres de justice de proximité. Pour rapprocher la justice des citoyens et la rendre plus accessible, nous installerons davantage de centres de justice de proximité. Nous verrons également à aider et soutenir davantage les victimes d’actes criminels.

Enfin, nous nous attaquerons aux multirécidivistes de l’alcool au volant.

La solidarité, cela signifie aussi un système de justice pour tous.

Pour que l’apparence de justice soit assurée lorsque des policiers sont en cause, mon gouvernement déposera un projet de loi visant à instituer le Bureau des enquêtes indépendantes chargé de la conduite de toutes les enquêtes ordonnées par le ministre. Il sera composé et dirigé par des civils, ainsi que par des enquêteurs d’expérience. Voilà une réforme qui sera à l’avantage aussi bien des policiers que des citoyens.

Les policiers, justement, sont en première ligne lorsque surviennent des évènements liés à la sécurité du public. Depuis des années, ils nous disent que le registre des armes à feu est un outil essentiel en matière de prévention, dans leur travail d’enquête et lors de leurs interventions. Pour assurer leur sécurité et celle de la population, mon gouvernement entend déposer un projet de loi en vue de la création d’un registre québécois des armes à feu sans restriction. Ce registre sera mis en place lorsque nous obtiendrons les données québécoises contenues dans le registre canadien des armes à feu.

Le gouvernement est déterminé à punir sévèrement les criminels et les récidivistes, tout en misant sur la réhabilitation, en particulier des jeunes. Cette approche nous a fort bien réussi, puisque le Québec est l’endroit le moins violent des Amériques.

Profitons-en pour souligner le travail de grands oubliés de l’État, les employés des services correctionnels, qui méritent notre respect pour le travail difficile qu’ils accomplissent jour après jour.

La solidarité et la justice, cela concerne aussi les travailleurs et leur retraite, de même que les contribuables appelés à éponger certains régimes publics. À cet égard, la question des régimes de retraite des travailleurs, aussi bien du secteur privé que des municipalités, représente un enjeu majeur de notre temps et pas seulement au Québec.

Le gouvernement se prépare à recevoir le rapport du comité d’experts présidé par M. D’Amours.

Nous devons agir sur ce front, sans précipitation, mais avec célérité. Je suis convaincue que tous ensemble, nous saurons trouver des solutions.

La référence de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction a fait couler beaucoup d’encre. L’ancien gouvernement avait choisi la confrontation et fermé les canaux de communication avec d’importants acteurs de l’industrie. Nous avons rétabli les ponts et nous présenterons sous peu un nouvel encadrement réglementaire à ce sujet.

Les objectifs sont clairs : contribuer à assurer la paix sociale au Québec et le droit des travailleurs à exercer leur métier partout sur le territoire.

Solidarité entre toutes les régions du Québec

Enfin, la solidarité c’est aussi celle qui doit exister entre toutes les régions du Québec. Nous avons tous intérêt à ce que la métropole, la capitale nationale et chacune des régions du Québec soient fortes.

Pour Montréal, le gouvernement mettra l’emphase sur quatre priorités :

Accélérer la mise en œuvre des projets de transport collectif;
Relancer l’emploi;
Renforcer l’identité métropolitaine;
Retenir les jeunes familles sur l’île de Montréal.

Plus spécifiquement, le gouvernement poursuivra ses investissements, notamment dans les transports et la culture.

Pour notre capitale nationale, le gouvernement proposera une vision ambitieuse et imaginative en ayant pour souci de renforcer son identité, de valoriser ses capacités d’innovation, de bonifier son caractère international et, surtout, de soutenir les efforts de concertation de l’ensemble de ses acteurs.

Le gouvernement continuera d’appuyer les projets importants pour Québec, tels que l'amphithéâtre, la promenade Samuel-de Champlain ou le Diamant de Robert Lepage.

Pour ce qui est des sources de financement des municipalités, nous entreprendrons prochainement des discussions en vue du renouvellement d’un partenariat fiscal et financier.

Mon gouvernement est également très sensible au sort des régions. Étant moi-même députée de la magnifique région de Charlevoix, résidente de la région de Montréal et travaillant à Québec, je suis bien au fait des réalités fort différentes vécues aux quatre coins de notre territoire.

Notre gouvernement reconnaît l'importance d'avoir des politiques publiques adaptées aux réalités de toutes les régions du Québec.

Nous allons donc présenter aux Québécois une loi-cadre sur la décentralisation afin de permettre aux décideurs locaux de faire les choix les mieux  adaptés à leur réalité.

La Gaspésie recevra une attention particulière de ma part, alors que le comité ministériel de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, que je préside, élabore un plan de développement de la région.

En 2001, un gouvernement du Parti Québécois a mis en place la Politique nationale de la ruralité, qui reconnaissait l’apport du monde rural à un Québec prospère et dynamique. Cette politique vient à échéance en 2014. J’annonce aujourd’hui qu’elle sera renouvelée.

De nos jours, il est difficile d’imaginer le développement des communautés sans un accès à Internet haute vitesse. Mon gouvernement va donc accélérer les investissements dans ce domaine afin que ce service essentiel soit rendu disponible sur l’ensemble du territoire. Le nouveau gouvernement veut développer tout le Québec.

Le Québec demeure l’endroit en Amérique du Nord où la richesse est la mieux partagée et où le niveau de violence est le moins élevé. Nous avons une tradition d’entraide qui remonte 400 ans en arrière et qui nous a très bien servis. Nous devons être fiers de ces accomplissements et continuer sur cette voie, celle de notre solidarité.

Promouvoir notre identité et défendre nos intérêts

Le statut minoritaire du gouvernement ne doit pas nous immobiliser comme peuple, alors que nous sortons de neuf ans de torpeur. Mon gouvernement se concentrera donc sur la promotion de notre identité et la défense de nos intérêts comme nation.

Sur le plan international, nous venons de réussir des avancées importantes. Le Québec a pris une part active au Sommet de la Francophonie tenu à Kinshasa. Une première visite officielle a été effectuée en France. Cette visite et la première rencontre avec le nouveau président ont permis de rétablir l’appui traditionnel de la France aux choix futurs des Québécois, quels qu’ils soient.

Nous allons poursuivre nos efforts pour bien positionner les intérêts du Québec sur la scène internationale. Au cours des prochains mois, je rencontrerai des décideurs américains afin de promouvoir nos intérêts, principalement économiques.

En matière d’identité, nous agirons sur les fronts de la langue, de la culture et de la citoyenneté. Les données du dernier recensement sur la langue font suite à une série d’études qui pointent toutes dans la même direction, un recul de la place du français, particulièrement à Montréal et dans l’Outaouais. Le Québec ne peut pas continuer comme ça sans réagir.

Une majorité d’entre nous est d’accord pour défendre et promouvoir la place du français dans notre société, et ce, en tout respect de la communauté anglophone. Nous ne sommes pas tous d’accord sur les moyens et la portée des gestes à poser, mais nous savons qu’il faut agir.

Le gouvernement ira le plus loin possible dans la promotion de notre langue en déposant une nouvelle charte de la langue française. Préserver la place du français comme langue publique commune, c’est dans l’intérêt le plus haut de la nation québécoise. Je compte sur tous les parlementaires, de tous les partis, pour travailler dans un esprit constructif et pour avancer sur cette question névralgique pour notre peuple.

La culture nous définit comme peuple

Avec la langue française, la culture nous définit comme peuple. Nos créateurs sont à la source de cette culture et ils pourront compter sur un soutien sans faille du gouvernement. Par le biais des organismes subventionnaires, le financement à la création sera donc augmenté progressivement.

De même, pour appuyer nos auteurs, éditeurs et libraires, nous mettrons en place une commission parlementaire sur la pertinence d’une loi sur le prix unique du livre et de ses impacts.

Nous souhaitons pouvoir mieux soutenir l’exportation des œuvres et des produits culturels québécois pour permettre à nos créateurs de poursuivre leur carrière à l’international et favoriser le rayonnement du Québec dans le monde. Ce rayonnement contribue puissamment à notre image de marque, une image de créativité, d’innovation et de modernisme.

À cet égard, le gouvernement insiste pour que la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles soient inscrites dans l’éventuel accord de libre-échange Canada–Union européenne.

Nous irons de l’avant avec l’idée de créer une plateforme Web d’information locale et régionale à Télé-Québec, y compris en matière culturelle. Cette initiative offrira aux Québécois de toutes les régions une information plus riche et plus diversifiée.

Nous appuierons la création et la circulation des œuvres et des artistes, y compris dans le réseau scolaire, partout au Québec.

De même, nous poursuivrons notre appui aux projets d’équipements culturels dans le but de mieux soutenir la création et la diffusion des arts.

Enfin, nous engagerons des pourparlers avec le gouvernement fédéral pour rapatrier les budgets et programmes culturels.

La culture et l’identité québécoises prennent leur source dans notre histoire, une facette de notre identité qui n’est pas suffisamment valorisée. Il est plus que temps de renforcer l’enseignement de notre histoire et c’est ce que nous ferons graduellement, du primaire jusqu’aux chaires de recherche dans les universités.

Cette histoire nous enseigne que d’autres peuples nous ont précédés sur ce magnifique territoire que nous partageons. Je dois souligner d’entrée de jeu que mon gouvernement entend établir des relations de nation à nations avec les autochtones et leur donner un nouveau souffle.

J’annonce deux rendez-vous illustrant bien notre approche. Je vais rencontrer prochainement Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, et je participerai au Sommet sur le territoire et les ressources.

Je vais également rencontrer au cours des prochains jours le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come.

Je veux poursuivre dans la direction tracée par la Paix des Braves. C’est dans un esprit d’ouverture et de respect mutuel que nous envisageons nos relations avec les Premières Nations et les Inuits.

Cette histoire nous enseigne également que la communauté anglophone constitue une part importante de ce que nous sommes. Mon gouvernement continuera donc à protéger les droits des membres de cette communauté qui fait partie de la nation québécoise.

Et puis l’histoire de notre peuple, c’est aussi une histoire d’immigration. Nous avons le devoir de recevoir et d’intégrer les nouveaux arrivants à la nation québécoise et le gouvernement mettra l’emphase sur l’intégration en emploi.

En matière de citoyenneté, notre société n’a jamais réglé les questions surgies à la suite de la crise des accommodements raisonnables. Pour y remédier, nous avons proposé l’adoption d’une charte de la laïcité, ainsi qu’une loi sur la citoyenneté québécoise. Ces propositions fondamentales doivent bénéficier de l’adhésion du plus grand nombre. Le gouvernement a donc décidé de lancer des consultations pour atteindre un point d’équilibre qui nous permettra d’avancer sur ces questions.

Relations avec Ottawa

Devant le gouvernement fédéral, nous avons décidé d’adopter une approche constructive, mais ferme. Le gouvernement en place à Ottawa affirme reconnaître le Québec en tant que nation et se dit désireux de respecter les champs de compétence de chacun.

Mon gouvernement s’assurera que le partage des pouvoirs inscrits dans la Constitution canadienne soit respecté dans tous les domaines. Nous défendrons âprement nos intérêts, y compris en matière de transferts fédéraux pour la santé et les services sociaux.

Je le ferai en toute occasion, par exemple en me rendant à la prochaine rencontre du Conseil de la Fédération.

Les Québécois demeurent partagés sur la question nationale, mais l’idée que le Québec se tienne debout et défende ses intérêts rassemble une grande majorité d’entre nous.

Comme vous le savez, nous formons un gouvernement souverainiste. Nous considérons que le Québec a tout à gagner à devenir un pays. C’est vrai en matière juridique, où notre appartenance à l’ensemble canadien vient avec l’imposition d’une Constitution jamais signée par le Québec. Cela limite notre capacité à définir nous?mêmes nos lois linguistiques, le régime réglementaire de nos télécommunications, notre citoyenneté ou encore nos lois criminelles.

Le Québec a tout à gagner aussi à maîtriser tous ses impôts et taxes. Pensons par exemple aux milliards de dollars de nos impôts qui ont aidé l’industrie de l’auto en Ontario ou les chantiers maritimes de la Nouvelle-Écosse, alors que notre industrie du bois et notre secteur manufacturier sont laissés-pour-compte par Ottawa.

Pensons aux économies substantielles que la souveraineté nous permettra de faire dans les dépenses bureaucratiques en éliminant tous les doublons administratifs. Le Québec ne gagne rien à financer deux ministères des Transports, de l’Environnement, des Finances, deux Agences du revenu, deux Conseils du trésor ou même deux Parlements et un Sénat.

Pensons à nos priorités comme nation. Que voulons-nous faire avec nos impôts : financer la célébration de la guerre de 1812 et de la royauté ou financer notre culture et notre éducation?

Le Québec a tout à gagner à parler de sa propre voix dans le monde, à être présent dans les forums internationaux où notre avenir se dessine et à mettre en œuvre sa propre politique étrangère, selon nos intérêts et nos valeurs.

Bref, les membres du gouvernement et moi-même allons continuer de promouvoir cette idée selon laquelle le seul avenir digne de ce nom pour la nation québécoise consiste à reprendre sa liberté en fondant un pays neuf. Un pays qui nous ressemble : un pays pour tous!

Conclusion

Notre programme de gouvernement est clair. Nous allons mener une bataille de tous les instants contre la corruption : l’ensemble du gouvernement est mobilisé.

Mon gouvernement va rapidement remettre nos finances publiques en ordre. Nous allons relancer l’économie en commençant par les investissements privés et faire en sorte que le Québec trouve le chemin d’une prospérité durable, qui profitera à tous.

Nous allons améliorer le sort des familles dans tous les domaines, tout en contrôlant rigoureusement nos dépenses, et nous agirons comme une nation, fière de son identité et déterminée à défendre ses intérêts.

Nous avons beaucoup à faire. Misons sur ce qui nous rassemble pour obtenir des résultats pour tous.

Monsieur le Président, conformément à l’article 45 du règlement de l’Assemblée nationale, j’invite cette Chambre à adopter la motion suivante :

« Que l’Assemblée nationale approuve la politique générale du gouvernement. »


Merci.


(les intertitres sont du Devoir)