Fifagate: Deux ans et demi après le scandale, la FIFA en procès à New York

<p>Opération mains propres dans les fédérations américaines de soccer.</p>
Photo: Philippe Desmazes Agence France-Presse

Opération mains propres dans les fédérations américaines de soccer.

Deux ans et demi après un spectaculaire coup de filet à Zurich, un procureur fédéral new-yorkais s’apprête à exposer à partir de lundi lors d’un procès à Brooklyn comment la corruption a gangréné pendant près d’un quart de siècle la haute hiérarchie du football mondial.

Le procureur va s’appuyer sur de nombreux témoins et des milliers de documents réunis au cours de « l’une des enquêtes financières internationales les plus complexes jamais menées », selon le fisc américain.

Entreprises écrans, comptes cachés à l’étranger, enveloppes de cash, villas luxueuses et oeuvres d’art, la corruption au sommet de l’instance censée promouvoir le sport le plus populaire du monde se chiffrait en centaines de millions de dollars de pots-de-vin et de rétrocommissions, devenus incontournables pour organiser de multiples tournois internationaux et attribuer les juteux contrats de marketing et de droits télévisés les accompagnant.

Trois accusés

La justice américaine, qui avait notamment fait procéder à un spectaculaire coup de filet le 27 mai 2015 à Zurich (Suisse) en marge d’un congrès de la Fédération internationale de football (FIFA), a mis en cause au total 42 individus et deux sociétés de marketing sportif. Mais seuls trois dirigeants, tous sud-américains, seront sur le banc des accusés lundi lorsque commencera la sélection des jurés de ce procès censé durer plusieurs semaines.

Il s’agit de l’ex-président de la grande fédération brésilienne José Maria Marin — à 85 ans, il est l’un des accusés les plus âgés —, de Juan Angel Napout, ex-président de la fédération paraguayenne et de la confédération sud-américaine Conmebol, et de Manuel Burga, qui dirigea la fédération péruvienne de 2002 à 2014 et fut membre du comité de développement de la FIFA.

Leurs avocats se sont refusés à tout commentaire avant le procès. Les chefs d’inculpation de corruption et fraude qui les visent sont passibles, chacun, de peines allant jusqu’à 20 ans de prison.