L'Impact refuse de s'arrêter

Rocco Placentino félicite Eduardo Sebrango après le premier but de l’Impact, à peine cinq minutes après le début du match. Sebrango a aussi marqué le deuxième filet du onze montréalais, en deuxième demie.
Photo: Jacques Nadeau Rocco Placentino félicite Eduardo Sebrango après le premier but de l’Impact, à peine cinq minutes après le début du match. Sebrango a aussi marqué le deuxième filet du onze montréalais, en deuxième demie.

Sa coquette demeure enfouie sous le proverbial manteau d'hermine, l'Impact de Montréal a dû se tourner vers son gros et ombrageux voisin, hier, pour présenter un match qui, du fait même de son improbable tenue, était assuré de son inscription en majuscules dans les annales du sport québécois. Ainsi va le soccer quand il doit être joué au beau milieu d'un hiver sans merci.

Et ils ont été exactement 55 571 à accepter l'invitation, remplissant le Stade olympique mur à mur comme dans le bon vieux quoique bref temps du Manic, cinquante-cinq mille cinq cent soixante-et-onze à franchir les tourniquets par un mercredi soir de février, moment de l'année qui est ordinairement la propriété exclusive du Canadien. Non mais est-ce que les Montréalais affectionnent les happenings, oui ou oui?

En tout cas, si certains craignaient qu'une forte portion de cette foule ne se range derrière l'équipe visiteuse, ce ne fut clairement pas le cas, contrairement à ce qu'on a parfois vu dans le passé. L'enthousiasme connut certes des hauts et des moins hauts, mais il se manifesta de manière prépondérante en appui aux locaux.

C'est donc la grande majorité qui est repartie satisfaite, et peut-être légèrement étonnée, après avoir vu les locaux s'imposer contre un adversaire qu'on annonçait pourtant pas mal plus fort qu'eux, le club mexicain de Santos Laguna, 2-0, dans le match aller de sa série quart de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF. Mais il faut dire que l'Impact ne fait que ça, obtenir des succès étonnants, depuis le début du tournoi dont il n'était même pas supposé de traverser la tranche des qualifications canadiennes. S'il s'agit d'un parcours de rêve, le patient refuse de s'éveiller.

À la suite de cette victoire, l'Impact se rendra disputer le match retour jeudi prochain, 5 mars, à l'Estadio Corona de Torreon, dans l'État de Coahuila. La série se joue au total des buts des deux rencontres, celui qui en a marqué le plus en terrain ennemi l'emportant en cas d'égalité. Si le onze montréalais devait gagner ce quart de finale, il jouerait la demi-finale à compter de la mi-mars et on devrait de nouveau ouvrir le Stade olympique. La grande finale, elle, aura lieu fin avril, et il est beaucoup trop tôt pour conjecturer sur un éventuel retour à l'extérieur, au stade Saputo.

Hier, le match n'a pas tardé à se donner du rythme. L'Impact a pris les devants dès la cinquième minute de jeu lorsque le milieu de terrain Leonardo Di Lorenzo a procédé à une jolie reprise de balle et l'a refilée — la balle, pas la reprise — à l'attaquant Roberto Brown, qui a lui-même aussitôt servi son collègue Eduardo Sebrango. Sebrango, fraîchement revenu dans l'uniforme montréalais après un séjour chez les Whitecaps de Vancouver, n'a pas raté sa chance, décochant une solide frappe qui allait se retrouver dans le coin inférieur gauche du filet après être passée au bout des doigts du gardien étoile Oswaldo Sanchez qui plongeait, manifestement en vain.

Le but a semblé fouetter le Santos Laguna, qui s'est porté sérieusement à l'attaque pendant les minutes suivantes. Mais à chacune de leurs tentatives, les Mexicains se sont heurtés à une défense compacte, comme un genre de verrou qui forçait à des tirs hors cadre ou embouteillait carrément les rapides attaquants adverses.

Dans l'ensemble, l'Impact a présenté de belles périodes de possession de ballon en première demie, plus en tout cas que ce à quoi les experts qui connaissent ça s'attendaient. Mais il n'a pu concrétiser après cette réussite initiale de Sebrango.

À noter qu'à la 30e minute, l'arbitre en chef Terry Vaughan s'est enfargé dans ses lacets et s'est ramassé les quatre fers en l'air, au grand plaisir des spectateurs qui ont ri de lui. On sait depuis quelques millions d'années que rien ne fait tant rigoler l'humain que de voir son prochain se casser la margoulette en pilant sur une pelure de banane. Et ça n'a rien à voir, mais sept ou huit minutes plus tard, les mêmes spectateurs faisaient la vague. Une grosse à part ça.

À la 45e minute, Roberto Brown a écopé d'un carton jaune. Il n'était pas d'accord, de toute évidence.

Au retour de la pause de la mi-temps, le Santos Laguna a accéléré le tempo. Cela devait notamment lui procurer un dangereux coup franc d'une distance d'environ 35 mètres à la 56e minute. Un très solide et très précis tir du défenseur Jordan Pedro Quinonez, que le gardien montréalais Matt Jordan, qui s'est illustré à plusieurs reprises en deuxième demie, a bloqué de manière spectaculaire en plongeant à sa droite.

L'Impact a ensuite poursuivi avec un jeu méthodique, pratiquement sans faille. Il devait s'en trouver récompensé à la 77e minute, quand Sebrango, encore lui, parvenait, seul devant le gardien Sanchez qui lui avait pourtant droit aux mains, à rediriger de la tête une longue volée jusque dans les cordages.

La dernière douzaine de minutes devait consister à veiller à ce que le Santos Laguna ne retourne pas à la maison avec un but arraché à l'étranger en poche. Ce fut fait. Et quand l'arbitre a donné le coup de sifflet final, le Stade a explosé.

Il a encore une âme, celui-là, quand ça lui tente.
5 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 26 février 2009 09 h 18

    A combien étaient les tickets?

    ????????

  • LUCILLE MURRAY - Inscrite 26 février 2009 09 h 38

    Tickets à prix raisonnable... A combien les tickets

    Hier j'ai vu aux nouvelles à la télé que les ''billets étaient vendus à prix raisonnable''.... C'était combien pour le prix moyen des billets?? Merci monsieur Dion pour cet excellent article où il manque seulement le prix des billets.

  • Andre Boisvert - Inscrit 26 février 2009 15 h 19

    Le prix des billets

    Un gros 25$

  • Georges Lemieux - Abonné 26 février 2009 15 h 37

    drôle de question....

    Mais les meilleurs billets étaient à 30$, les moyens à 20$ et les moins cher à 10$. C'est un très bon prix, meilleur que la bière à 6,75$ et les chiens-chauds à quatre piastres...

    Seul bémol: la STM n'a pas parlé à l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve qui a eu la brillante idée de procéder au chargement de la neige alors que 55 000 personnes convergeaient vers le Stade. Pas de policiers pour fluidifier la circulation non plus. De plus, il semble que les gens ne savent plus comment rentrer dans le grand "Cherio's" car ça refoulait par le sous-sol du métro et ça tournait en rond autour du stade.

    Résultat, ça entrait encore par milliers quand le ballon fut mis en jeu. Mais ouf quelle soirée!

  • Andre Boisvert - Inscrit 26 février 2009 17 h 33

    Prix des billets

    25$ en moyenne,mais jusqu'à 10$ aussi