La ministre St-Pierre dénonce la nomination d’un entraîneur-chef unilingue chez le Canadien

Selon Christine St-Pierre, le Canadien est une «institution» et à ce titre, il doit pouvoir communiquer dans la langue de l’immense majorité de ses fans québécois.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Selon Christine St-Pierre, le Canadien est une «institution» et à ce titre, il doit pouvoir communiquer dans la langue de l’immense majorité de ses fans québécois.

Québec — La ministre de la Culture Christine St-Pierre a condamné à son tour, aujourd'hui, la nomination d’un entraîneur-chef unilingue anglophone à la barre du Canadien de Montréal.

Mme St-Pierre a dit souhaiter que la direction du club corrige rapidement le tir par respect pour les partisans de l’équipe.

Bien plus qu’une simple équipe de hockey, le Canadien est une «institution» et à ce titre, il doit pouvoir communiquer dans la langue de l’immense majorité de ses fans québécois, a soutenu la ministre responsable de la Charte de la langue française, dans un entretien accordé à La Presse canadienne.

«Il y a un élément de fierté pour les Québécois. Le Canadien est dans nos gènes, c’est une institution et le Canadien doit avoir cette sensibilité [à l’égard des francophones|. Je trouve ça malheureux», a-t-elle insisté.

Sa collègue responsable du Sport, Line Beauchamp, a évoqué à peu de choses près les mêmes arguments. «J’ai compris que c’était un intérim, mais on insiste pour dire que le Canadien est une institution, ça fait partie de notre patrimoine, on a ça dans notre ADN, cela commande des impératifs, ça commande que l’entraineur doit pouvoir s’exprimer en français», a dit Mme Beauchamp.

Christine St-Pierre joint sa voix à celles de plusieurs groupes, comme Impératif français et la Société Saint-Jean-Baptiste, qui ont dénoncé l’unilinguisme du nouvel entraîneur-chef de la Sainte-Flanelle, Randy Cunneyworth.

L’entraîneur-chef jouit d’une visibilité immense dans les médias québécois et il est de la responsabilité de l’équipe de s’assurer qu’il puisse s’exprimer en français, selon la ministre.

Amatrice de hockey, partisane du Canadien, la ministre St-Pierre a invité la direction de l’équipe à saisir le message de désapprobation qui lui est envoyé.

Geoff Molson se fait rassurant

D'ailleurs, la capacité de s’exprimer en français sera prise en compte dans le choix du prochain entraîneur-chef «permanent» du Canadien de Montréal, a assuré aujourd'hui le propriétaire, président et chef de la direction du club de hockey, Geoff Molson.

La famille Molson est sous le feu de la critique depuis la nomination, en fin de semaine, de l’unilingue anglophone Randy Cunneyworth.

Dans un communiqué, M. Molson justifie le choix de la direction de se tourner vers Randy Cunneyworth mais rappelle que la décision définitive concernant la nomination du nouvel entraîneur ne sera prise qu’à la fin de la présente saison.

«Bien que notre priorité soit de gagner et d’être continuellement à la recherche de l’excellence, il est évident que la capacité de l’entraîneur-chef à s’exprimer en français de même qu’en anglais sera un facteur très important dans le choix d’un candidat sur une base permanente», souligne-t-il.
35 commentaires
  • Geoffroi - Inscrit 19 décembre 2011 13 h 44

    En entendant Saint-Pierre

    Faites ce que je vous dis mais ne faites pas ce que je fais...cad RIEN.

  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 19 décembre 2011 13 h 52

    Récupération politique du temps des fêtes.

    Elle semble avoir tout de même devancer le P.Q, malgré la timidité de sa réaction.

  • Aladem - Inscrit 19 décembre 2011 13 h 54

    Bravo !

    Oh le violent coup de mouchoir de madame la ministre ! Elle en aura finalement fait de grandes choses pour le français au Québec !

  • Christian Montmarquette - Abonné 19 décembre 2011 13 h 57

    La ministre patine et ne couvre pas la glace..

    Madame Saint-Pierre devrait plutôt dénoncer la nomination d'un premier ministre bilingue et fédéraliste à la tête de son propre gouvernement. - CM

  • michel lebel - Inscrit 19 décembre 2011 14 h 09

    Une "une" bien provincialiste!

    Les décès de Vaclàv Havel et de Kim Jong-il, que de petites nouvelles, des bineries comparées à celle de la nomination du coach unilingue du Canadien(une entreprise privée de millionnaires)! Même la ministre de la Culture s'en mêle, sans oublier évidemment l'incontournable Bernard Landry! Qui osera maintenant affirmer que le provincialisme n'existe plus au Québec!