Crosby demande qu'on interdise les coups à la tête

Sidney Crosby
Photo: Agence Reuters Jason Cohn Sidney Crosby

Le capitaine des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby, a lancé hier un appel pour une interdiction complète des coups portés à la tête dans la Ligue nationale de hockey (LNH) alors qu'il faisait le point sur son état de santé pour la première fois depuis avril dernier.

L'homme âgé de 24 ans filait tête baissée vers le titre de joueur par excellence de la saison 2010-2011 lorsque l'attaquant des Capitals de Washington Dave Steckel lui a assené, le 1er de l'an, un coup à la tête qui le sonne sérieusement. Quatre jours plus tard, Victor Hedman du Lightning de Tampa Bay l'a vissé dans la rampe par-derrière. Il n'a pas chaussé de patins depuis huit mois.

«Si un homme doit être responsable de ce qu'il fait avec son bâton, il doit également être responsable de ce qu'il fait avec le reste de son corps [ses épaules, ses coudes]. Que ce soit accidentel ou non accidentel, tu dois être responsable», a déclaré Sidney Crosby, qui était flanqué du directeur général des Penguins, Ray Shero, et de deux médecins experts en commotions cérébrales.

L'un d'eux, le Dr Michael Collins, a fait savoir que la réadaptation de Sidney Crosby se déroulait bien, mais qu'elle n'était pas encore terminée. «Il s'agit d'une blessure gérable et nous faisons des progrès dans le cas de Sid, et je m'attends à ce que Sid revienne au jeu et joue bien dans le futur», a-t-il affirmé, se refusant toutefois d'arrêter une date de retour au jeu.

«Mais je peux vous garantir que nous n'allons pas commettre d'erreur dans ce cas-ci. Avant que Sid retourne au jeu, nous allons nous assurer qu'il sera remis à 100 %, hors de tout doute et sans compromis», a ajouté le Dr Collins, qui est à pied d'oeuvre au Centre médical de l'Université de Pittsburgh.

Le camp d'entraînement des Penguins s'amorcera le vendredi 16 septembre, et l'équipe disputera son premier match du calendrier régulier près de trois semaines plus tard, le jeudi 6 octobre, sans doute sans son capitaine.

Les médecins ont dit ne pas savoir si Sidney Crosby sera prêt à temps pour le match d'ouverture, mais rares étaient ceux qui pariaient hier pour un retour du joueur d'ici un mois.

La grande vedette de la LNH a reconnu hier que sa réadaptation était difficile, mais qu'il se sentait bien mentalement. «Je me sens en forme et le pire est derrière moi», a-t-il dit d'un air confiant, ajoutant ne jamais avoir songé à la retraite.

L'attaquant a observé son programme d'entraînement normal durant la saison morte, mais des maux de tête se sont manifestés quand il a atteint un niveau d'effort de 90 %. «Je pourrais peut-être m'en tirer avec 90 %, peut-être que non. Mais je ne vais pas lancer les dés avec quelque chose comme ça», a-t-il déclaré.

Il s'agissait de la première fois que le joueur — qui a mené les Penguins à la victoire de la Coupe Stanley de la saison 2009-2010 et qui a inscrit le but vainqueur du match final de hockey masculin des Jeux olympiques de 2010 — parlait publiquement de son état de santé depuis avril dernier.

Sidney Crosby a reçu un diagnostic de commotion cérébrale après être entré en contact avec des joueurs adversaires dans des matchs consécutifs début janvier. Il avait envisagé un retour au jeu durant les séries au cours desquelles les Penguins ont été éliminés par le Lightning de Tampa Bay, mais son état de santé l'a empêché.

Le numéro 87 avait amassé 66 points (32-34) en 41 matchs au moment d'être éjecté de la glace par une commotion cérébrale.

Après avoir subi sa commotion cérébrale, Sidney Crosby a éprouvé notamment de la difficulté à conduire et à regarder la télé, a-t-il relaté hier. «Ce sont là des choses que nous faisons tous les jours. C'est une épreuve qu'il est difficile de traverser et, croyez-moi, il y a eu bien des moments où j'aurais aimé avoir des réponses aux questions que je me posais, mais ce n'est pas comme ça que ça passe. C'est un parcours en montagnes russes.»

Près de 6 commotions cérébrales par tranche de 100 joueurs


Réalisée à partir des rapports médicaux des équipes de la LNH, l'analyse la plus vaste sur les commotions cérébrales, publiée mi-avril dans les pages du Journal de l'Association médicale canadienne, a recensé 559 commotions cérébrales sur une période de sept saisons régulières, de 1997 à 2004.

Le taux serait ainsi de 5,8 commotions cérébrales par tranche de 100 joueurs, ou de 1,8 commotion cérébrale par 1000 heures de jeu.

Les principaux symptômes postcommotionnels sont les maux de tête (71 % des cas), suivis des étourdissements (34 %), des nausées (24 %), des douleurs au cou (23 %) ainsi que des troubles de la vision (22 %). Vingt pour cent des joueurs qui ont subi une commotion cérébrale ont été frappés d'amnésie, tandis que 18 % ont perdu connaissance.

Ces données illustrent qu'une formation accrue est essentielle chez ceux qui évoluent dans l'univers du hockey professionnel, surtout en matière de compréhension des effets néfastes sur la santé des joueurs lorsque ces derniers nient qu'ils ressentent des symptômes postcommotionnels après avoir encaissé une mise en échec, ou encore lorsqu'ils continuent de jouer en dépit de ces symptômes, a fait valoir le Dr Brian Benson, de la Faculté de kinésiologie du Centre de médecine sportive de l'Université de Calgary dans une entrevue à La Presse canadienne.

En moyenne, l'absence d'un joueur est multipliée par 2,25 fois pour chaque commotion cérébrale subséquente.

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Avec La Presse canadienne

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