Qui l'eût cru?

Les partisans survoltés du Centre Bell ont longuement applaudi hier soir la victoire de leurs favoris.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les partisans survoltés du Centre Bell ont longuement applaudi hier soir la victoire de leurs favoris.

Ca passait ou ça cassait pour tout le monde, quelque part dans l'ouest de la Pennsylvanie hier soir, et quand la dernière explication fut terminée, ceux que personne n'attendait ont refusé de rompre et se sont sauvés avec les honneurs.

En ce 7e et décisif match de demi-finale de l'Est de la Ligue nationale de hockey, le Canadien de Montréal a de nouveau confondu les sceptiques en défaisant les champions en titre de la coupe Stanley, les Penguins de Pittsburgh, par la marque de 5-2 au Mellon Arena. Pour une deuxième série consécutive, la marchandise a été livrée à la date limite, et en terre étrangère s'il vous plaît. Au total, cinq joutes à faire face à l'élimination, et aucune concession de quelque nature que ce soit.

Deux buts de Brian Gionta et, encore une fois, le brio de Jaroslav Halak devant le filet, surtout en troisième période, ont été les faits marquants de cette victoire alors que le Canadien, ainsi que l'indique le score final, a disputé sans doute son meilleur match de la série.

La folle odyssée du Bleu-Blanc-Rouge se poursuivra donc contre les Bruins de Boston ou les Flyers de Philadelphie. Il s'agit de la première fois que l'équipe accède au troisième tour des séries depuis 1993, année de sa 24e coupe Stanley. La ville aura certes du mal à se pouvoir ces prochains jours.

Ayant déjà écarté de son chemin le meilleur club de la saison 2009-2010, les Capitals de Washington, au premier tour, plus rien ne semble impossible, ni même improbable, pour cette formation qui a jusqu'à maintenant fait preuve d'une persévérance, d'une ardeur et d'une intensité qu'on n'aurait guère soupçonnées dans les derniers jours, résolument inquiétants, du calendrier régulier. Accrocher en succession Alexander Ovechkin et Sidney Crosby à son tableau de chasse, voilà qui n'est quand même pas une mince affaire. Cela dit, on en est tout juste à la moitié du chemin...

Peut-on dire qu'à l'aube de l'affrontement ultime, il y avait de l'électricité dans l'air, et pas de la statique? En tout cas, il ne fallait pas arriver en retard si d'aventure on était à ce moment un amateur de choses importantes et de points tournants.

Dix secondes, punition à Crosby. Trente-deux secondes, Brian Gionta fait dévier un tir de P.K. Subban, Marc-André Fleury n'est pas à son mieux, bang, 1-0. Trente-deux secondes, punition à Matt Cooke, qui n'a cependant pas, elle, de conséquence. Mais c'est clair, la foule est refroidie, un facteur crucial en séries à l'étranger.

Un peu plus tard, sanction à Dominic Moore pour avoir gêné Fleury dans l'exécution de ses tâches, mais le fait saillant des deux minutes qui suivent est une échappée de Tomas Plekanec, qui ne parvient pas à capitaliser.

Les gradins se réchauffent à la faveur d'une présence soutenue des locaux alors que s'amorce la deuxième moitié de la première période. Or que faire pour la tranquilliser derechef? À peu près cela: lui en infliger un autre. Et c'est précisément ce à quoi s'applique Moore d'un tir d'une trentaine de pieds. Non seulement l'avance double, mais il s'agit d'une prime de la part d'un employé de soutien.

Et le Pittsburgh se livre à des dégagements refusés à répétition, un signe que quelque chose cloche. Ses porte-couleurs pourront en jaser dans la chambre, où ils rentrent à 0-2.

On remet en ça en deuxième. Magnifique combinaison est-ouest en zone du Pittsburgh, d'Andrei Kostitsyn à Jaroslav Spacek à Michael Cammalleri, qui dégaine sur réception. Tic-tac-toe, le 12e de Cammalleri en séries cette année. Là, la foule fige.

Et deux autres minutes n'ont pas eu le temps de s'écouler que voici Travis Moen qui profite d'un revirement en zone neutre et d'un jeu mou en défense pour faire 4-0. Le partisan moyen de la Flanelle se frotte les yeux. Fleury quitte la rencontre, remplacé par Brent Johnson.

Est-ce fini? La chance sourit aux Penguins à la neuvième minute, quand le disque dévie sur le patin d'un arbitre pour se retrouver directement sur la palette de Chris Kunitz en bordure de la zone privilégiée. Puis, avec moins de quatre minutes à faire, Jordan Staal, posté devant Jaroslav Halak, fait dévier un tir en provenance de la pointe. Ils ne mourront pas comme ça...

Dernier tiers-temps. Dont on peut résumer une bonne portion en deux mots: Jaroslav et Halak. Il se dresse devant les attaques à répétition de l'ennemi, qu'on devine de plus en plus en proie à l'énergie du désespoir. Et c'est plutôt Gionta qui frappe une rondelle au vol à l'embouchure lors d'une attaque à cinq et casse pour de bon les reins des champions. L'aventure continue...
12 commentaires
  • Gabriel RACLE - Inscrit 13 mai 2010 06 h 10

    Divertissement

    Faut-il vraiment continuer d’appeler les Penguins de Pittsburg avec la prononciation à la française de « Pingouins », qui évoque ce charmant petit oiseau noir et blanc de l’Atlantique Nord, qui en anglais s’appelle d’ailleurs « Razorbill »?

    Au vu des résultats d’hier soir, ne faudrait-il pas traduire Penguins, le nom de ces oiseaux de l’Antarctique, en leur donnant le nom français : Manchots.

  • Augustin Rehel - Inscrit 13 mai 2010 09 h 56

    Crosby le manchot!

    Je ne crois pas qu'il aimerait l'appellation... mais c'est à ça qu'il ressemblait durant les éliminatoires.

    Il se reprendra; il est jeune.

  • Paul Corbeil, Québec et Labrador - Inscrit 13 mai 2010 12 h 17

    Que le Club de Hockey le Canadien paie la facture complète pour tous les émeutes année après année

    Pourquoi ne pas envoyer la facture totale y compris le salaire des policiers et du matériel vandalisé de l’émeute du Centre Bell suite un match de Hockey au propriétaire du Club de Hockey! C’est eux qui font des profits faramineux versus la masse humaine qui paient et vont les voir alors c’est à ce club de hockey de payer la facture complète, ce n’est pas à l’état à chaque année à le faire? Une compagnie qui cause directement des émeutes année après années n’a jamais été justifié d’exciter dans une société démocratique, c’est à la justice d’y voir et de mettre un terme définitif à cette état de fait qui est rendue de plus en plus la Normal dans notre société mais ce qui ne l’est pas et qui ne l’a jamais été! Les citoyens on a des droits dans cette société, devant la justice versus ce club de hockey le canadien!

  • Jean-Michel Migneault - Abonné 13 mai 2010 13 h 01

    Quelle photo !

    On la dirait mise en scène par le photographe. Tout y est: la joie l`exultation, le bonheur... Même le petit couple enlacé. Bravo à Jacques Nadeau

  • Michel Gaudette - Inscrit 13 mai 2010 14 h 10

    L'atout du CH : le gardien des Pens

    Le meilleur atout du CH : Marc-André "Passoire à spaghetti" Fleury.

    Avec un gardien capable de faire des arrêts-clé pour les Pens (un peu comme Halak), le CH n'aurait eu aucune chance.

    Dommage que les Pens aient été coulé par leur gardien...