Résilience, quand tu nous tiens...

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Selon des analyses menées en laboratoire, le match no 3 de la série demi-finale de l'association de l'Est était un match pivot pour les Penguins de Pittsburgh. Le match no 4, lui, était un match pivot pour le Canadien de Montréal. Or les choses ayant pivoté du bon côté dans chacun des cas, on peut maintenant affirmer que le match no 5 sera un match pivot pour les deux équipes.

Assez sévèrement dominé pendant 40 minutes, Canadien a en effet renversé la proverbiale vapeur et marqué deux buts sans riposte en troisième période pour se sauver avec un gain de 3-2, hier soir au Centre Bell, qui crée l'égalité deux victoires partout dans la série. L'affrontement 4 de 7 se portera maintenant à Pittsburgh demain, puis reviendra à Montréal lundi.

Halak première étoile

Encore une fois, le gardien Jaroslav Halak a été nommé première étoile de la joute, lui qui a fait face à 35 tirs. Et le but qui créait l'égalité à 2-2 et relançait son équipe est venu de Maxim Lapierre, qui avait prophétisé avant le match qu'il allait marquer...

Il ne fallait pas trop traîner au comptoir de rafraîchissements, en ce début d'hostilités du jeudi, car on courait ainsi le risque de rater quelque chose en matière d'action.

Canadien a perdu la dernière fois notamment à cause d'un Marc-André Fleury en feu, mais peut-être est-ce parce que la foule scande son nom en guise de dérision, il laisse filer un tir plutôt insignifiant de Tom Pyatt, qui est pas mal dans le coin, entre deux sections de son haut du corps. Ce qui provoque des cris encore plus forts, mais qui vont s'avérer de brève durée. Parce que moins d'une minute plus tard, on assiste à un revirement bizarre. Dont profite Maxime Talbot pour s'échapper tout seul comme un grand. Et hop, 1-1.

Puis c'est le tour de Chris Kunitz. Posté à l'embouchure durant une punition au monumental mais limité Hal Gill, il réceptionne une passe depuis l'arrière du filet de «Sid the Kid», mais mal. Passe dans le beurre, comme. Mais pendant qu'il est occupé à fendre l'air, le disque heurte son patin et s'en va direct derrière Halak. À peine cinq minutes d'écoulées, et c'est déjà 2-1.

Des Penguins menaçants

Cette séquence semble, par un paradoxe zoologique assez sérieux, donner des ailes aux Penguins, qui vont dominer de manière retentissante les moments qui suivent, et même tout le restant de la période. Par un autre phénomène animalier particulier, les Penguins bourdonnent continuellement, mais sans obtenir de succès concrets. De sorte qu'on va réfléchir dans sa chambre avec une avance d'un but, et une priorité de 15-6 dans les tirs au but. En somme, le genre de partie que Canadien affectionne depuis le début du détail, et avant: attaquez comme des malades, on répliquera plus tard.

M. Gill est encore en retenue lorsque s'amorce la deuxième, mais les visiteurs ne savent en profiter. On fait ensuite ce qu'on a accompli en première, soit jouer de longues minutes avec pas de hors jeux. Mais cette fois, les élans sont davantage partagés. Fait saillant: le monde chiale contre les arbitres, qui en ont laissé passer quelques-unes aux Penguins depuis le début de la joute.

Mi-engagement, les officiels ont peut-être tenu compte de la rumeur publique, finalement supériorité numérique Canadien, la première. Qui donne une bonne chance de chaque côté.

Puis, les Penguins poursuivent la pression. Du jeu nord-sud, en vérité. Pendant ce temps, si Canadien lance avec la cible comme objectif, il ne l'atteint pas trop trop fréquemment. Trois lancers dans cette période, neuf au total.

Score vierge donc dans cette manche, et en vertu du principe de la neutralité du zéro dans l'addition, c'est toujours 2-1 aux deux tiers de la bataille. Tout est toujours possible, comme le veut le poète.

Lapierre frappe

Tout est possible, comme un but de Lapierre, qui survient tôt en troisième de derrière le filet. Nouveau match en forme de point tournant, selon des sources bien au fait du hockey de la nouvelle Ligue nationale.

Et ce n'est pas tout. Un peu plus d'une minute plus tard, Brian Gionta monte sur le flanc droit et remet au centre. Comble de coïncidence, la rondelle touche Kristopher Letang en chemin et s'en trouve redirigée dans la cage. Gros revirement de situation. Qui amène les gradins à s'en prendre de nouveau à Fleury.

Il restait par la suite à la défensive à tenir le coup, à Halak de se dresser quand c'était nécessaire, et on se trouvait maintenant devant une série 2 de 3 où, bien sûr, tout est possible.
5 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 7 mai 2010 07 h 05

    Déchirant

    Résilience...Je fais cette petite incursion dans votre domaine de prédilection, messieurs, pour vous dire que je suis de tout coeur avec vous. C'est déchirant à la fin de voir combien vous investissez d'espoir dans cette équipe du sport national esquinté aux succès jamais assurés; espoir, dont ce qu'est devenue l'organisation du hockey en tout cas, n'est pas toujours digne. Déchirant de voir combien cette soif de modèles inspirants ou de héros solides sur leurs pattes est trop chichement assouvie. Déchirant de voir, à hauteur de femme, vos mines tristes quand votre équipe perd encore. Et quand elle gagne, vous êtes si peu assurés que ça dure que vous parlez de résilience...
    Vous méritez tellement mieux que ça.

  • Guy Verville - Inscrit 7 mai 2010 07 h 10

    Charmant compte rendu

    Moi qui ne lis à peu près jamais la chronique sportive, j'avoue avoir parcouru votre article jusqu'au bout et partagé sur Facebook. :-)

  • François Dugal - Inscrit 7 mai 2010 09 h 43

    Quand on veut

    La devise de Maxime Lapierre doit être: «quand on veut, on peut».
    Dans la série du siècle en 1972, le coach soviétique, Victor Thikonov, disait en conférence de presse que son équipe était supérieure dans TOUS les domaines du jeu, sauf un. Un journaliste lui pose alors la question: mais lequel?. Et le camarade de répondre:«la rage de vaincre».
    C'était le bon vieux temps, la ligue du vieux poêle.

  • Geoffroi - Inscrit 7 mai 2010 10 h 03

    Gros jambons

    Selon un interlocuteur de La Zone de Radio-Canada il y avait « 2 jambons» comme arbitres. Il a été poli.

  • Yves Archambault - Inscrit 7 mai 2010 10 h 12

    pardon mais...

    moi qui ne lis jamais vos sports me v'là qui lis votre article au complet je m'étonnes qu'on n'ait pas donné les trois étoiles à Halak comme on avait fait avec maurice dans le temps je crois.
    France ....j'étais ben heureux qui gagnent...ma femme aussi c'est tout dire.