Du «dopage mécanique» sur la Grande Boucle?

Cauterets, France — L’absence de contrôles techniques des vélos à l’issue de la 10e étape remportée par K.-O. par Chris Froome a été dénoncée mercredi par Cédric Vasseur, ancien maillot jaune du Tour de France et désormais consultant pour France Télévisions.

L’ombre du « dopage mécanique » — la possibilité de cacher dans le cadre du vélo un minuscule moteur électrique — a resurgi à l’occasion du coup de force du maillot jaune britannique mardi dans les Pyrénées, malgré les contrôles occasionnels des vélos mis en place cette saison par l’Union cycliste internationale afin de dissuader d’éventuels tricheurs.

« Les vélos n’ont pas été contrôlés par l’UCI, ce que je trouve regrettable », a estimé Vasseur, qui a occupé par le passé le poste de président de l’association internationale de coureurs Cyclistes professionnels associés.

La domination de Froome dans la montée vers La Pierre Saint-Martin avait suscité dès mardi toutes sortes de commentaires suspicieux, principalement sur les réseaux sociaux. Et pendant la retransmission de la 11e étape mercredi, les journalistes et consultants de la chaîne qui diffuse le Tour ont eux aussi fait part de leurs interrogations.

« Il y a quelque chose d’un peu surréaliste », a ainsi estimé le journaliste-écrivain Éric Fottorino, se demandant « comment se fait-il qu’il y ait à un moment donné une sorte d’euphorie du pédalage ? »

Malaise

« On s’est senti un peu mal à l’aise devant cette facilité qui contrastait avec la détresse vécue par les trois premiers du Tour de l’année dernière », a renchéri Laurent Jalabert, également ancien maillot jaune de la Grande Boucle. Il a souligné la vitesse de pédalage de Froome, de l’ordre de 120 coups à la minute, « deux coups de pédale par seconde, une cadence très rapide ».

Vasseur, présent sur une moto de la télévision à l’avant de la course lors du final de l’étape de La Pierre Saint-Martin, a de son côté souligné la différence entre Froome et ses rivaux. « J’ai vu [Vincenzo] Nibali souffrir, [Alberto] Contador à l’arrêt, [Nairo] Quintana essayer en vain de suivre le rythme. On a l’impression que [pour Froome] le vélo pédale tout seul », a estimé l’ancien coureur.

« C’est surprenant et même déroutant pour ses adversaires. On a l’impression qu’il [Froome] est en difficulté et, subitement, il s’envole », a ajouté Cédric Vasseur.

Si l’UCI a procédé à plusieurs reprises à des contrôles de vélos depuis le départ du Tour à Utrecht, elle est loin de l’avoir fait de façon systématique.

Les vélos de l’équipe Sky ont par exemple été contrôlés dimanche lors du contre-la-montre par équipes. Cinq autres vélos avaient été contrôlés à l’issue de la 2e étape en Zélande, aux Pays-Bas, remportée par le sprinteur allemand André Greipel.