Un an après Sotchi, Hamelin et St-Gelais ont tourné la page

Il y a eu exactement un an mardi, le patineur de vitesse Charles Hamelin remportait la médaille d’or de l’épreuve de 1500 mètres aux Jeux olympiques de Sotchi. Mais au lieu d’ouvrir la voie à de fructueux JO pour les membres de l’équipe canadienne de courte piste, l’exploit allait marquer le début d’une série d’infortunes. Les patineurs canadiens n’allaient remporter que deux autres médailles, tombant à court de leur objectif réaliste d’une récolte de cinq.

Si les journalistes sur place ont pu mesurer l’ampleur de la déception et de la frustration qui régnait au sein du groupe, on évoque la déveine avec beaucoup de détachement 12 mois plus tard.

«Il n’y a pas eu que des déceptions à Sotchi», souligne Hamelin dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. «Nous avons remporté trois médailles au total. Moi, le souvenir que je garde, c’est ma médaille d’or au 1500 que j’ai gagnée il y a un an aujourd’hui. Je ne repense pas à mes chutes au 500 et au 1000 m, même si on m’en reparle souvent. J’ai tourné la page rapidement.»

La conjointe de Hamelin, Marianne St-Gelais, qui a connu sa part de malheurs à Sotchi, mentionne que les athlètes ne peuvent pas continuellement ruminer les revers du passé. «Les JO pour nous, c’est une compétition comme une autre, mentionne-t-elle. Nous n’avons pas le choix d’avancer. Ça fait un an, mais il s’en est passé des choses depuis. Nous avons parcouru beaucoup de chemin. Il y a eu cinq compétitions de la Coupe du monde et nous nous préparons pour les Championnats du monde.»

«Ça n’a jamais aidé personne de se remémorer de mauvais souvenirs. Nous ne nous attardons jamais sur ces moments-là. Plus vite on les met de côté, mieux on est. C’est la même chose pour les bons souvenirs. Tu ne peux pas surfer sur les médailles remportées pendant plusieurs années.»

À Sotchi, l’équipe canadienne avait balancé une bouteille à la mer afin de conjurer le sort à la suite de l’échec du relais masculin. Une bouteille remplie de messages de frustration, qui doit toujours flotter quelque part dans la mer Noire.

«Nous sommes sans nouvelles de la bouteille et on ne pense pas qu’elle va être retrouvée», lance St-Gelais, qui a fait partie du relais féminin médaillé d’argent en Russie. «Du moins, j’espère qu’elle ne le sera pas parce qu’il n’y avait pas nécessairement de belles paroles dans nos messages... Nous avions vidé notre sac dans le but de faire tourner la chance pour la fin des Jeux.»

Première année satisfaisante

Le couple a décidé d’entreprendre un autre cycle de quatre ans et la première saison post-olympique se passe bien jusqu’à maintenant. «Les résultats sont satisfaisants, commente Hamelin, maintenant âgé de 30 ans. Il y a encore eu des chutes et des malchances en course, mais ça fait partie du sport. Sur le plan personnel, je continue de monter sur le podium au même rythme qu’à l’accoutumée. L’équipe s’est rajeunie et les jeunes font belle figure sur la scène internationale.»

St-Gelais, qui fêtera son 25e anniversaire de naissance mardi prochain, profite de cette première année pour tenter des expériencess et tester de nouvelles stratégies de course. «S’il y a une année où on peut se permettre de le faire, c’est au cours de la première suivant des Jeux olympiques, explique-t-elle. Je ne néglige pas les résultats pour autant, mais l’approche est différente parce qu’une disqualification ou une chute a moins de conséquences graves.»

Se trouvant actuellement en Turquie, où la sixième compétition de la Coupe du monde se déroulera en fin de semaine, Hamelin et St-Gelais peaufineront leur technique et leurs tactiques en vue des Mondiaux, présentés à Moscou du 13 au 15 mars. Ils nourrissent de grandes ambitions pour ce retour en Russie.

«Je veux revenir avec le titre de champion du monde, reconnaît Hamelin, quadruple médaillé olympique. C’est le seul titre qui manque à mon palmarès. Ça fait longtemps, depuis 1997, qu’il n’y a pas eu un Canadien champion du monde chez les gars. C’est le temps qu’il y en ait un et j’espère que ce sera moi.»

St-Gelais, native de Roberval, dit qu’elle sera à la recherche d’un premier titre mondial dans une épreuve individuelle. Le 500 m est son épreuve de prédilection, mais elle dit avoir réalisé des progrès cette saison au 1000 et au 1500 m. À 25 ans, elle ose croire que ses plus belles années sont à venir.

«Je ne m’arrête pas à l’âge, conclut-elle. Je ne veux pas me dire que je vais mieux performer parce que je suis plus expérimentée. Oui, je suis plus mature, et je verrai ce que ça va m’apporter. Est-ce que j’amorce mes meilleures années? J’espère qu’elles sont devant, pas derrière. Plusieurs jeunes patineuses pointent à l’horizon au Canada. Si je deviens une meilleure athlète, ce sera à cause d’elles, parce qu’elles me pousseront dans le dos.»