Soulageante médaille d'argent au relais féminin

Marie-Ève Drolet, Valérie Maltais, Marianne St-Gelais et Jessica Hewitt ont jubilé lorsqu’elles ont appris qu’elles venaient de remporter la médaille d’argent, derrière la Corée du Sud.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Marie-Ève Drolet, Valérie Maltais, Marianne St-Gelais et Jessica Hewitt ont jubilé lorsqu’elles ont appris qu’elles venaient de remporter la médaille d’argent, derrière la Corée du Sud.
Sotchi — La conquête de la médaille d’argent au relais féminin 3000 mètres s’est révélée un baume sur les plaies des patineurs de vitesse courte piste canadiens, dont certaines étaient encore très vives mardi aux Jeux de Sotchi.

Cette deuxième médaille seulement pour le Canada dans une discipline où il connaît habituellement du succès a redonné le sourire aux athlètes. Même à Charles Hamelin qui venait de voir sa dernière chance à ces Jeux de gagner une cinquième médaille olympique en carrière se terminer par une autre chute inexplicable.

L’équipe composée de Marie-Ève Drolet, Jessica Hewitt, Valérie Maltais et Marianne St-Gelais s’est vue octroyer la médaille d’argent, même après avoir rallié l’arrivée en troisième place.

La Corée du Sud et la Chine se sont livrées une chaude lutte dans les derniers tours de piste. La Coréenne a coiffé sa rivale dans une fin enlevante. Mais la disqualification des Chinoises a fait monter les Canadiennes d’une marche sur le podium. Les Italiennes, qui avaient chuté en finale, ont hérité de la médaille de bronze. La Corée du Sud l’a emporté en 4 min 9,498, le Canada suivant en 4 min 10,641.

« Cette médaille-là console un peu ma peine », a affirmé St-Gelais, qui est passée par toute la gamme des émotions.

C’est qu’en l’espace d’une heure, la patineuse de Saint-Félicien a dû avaler son élimination au 1000 m ainsi que celle de son amoureux Charles Hamelin au 500 m.

« J’étais déçue, mais je ne voulais pas que les filles paient pour ce qui m’était arrivé au 1000 m, a affirmé St-Gelais. Mais je ne pouvais pas refouler ça. J’ai pris le temps de discuter avec l’entraîneur Frédérick Blackburn. Pour lui, il n’y avait aucun doute que je serais du relais. Il voulait juste s’assurer que je tournerais la page. »

Il s’agit d’une septième médaille olympique en autant de tentatives pour le relais féminin canadien et d’une quatrième médaille d’argent après les deuxièmes places obtenues à Lillehammer (1994), Turin (2006) et Vancouver (2010). Le Canada avait obtenu l’or à Albertville en 1992.

En début de journée, Maltais a amélioré le record olympique dans les préliminaires du 1000 m féminin avec un temps de 1 min 28,771.

Drolet a aussi accédé aux quarts de finale mardi même si elle a terminé troisième de sa vague. La disqualification de la Chinoise Liu Qiuhong lui a permis de progresser.

Autre chute

Samedi, Hamelin a chuté sans aucune raison en quarts de finale du 1000 m et mardi, il est tombé encore de façon inexplicable dans les préliminaires du 500 m. « Des badlucks niaiseuses, a -t-il tranché, sans chercher à fournir des excuses. Je n’ai pas d’explications, je suis tombé… »

Charle Cournoyer, de Boucherville, et Olivier Jean, de Lachenaie, avaient tous deux remporté les honneurs de leur vague respective avant de voir la chute de leur coéquipier. Les espoirs du Canada reposeront donc sur eux vendredi.

Très fâché en quittant la patinoire, le champion olympique en titre de la distance est passé en coup de vent dans la zone mixte. Il a pris le temps de décolérer avant d’accorder des entrevues.

« Sur le coup, je voulais tout détruire, a-t-il lancé en s’esclaffant. La frustration était forte, c’est normal. La première chose que j’ai faite à mon retour dans le vestiaire a été de vérifier mes lames de patins. Tout était correct. Après, je me suis assis, j’ai retiré ma combinaison et j’ai pleuré. »

« Je n’ai rien fait de mauvais. Et si c’était à refaire je referais la même chose », a ajouté l’athlète âgé de 29 ans.

Interrogé à savoir s’il pourrait poursuivre sa carrière jusqu’aux Jeux de Pyeongchang en 2018, le patineur n’a pas voulu se compromettre, déclarant qu’il mûrira sa réflexion l’été prochain.


Par Robert Laflamme