Lance Armstrong - La chute du champion des tricheurs

Le héros américain, celui que toutes les grandes marques se disputaient pour vendre leurs produits, voit son image irréversiblement ternie.
Photo: Agence France-Presse (photo) Franck Fife Le héros américain, celui que toutes les grandes marques se disputaient pour vendre leurs produits, voit son image irréversiblement ternie.

Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours de France après avoir vaincu un cancer des testicules, s’est imposé comme un héros américain, avant de voir son image ternie par les affaires de dopage qui sont sur le point de lui faire perdre toutes ses victoires.

L’Américain de 41 ans, accusé par l’Agence américaine antidopage (USADA) d’avoir monté avec l’équipe cycliste US Postal « le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport », s’était imposé de 1999 à 2005 comme le patron incontesté du peloton.


Volontaire, perfectionniste, exigeant, il est aujourd’hui plutôt dépeint par ses détracteurs comme un compétiteur sans scrupule n’hésitant pas à recourir à l’intimidation pour parvenir à ses fins.


Champion du monde en 1993 à Oslo à tout juste 22 ans, Armstrong s’est transformé dans sa lutte contre le cancer, qu’il a vaincu en 1997. Après la lourde thérapie pour soigner la maladie, le Texan est devenu un autre homme, se consacrant uniquement au Tour de France, sur les conseils du Belge Johan Bruyneel devenu son directeur sportif, et lui aussi accusé de dopage par l’USADA.


Hégémonique en contre-la-montre, stupéfiant de puissance en montagne, il remporte sept fois l’épreuve de 1999 à 2005, un record.


Ses mystérieuses méthodes de préparation soulèvent des interrogations mais son aura ne cesse de grandir. L’Amérique raffole de son histoire. Les marques s’arrachent son image. Armstrong devient l’un des sportifs professionnels les mieux payés de son pays, et un ami du président de l’époque George W. Bush.

 

Premiers doutes dès 2005


Mais outre-Atlantique, les soupçons s’accumulent après sa première retraite au soir de sa 7e victoire dans le Tour, en juillet 2005.


Un mois plus tard, le quotidien sportif français L’Équipe révèle que six échantillons d’urine d’Armstrong datant du Tour de France 1999 contenaient de l’EPO.


L’Américain nie tout dopage durant sa carrière, et il est impossible de réaliser d’autres tests sur les échantillons en question.


Armstrong reprend la compétition de janvier 2009 à janvier 2011, finissant notamment 3e du Tour 2009, gagné par Alberto Contador, son coéquipier chez Astana. Mais avec ce médiatique retour, les accusations de dopage ressurgissent.


Son ancien coéquipier de 2001 à 2004, Floyd Landis, vainqueur du Tour 2006 et déchu après un contrôle positif à la testostérone, affirme notamment avoir vu Armstrong se doper « de multiples fois ».


Une enquête fédérale est ouverte. Plusieurs témoins sont entendus devant un grand jury réuni à huis clos, mais l’enquête est abandonnée en février dernier.


Quatre mois plus tard, l’USADA annonce cependant l’ouverture d’une procédure contre Armstrong, qui tente en vain un recours devant un tribunal avant de renoncer le 23 août à faire appel de ces accusations de dopage, dénonçant une procédure à charge.


Dans la foulée, l’agence antidopage annonce l’annulation de tous ses résultats depuis le 1er août 1998 et sa radiation à vie du cyclisme professionnel, qui restent à être confirmés par l’Union cycliste internationale (UCI).

1 commentaire
  • Johanne Bouthillier - Inscrite 12 octobre 2012 11 h 58

    Une chute bien tardive

    Une chute bien tardive qui fait aussi très mal paraître les mécanismes antidopage officiels.