Après sa gaffe sur les JO de Londres, Romney reçoit une volée de bois vert

«Mitt the twit» (Mitt l’idiot), titrait le tabloïd The Sun.
Photo: Charles Dharapak, Associated Press «Mitt the twit» (Mitt l’idiot), titrait le tabloïd The Sun.

Le candidat républicain à la présidence américaine Mitt Romney s’échinait hier, au deuxième jour de sa visite en Grande-Bretagne, à rattraper sa gaffe diplomatique sur les Jeux olympiques qui a fait un effet désastreux à Londres et lui valait de féroces critiques.


À quelques heures de la cérémonie d’ouverture, sur la chaîne américaine NBC, M. Romney a expliqué qu’il s’était inquiété des problèmes rencontrés par les organisateurs des JO, avant d’ajouter : « Mais après deux jours ici, il me semble que Londres est prête ».


Le Républicain avait piqué au vif la fierté de ses hôtes en entamant sa visite en Grande-Bretagne par des déclarations sur l’impréparation des JO et mettant en doute la ferveur populaire autour de l’événement. Il était ensuite revenu sur ces propos en louant jeudi « les grands progrès » dans l’organisation, après une rencontre avec le premier ministre David Cameron.


Mais le mal était fait : la presse britannique n’avait pas de mots assez durs hier à l’égard de l’Américain. « Mitt the twit » (Mitt l’idiot), titrait le tabloïd The Sun. « Mitt Romney a offert à Barack Obama un cadeau qui n’a pas de prix pour la campagne de l’élection présidentielle », jugeait The Guardian (centre gauche).


« Parfois, je pense que certains Américains ne devraient pas quitter le pays », commentait l’ancien athlète Carl Lewis dans les colonnes de l’Independent, journal qui évoquait le « désastre Romney ».


Les critiques du candidat républicain, qui a joué un rôle clé dans l’organisation des JO d’hiver de Salt Lake City en 2002, ont engendré une réponse teintée de mépris de la part de David Cameron. « Nous organisons les Jeux olympiques dans l’une des villes les plus fréquentées, actives et animées du monde. Bien sûr, c’est plus facile si vous les organisez au milieu de nulle part », a lancé le premier ministre.


Ce qui a en retour valu au Britannique une invitation du maire de la capitale de l’Utah, Ralph Becker. « Nous serions ravis de le recevoir et de lui envoyer une carte pour qu’il n’ait pas de problème à trouver le milieu de nulle part », a ironisé le maire.


Le candidat républicain a aussi été la risée de quelque 60000 personnes rassemblées jeudi soir pour un concert à Hyde Park, quand le bouillant maire de Londres Boris Johnson a lancé sur scène : « Il y a un type du nom de Mitt Romney qui veut savoir si nous sommes prêts. Sommes-nous prêts ? ». Clameur approbatrice de la foule. « Oui, nous le sommes ! », a tonné le maire.


Reprenant l’expression du premier ministre britannique, le Times jugeait que « Romney, l’homme de nulle part, s’égare avec sa gaffe sur les Jeux ».


L’ancien homme d’affaires était aussi épinglé pour avoir semblé oublier le nom du chef de l’opposition travailliste Ed Miliband, qu’il a appelé devant la presse « M. Leader » avant de s’entretenir avec lui.

1 commentaire
  • Catherine Paquet - Abonnée 28 juillet 2012 07 h 28

    Un devoir pour les Canadiens?

    Je crois qu'il faut répondre par l'affirmartive à la question de savoir si les Canadiens, à tous les niveaux, devraient s'impliquer selon leurs moyens, dans la campagne électorale de nos voisins du Sud. Nous sommes partenaires au sein d'une Association de libre échange, et, encore plus cruciale, nous sommes partenaires et jusqu'à un certain point dépendants de nos voisins américains dans des accords de défenses stratégiques, incluant des armes atomiques. Nous avons donc intérèt et même un devoir de nous impliquer dans le choix du prochain président des États-Unis si nous craignons que le prochain partenaire, porté sur les gaffes et autres erreurs, ne puisse pas comprendre l'étendue et l'importance de nos intérèts.