Formule 1 - Un Grand Prix assuré jusqu'en 2014

Les ministres Raymond Bachand et Christian Paradis, le maire de Montréal Gérald Tremblay et le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, ont remporté leur pari de ramener le Grand Prix à Montréal et se sont chaudement congratulés, hier à l’hôtel de ville de Montréal.
Photo: - Le Devoir Les ministres Raymond Bachand et Christian Paradis, le maire de Montréal Gérald Tremblay et le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, ont remporté leur pari de ramener le Grand Prix à Montréal et se sont chaudement congratulés, hier à l’hôtel de ville de Montréal.

Après une éclipse d'un an, Montréal retrouve sa grosse course de bolides. Au terme de plusieurs mois de pourparlers, que le ministre Raymond Bachand a qualifiés de «courtois» mais qui ont de toute évidence été ardus, les trois ordres de gouvernement — Ottawa, Québec et Montréal — et l'organisme Tourisme Montréal en sont finalement arrivés à un accord avec le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, qui assure la réinsertion du Grand Prix du Canada au calendrier des épreuves dès la saison prochaine.

«Les rouges sont éteints. On roule à Montréal», s'est exclamé hier le ministre fédéral des Travaux publics et responsable de la métropole, Christian Paradis, lors de l'annonce de l'entente.

Au total, ce sont 75 millions sur cinq ans qui seront versés à Formula One Management. Le gouvernement fédéral et le secteur privé, par le biais de Tourisme Montréal, contribueront 25 millions chacun, le provincial 20 millions et la Ville de Montréal 5 millions. En contrepartie, ces partenaires toucheront 30 % des recettes au guichet, une somme évaluée à quelque 5 millions par année. Lorsque les discussions avaient achoppé vers la fin de l'an dernier, entraînant l'annulation du Grand Prix du Canada 2009, Bernie Ecclestone exigeait 175 millions.

M. Bachand, ministre des Finances du Québec, a fait valoir qu'ensemble, Québec et Ottawa injecteront 9 millions par année alors que les seules rentrées fiscales dues à la présentation du Grand Prix sont de l'ordre de 18 millions annuellement. «Nous avons fait preuve de responsabilité fiscale. Cet accord est bon pour le contribuable canadien. C'est un bon "deal"», a-t-il dit.

«Aujourd'hui, la Formule 1 dit oui à Montréal, Montréal dit oui à la Formule 1, mais pas à n'importe quel prix. C'est une grande journée pour Montréal, a pour sa part déclaré le maire Gérald Tremblay. Nous avons été très prudents, nous avons été très patients, et surtout, l'important, nous avons toujours parlé d'une seule voix.»

Plusieurs motifs peuvent être évoqués pour expliquer le changement d'attitude de M. Ecclestone, parmi lesquels des gradins dégarnis dans quelques épreuves cette saison et le désir des manufacturiers de réintégrer le marché nord-américain. Ou alors, comme l'a dit le maire en souriant: «Tout le monde aime Montréal... »

Tant M. Tremblay que MM. Bachand et Paradis ont évoqué une entente dont les deux parties sortent gagnantes. Tout risque financier sera assumé par M. Ecclestone et par son promoteur local François Dumontier.

Le Grand Prix du Canada 2010 sera donc couru le 13 juin à l'île Notre-Dame. Le contrat stipule qu'il sera toujours disputé au cours des deux premières semaines de juin.

En dépit du retrait d'importants constructeurs comme Honda, Toyota et BMW à compter de la prochaine saison, M. Tremblay s'est dit persuadé qu'on n'allait pas assister à une épreuve de deuxième ordre. «On a obtenu la garantie que ça va être une course de classe mondiale, et on fait confiance à Bernie Ecclestone et à son équipe», a-t-il dit.

M. Bachand a par ailleurs tenu à démentir une information qui a circulé ces derniers mois, voulant que Bernie Ecclestone ait demandé à être exempté de taxes au Canada. Il sera traité comme tous les autres contribuables, a dit le ministre, son promoteur devra remettre les sommes dues et FOM, une entreprise britannique, agira de même en vertu des dispositions internationales à ce sujet.

En 2008, le week-end du Grand Prix a attiré 319 000 spectateurs. Les retombées économiques d'ensemble de l'événement pour le grand Montréal sont évaluées à 89 millions, dont 75 millions sont générés par les touristes. L'auditoire télévisuel mondial avoisine les 300 millions de personnes.