Hockey - La fébrilité est de retour dans la LNH à dix jours de l'ouverture de la saison

Les effets des nouvelles règles et de l’abolition de l’accrochage susciteront beaucoup d’intérêt.
Photo: Agence Reuters Les effets des nouvelles règles et de l’abolition de l’accrochage susciteront beaucoup d’intérêt.

Toronto — De nouvelles règles, de nouveaux visages et l'espoir d'un avenir meilleur: la «vraie» relance de la LNH aura lieu le 5 octobre prochain. C'est alors qu'on pourra commencer à mesurer les effets d'une véritable chirurgie plastique, qui a été effectuée dans le but d'effacer les ravages causés par un lock-out de 301 jours et l'annulation d'une saison complète.

«C'est un moment que bien des gens attendaient depuis longtemps, a déclaré le gardien étoile des Devils du New Jersey, Martin Brodeur. Je sais que plusieurs des joueurs sont très contents de pouvoir recommencer. Au New Jersey, le niveau d'excitation est énorme.»

Il y a de la fébrilité dans l'air, et pas seulement qu'à Pittsburgh, où Sidney Crosby sera en vedette. Ce qui peut paraître surprenant aux yeux de ceux qui croyaient que le lock-out tuerait le hockey dans certains marchés.

«Je pense que les gens comprennent que même au hockey, les affaires sont les affaires, mais que cet aspect a maintenant été relégué à l'arrière-plan, a noté le défenseur de l'Avalanche du Colorado Rob Blake. C'est le temps de passer à autre chose et la passion du hockey revivra de nouveau.»

Le véritable test surviendra peut-être dans quelques mois, quand l'aspect nouveauté ne sera plus aussi présent.

«Le lock-out a fait très mal, mais je pense que si nous revenons et offrons un produit attrayant, que les règles sont respectées et qu'on laisse les meilleurs joueurs s'exprimer, je pense que nous attirerons peut-être plus de spectateurs qu'avant le lock-out», a avancé l'attaquant des Sharks de San Jose Alyn McCauley.

Les effets des nouvelles règles et de l'abolition de l'accrochage susciteront beaucoup d'intérêt, mais il y a aussi le fait qu'un grand nombre de joueurs de premier plan ont changé de camp.

Peter Forsberg est maintenant à Philadelphie, Nikolai Khabibulin à Chicago, Mike Peca et Chris Pronger à Edmonton, Scott Niedermayer à Anaheim, Paul Kariya à Nashville, Jeremy Roenick à Los Angeles, Adam Foote à Columbus, Brian Leetch à Boston, Sergei Gonchar à Pittsburgh, Roman Hamrlik à Calgary, Eric Lindros à Toronto, Alexander Mogilny au New Jersey, Marian Hossa à Atlanta, Dany Heatley à Ottawa et Brett Hull à Phoenix — tandis que Wayne Gretzky est maintenant derrière le banc.

On assistera également au retour des rivalités régionales, alors que chaque équipe affrontera ses rivaux de section huit fois cette saison.

Les forces semblent mieux réparties que jamais au sein du circuit Bettman, une conséquence de la nouvelle convention collective qui a obligé chaque équipe à respecter un même plafond salarial, peu importe l'importance du marché.

Le résultat, c'est que chacune des six équipes canadiennes peut légitimement aspirer à prendre part aux séries. La dernière fois que toutes les formations canadiennes avaient participé aux matchs éliminatoires, c'était en 1985-86.

«C'est un changement qui est bienvenu, a affirmé Jarome Iginla, des Flames de Calgary. Chaque ville peut commencer la saison en espérant avoir une chance d'accéder aux séries. Ce n'était certainement pas le cas auparavant.»

Les Flames sont venus à une victoire de remporter la coupe Stanley en 2003-04. Ils demeurent l'équipe canadienne la plus susceptible de ramener la coupe au nord de la frontière pour la première fois depuis que le Canadien avait réalisé l'exploit, en 1993.

Les Sénateurs d'Ottawa et les Canucks de Vancouver peuvent également rêver de la coupe Stanley, tandis que le Canadien, les Maple Leafs de Toronto et les Oilers d'Edmonton sont une coche en dessous, mais quand même assez bons pour s'attendre à prendre part aux séries.

Le Lightning de Tampa Bay, champion en titre, a perdu les services de Khabibulin mais est encore très puissant à l'attaque grâce aux triplets — Vincent Lecavalier, Martin St-Louis et Brad Richards.

Les Flyers de Philadelphie ont pris du coffre avec Forsberg, Derian Hatcher et Mike Rathje, ainsi qu'avec l'ajout des recrues de luxe Jeff Carter et Mike Richards. En ce début de saison, ils sont les favoris pour remporter la coupe, ce qui serait leur première depuis 1975.

«La direction a rassemblé une équipe qui promet d'être très bonne, a souligné l'entraîneur-chef des Flyers Ken Hitchcock. Ce sera maintenant le travail des entraîneurs et des joueurs d'essayer de mettre tout ça ensemble.»

L'Avalanche, les Devils et les Red Wings de Detroit qui, mis ensemble, ont raflé huit des dix derniers championnats, ont tous été victimes de la nouvelle réalité économique, perdant les services de joueurs importants. Ils semblent sur la pente descendante, mais ils ne se laisseront pas faire sans réagir.