Championnats mondiaux d'athlétisme - Une dernière journée tout en exploits

Le Bahreïni d’origine marocaine Rashid Ramzi a réussi un doublé inédit en ajoutant aux dépens du champion olympique Yuriy Borzakovskiy le 800 m à son palmarès, après son succès sur 1500 m.
Photo: Agence Reuters Le Bahreïni d’origine marocaine Rashid Ramzi a réussi un doublé inédit en ajoutant aux dépens du champion olympique Yuriy Borzakovskiy le 800 m à son palmarès, après son succès sur 1500 m.

Helsinki — La dernière journée des Mondiaux d'athlétisme a offert, hier à Helsinki, un feu d'artifice avec le doublé inédit 1500-800 m du Bahreïnien Rashid Ramzi, la victoire de la marathonienne britannique Paula Radcliffe et le record du monde au javelot de la Cubaine Osleidys Menendez.

Les États-Unis, vainqueurs annoncés du relais 4x400 m messieurs, ont établi avec 14 médailles d'or leur record historique, le précédent étant de 13 lors des Mondiaux 1993 à Stuttgart.

Menendez, 25 ans, a confirmé sa suprématie au javelot par un deuxième titre mondial agrémenté d'un record du monde (71,70 m) déjà en sa possession (71,54 m). «Je ne visais pas du tout le record. Je voulais seulement gagner l'or. J'ai même un peu douté car je souffrais du tibia gauche. Alors, j'ai déchargé toute ma force dans le premier jet», a expliqué la championne olympique.

Cuba, qui a retrouvé sous la pluie de Helsinki des couleurs, avec six médailles dont deux en or, a aussi salué l'inattendue médaille d'argent du jeune (22 ans) Victor Moya à la hauteur. Presque aussi surprenante fut la victoire de l'Ukrainien Yuriy Krymarenko à la hauteur, le seul à franchir une barre de 2,32 m (au 3e essai), le jour de ses 22 ans.

Tactique

Le timide et énigmatique Rashid Ramzi, qui avait quitté en 2002 le Maroc, où il étouffait à l'ombre de Hicham El-Guerrouj, a offert au Bahreïn une seconde victoire. Il a maîtrisé un 800 m tactique en restant aux avant-postes.

«J'ai tiré les enseignements de mes erreurs d'Athènes. Ces succès sont simplement le résultat d'une préparation fantastique», a déclaré Ramzi, dominateur mercredi du 1500 m.

Seul le Néo-Zélandais Peter Snell, aux jeux Olympiques 1964 à Tokyo, avait fait aussi bien en s'imposant sur les deux distances du demi-fond.

«J'ai perdu la course aux 600 m. Enfermé par Baala, j'ai perdu mon rythme», a regretté le Russe Yuriy Borzakovskiy, champion olympique à Athènes, qui s'est dégagé trop tard et a seulement pris l'argent comme à Paris il y a deux ans.

Radcliffe, elle, a définitivement laissé ses regrets d'Athènes, où elle avait abandonné en pleurs. Titulaire d'un record du monde époustouflant sur les 42,195 km (2 h 15 m 25 en 2003), la Britannique a finalement conquis un titre majeur.

En tête du début à la fin, elle s'est détachée inexorablement de ses dernières adversaires vers le 28e km pour offrir la première et seule médaille d'or à la Grande-Bretagne.

«C'est juste un soulagement. En me réveillant ce matin, je me suis sentie bien», a déclaré la championne de Northwich, qui dodeline de la tête comme si elle portait un invisible harnais.

Benjamin Limo a sauvé l'honneur du Kenya en s'imposant au sprint à l'issue du 5000 m disputé sans train.

Les Russes en force

La Russie a fait moisson dominicale de médailles pour se rapprocher, avec un total de 20 podiums, de la puissante Amérique (25).

L'absence des États-Unis, disqualifiés la veille en séries pour franchissement de la ligne imputable à la première équipière, a ouvert la voie du triomphe pour les dames russes du relais 4 x 400 m.

La soirée aurait d'ailleurs été parfaite pour la délégation de Moscou si le triplé du 1500 m dames n'avait pas été transformé sur tapis vert en doublé. Après réclamation du Bahreïn pour bousculade dans le dernier virage, Yuliya Chizenko, deuxième à l'arrivée, a en effet été disqualifiée.

Cela a fait le bonheur de la Française d'origine marocaine Bouchra Ghezielle, qui a récupéré le bronze.

Décidément, avec le ralentissement de Baala préjudiciable à Borzakovskiy, la Russie pouvait en vouloir au Bahreïn et à la France.