Formule 1 - La FIA va punir les «Michelin»

Paris — Les sept écuries équipées de Michelin ayant refusé de participer au Grand Prix des États-Unis de Formule 1 prétextant un danger lié à des pneus inadaptés, comparaissent aujourd'hui devant le Conseil mondial de la FIA et risquent de lourdes sanctions financières pour avoir saboté cette course.

Flavio Briatore (Renault), Ron Dennis (McLaren-Mercedes), Franck Williams (Williams-BMW), Nick Fry (BAR-Honda), Peter Sauber (Sauber-Petronas), Christian Horner (Red Bull-Cosworth) et Tsutomu Tomita (Toyota) ont été convoqués, pour s'expliquer, par le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Max Mosley, aujourd'hui à 9h30 (7h30 GMT) place de la Concorde à Paris, au siège de la FIA.

Les sanctions prévues vont de la «simple réprimande à l'exclusion du Championnat, en passant par le retrait de points ou une amende», a indiqué hier à l'AFP le directeur de la communication de la FIA, Richard Woods.

Si les deux mesures extrêmes sont peu envisageables — l'une pour une question de crédibilité et l'autre parce qu'elle ruinerait le Championnat 2005 —, le retrait de points relancerait la compétition, mais de manière trop artificielle.

Mais, compte tenu de la priorité affichée du président Mosley d'indemniser les spectateurs lésés du GP des États-Unis, les écuries devraient être condamnées — avec possibilité d'appel — à de très lourdes amendes.

«Libre à elles de se retourner ensuite contre Michelin», selon Woods, expliquant que la FIA ne pouvait s'en prendre directement à un équipementier.

Hier soir, Michelin a annoncé sa décision de rembourser les spectateurs présents au GP des États-Unis. «Michelin décide de participer aux frais engagés par les spectateurs venus sur le circuit le dimanche 19 juin 2005 en leur offrant de rembourser leur billet», indique la société dans un communiqué, tout en précisant qu'«aucun dispositif juridique ne [le] contraint à le faire.»

Afin de «promouvoir la Formule 1 aux États-Unis, Michelin propose également d'acheter 20 000 billets pour le GP des États-Unis en 2006 pour les offrir aux spectateurs présents à Indianapolis en 2005».

Parodie

Suivant les recommandations de leur fournisseur de pneus, ces sept patrons d'écurie avaient décidé de retirer leurs quatorze monoplaces du GP des États-Unis le 19 juin à Indianapolis, laissant les voitures équipées de pneus Bridgestone (Ferrari, Jordan-Toyota, Minardi-Cosworth) se disputer une parodie de course.

La FIA estime qu'en agissant ainsi, ces écuries ont enfreint le code sportif international car «elles ne se sont pas assuré d'avoir les pneus convenant à la course, ont refusé à tort de permettre à leurs voitures de prendre le départ de la course, ont refusé à tort de permettre à leurs voitures de disputer la course en respectant une limitation de vitesse dans un virage qui aurait permis aux pneus dont elles disposaient d'assurer la sécurité de leurs pilotes, se sont associées dans une démonstration néfaste à l'image de la Formule 1 en quittant la grille avant le départ de la course».

Il leur est également reproché de ne pas avoir averti les commissaires de leur intention de ne pas disputer la course, contrevenant ainsi au règlement sportif de la F1.

Pitoyable

Les quatorze monoplaces équipées de pneus Michelin étaient rentrées au stand après le tour de formation, juste avant le départ qui n'était donné que pour six voitures éparpillées sur une grille bien pitoyable, provoquant le départ massif du public américain.

Car les négociations de dernière minute avaient achoppé, la FIA refusant de laisser ces écuries utiliser de nouveaux pneus, que Michelin avait fait venir de France dans la nuit, et refusant également de modifier le tracé du circuit en installant une chicane dans le virage relevé où Ralf Schumacher avait eu un violent accident le vendredi aux essais libres.

La FIA ayant rappelé son rôle de garant de l'application du règlement, seul un accord unanime des dix écuries engagées aurait éventuellement pu lui faire réviser sa position.

Selon Briatore, les écuries Michelin avaient accepté de laisser les «Bridgestone» occuper les six «premières places de la grille de départ», en dépit du résultat des qualifications, et avaient accepté de «ne pas marquer de points» en course contre la mise en place d'une chicane.

Dimanche matin, neuf écuries avaient accepté ce principe. Mais le directeur général de Ferrari, Jean Todt, n'avait même pas participé aux réunions.

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