Pierce pour déboulonner l'invincible Henin

Paris — Jamais Mary Pierce n'a battu Justine Henin-Hardenne. C'est donc à un véritable exploit qu'est conviée aujourd'hui en finale des Internationaux de France la Française de 30 ans face à la jeune Belge invaincue cette saison sur terre battue.

Sur le papier, Justine Henin-Hardenne est favorite de ce «sommet des revenantes», qui ont pour autre point commun d'avoir toutes deux déjà triomphé à Roland-Garros. La Belge de 23 ans en 2003 et Mary Pierce en l'an 2000.

«J'adore Justine, sa simplicité, sa franchise. Elle revient de loin, elle a été longtemps malade, blessée. Un peu comme moi. C'est pour ça qu'elle aussi savoure encore plus les victoires maintenant», a expliqué Mary Pierce hier à la veille d'un choc qui pourrait lui offrir son troisième titre en Grand Chelem.

«La gestion des émotions sera importante. Je sais contre qui je joue, mais j'ai une tactique, et grâce à cela tout devient ensuite naturel, automatique», explique, sereine, la Française qui avait éliminé en quart de finale la numéro 1 mondiale, l'Américaine Lindsay Davenport.

Dix ans après son premier titre majeur en 1995 à l'Open d'Australie, dix ans après être devenue la première Française depuis Françoise Durr en 1967 à remporter un Grand Chelem, Mary Pierce peut devenir la première tricolore depuis Simone Mathieu en 1939 à s'adjuger à deux reprises le titre à Roland-Garros.

Mais la tâche s'annonce compliquée face à Henin-Hardenne, victorieuse sur le court central il y a deux ans, et qui s'est imposée aussi à l'US Open cette année-là et l'an dernier à l'Open d'Australie. Dixième tête de série, la Wallonne a tout remporté sur terre cette saison, réalisant un parfait triplé dans les trois tournois de Charleston, Varsovie et Berlin.

Oublié le cytomégalovirus qui l'avait perturbée toute la saison dernière, envolée la fracture au genou droit qui a contrarié son début d'année 2005.

«C'est début 2003 que ma carrière a basculé, quand j'ai compris que j'aurais des regrets si je ne faisais rien pour devenir numéro 1 mondiale», explique la Belge, qui en octobre de cette année-là a grimpé sur la plus haute marche du tennis mondial féminin.

«Tout le monde disait alors que je n'étais pas assez forte, puisque je ne suis pas très grande, pour frapper la balle. J'ai beaucoup travaillé. Mentalement aussi, je suis beaucoup plus forte que je ne l'étais à l'époque.»

Elle a prouvé sa solidité psychique cette quinzaine sur la brique pilée de la Porte d'Auteuil. Car elle fait figure de miraculée, après avoir dû sauver deux balles de match en huitième de finale face à la Russe Svetlana Kuznetsova, sacrée à l'US Open l'an dernier.

Mary Pierce, classée seulement tête de série no 21 et 23e mondiale, voit dans ces deux balles de match un motif d'espérer pour enfin dominer Henin-Hardenne, droitière comme elle.