Roland-Garros - Federer se brise sur le roc Nadal

L’Espagnol Rafael Nadal (à droite) s’est payé hier le numéro 1 mondial, le Suisse Roger Federer, comme cadeau pour son 19e anniversaire en demi-finale du tournoi de Roland-Garros.
Photo: Agence Reuters L’Espagnol Rafael Nadal (à droite) s’est payé hier le numéro 1 mondial, le Suisse Roger Federer, comme cadeau pour son 19e anniversaire en demi-finale du tournoi de Roland-Garros.

Paris — Le no 1 mondial Roger Federer a pris tous les risques pour déstabiliser le nouveau maître de la terre battue Rafael Nadal hier en demi-finale du tournoi de tennis de Roland-Garros, mais ses offensives ont fini par se briser sur le roc majorquin.

Rafael Nadal, tête de série no 4, se souviendra longtemps de son dix-neuvième anniversaire. Après avoir triomphé dans le sommet de la saison sur terre en quatre sets (6-3, 4-6, 6-4, 6-3), il n'a plus qu'à battre Mariano Puerta, le finaliste inattendu, pour remporter le tournoi à sa première participation, un exploit que personne n'a réussi depuis Mats Wilander en 1982.

On voit mal ce qui pourrait l'en empêcher car l'Argentin de 26 ans est une sorte de double de son jeune rival, en moins talentueux. Comme Nadal, il a usé le Russe Nikolay Davydenko avec ses grands lifts de gaucher. Dans cette demi-finale de boxeurs, Puerta l'a emporté aux points en cinq sets (6-3, 5-7, 2-6, 6-4, 6-4).

Après la pluie

Après cette première partie commencée avec deux heures de retard à cause de la pluie, le grand spectacle a enfin pu commencer.

En grand champion, Federer a adopté la seule stratégie qui pouvait le conduire à la victoire: l'attaque. Marchant sur un fil pendant tout le match, il ne s'est maintenu en équilibre qu'au deuxième set.

«J'ai mal commencé et j'ai mal fini. J'ai été bon au milieu mais ça n'a pas suffi. C'est comme ça que je résume le match. Je ne suis pas très content de ce que j'ai fait ce soir [hier]», a expliqué le Suisse, un peu sévère avec lui-même.

Car Federer a joué par séquences un tennis de rêve. Pour la première fois du tournoi, Nadal a été baladé d'un côté à l'autre du court sur les accélérations de coup droit du no 1 mondial.

«Il a très bien joué dans le deuxième set. Quand il arrive à toucher mon revers avec son coup droit, il n'y a pas grand-chose à faire, a expliqué Nadal. Dans les deux derniers sets, j'ai réussi à m'échapper [pour prendre la balle en coup droit], c'est là que le match a commencé à changer», a dit l'Espagnol, tiré d'affaire encore une fois par son incroyable dynamisme.

Mais pour battre l'Espagnol, le no 1 mondial aurait dû rester sur son nuage du premier au dernier point. Ses trop nombreuses erreurs (62 contre 32 à Nadal) n'ont pas permis à ses moments d'euphorie de durer. «Il a été plus constant que moi, c'est moi qui ai fait les points et les fautes», a analysé le Suisse.

«Un rêve»

Rafael Nadal, déjà entré dans l'histoire du tennis en décembre dernier en devenant le plus jeune vainqueur de la coupe Davis, est bien parti pour écrire un nouveau chapitre de son aventure.

«C'est un rêve pour moi. J'ai battu le no 1. Non seulement du tennis, mais aussi de la sportivité», a déclaré Nadal après la plus belle victoire de sa jeune carrière face à un champion qu'il admire et respecte.

Quant à Roger Federer, il devra encore patienter pour compléter sa collection de titre du Grand Chelem. La déception est d'autant plus difficile à digérer qu'il n'était jamais arrivé à Paris avec autant de confiance en son jeu. Vainqueur à Hambourg une semaine avant, il n'avait pas perdu le moindre set jusqu'à sa défaite contre Nadal, la troisième de la saison seulement.

«Pour moi, Federer est le meilleur et vraiment je suis étonné qu'il n'ait pas encore gagné ici. Je suis sûr qu'un jour il va finir par remporter ce titre», a dit Nadal.

Pas sûr que ces mots suffisent à le consoler. Le Suisse a maintenant perdu ses deux premiers rendez-vous au sommet de la saison, après son échec en demi-finale de l'Open d'Australie contre Marat Safin.